11 organisations d'ayants droit dénoncent les diffusions de musique à la radio, qui se concentrent sur une quantité de plus en plus réduite de titres, en négligeant les nouveautés. Mais qu'a-t-elle fait pour favoriser la diversité musicale sur Internet, qui représente mieux l'avenir que la bonne vieille radio FM de papa ?

Radio C’est assez rare pour être remarqué. Même face à la riposte graduée, il n’y avait pas telle unanimité. La quasi totalité des lobbys de l’industrie musicale française, que ce soit ceux des auteurs, des artistes-interprètes ou des producteurs, ont publié ce lundi un communiqué commun pour dénoncer l’absence de diversité musicale à la radio. « En 2010, 90 % des diffusions de nouveautés francophones ont été concentrées sur 15 titres. En d’autres termes, moins de 2 % des nouveautés francophones ont donc fait l’objet d’une diffusion significative sur les radios musicales !« , se plaignent les signataires, qui demandent au gouvernement d’agir en réformant la loi sur les quotas de chansons françaises.

« Au-delà de cette concentration alarmante, l’on assiste à une ghettoïsation des nouveautés et des titres francophones. La diffusion des œuvres françaises ou francophones est le plus souvent reléguée le week-end à des heures d’écoute peu significatives (entre 6h et 8h30). Dans cette tranche horaire, la présence de la musique est de 75 % le week-end contre 44 % en semaine« , constatent-ils.

Le problème est connu, régulièrement dénoncé par l’Observatoire de la Musique, comme nous l’avions vu le mois dernier au détour d’un article sur l’offre Peugeot Music.

« Dans leur grande majorité, les radios ne sont plus le principal vecteur de découverte qu’elles ont été pendant longtemps (…) Or, c’est précisément parce que les auteurs, les artistes et les producteurs souffrent des effets de la crise que traverse notre secteur qu’ils ont, plus que jamais besoin, du soutien des médias« , écrivent les sociétés de gestion collective et autres syndicats de l’industrie musicale.

Mais il y a un manque de cohérence sidérant à dénoncer d’un côté la concentration des diffusions sur les radios FM, et à s’interdire de l’autre de débattre d’un mécanisme de licence globale, ou à défaut de licence de gestion collective, qui libèrerait la diversité musicale. Outre la légalisation d’un comportement de partage des œuvres aujourd’hui réprimé via l’Hadopi, la licence globale aurait comme principal bénéfice de permettre à tous de diffuser légalement les œuvres qu’ils aiment, pour les faire connaître au plus grand nombre. De permettre aux blogueurs de faire écouter la musique dont ils parlent, et de retirer aux majors du disque tout contrôle sur l’offre. Libérez la diffusion des œuvres, et la diversité musicale sera enrichie mécaniquement.

Mais au lieu de cela, les maisons de disques et les auteurs ont poussé pour privilégier des plateformes centralisées, comme Deezer, où seules certaines chansons sont mises en avant sur la page d’accueil. Et où l’on limite désormais l’écoute gratuite, concurrente de la radio FM, à quelques heures par mois.

« Il s’agit d’un enjeu culturel majeur qui dépasse largement des considérations économiques« , osent pourtant écrire les 11 organisations signataires : ADAMI, CSDEM, MMF, PRODISS, SACEM, SCPP, SDLC, SNAM, SNEP, UPFI et SPPF.

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