Des internautes, suspectés d'appartenir à la mouvance Anonymous, ont été arrêtés en Espagne. Ils sont considérés comme les auteurs d'attaques informatiques dirigées contre des sites gouvernementaux, mais également contre des banques et des sociétés privées. De son côté, l'OTAN considère ce mouvement comme un problème et appelle à poursuivre les auteurs d'attaques informatiques.

Mise à jour – L’arrestation d’internautes espagnols suspectés d’appartenir à la mouvance Anonymous a engendré des attaques DDOS contre le site de la police, rapporte El Mundo, causant plusieurs heures de perturbation.

Sujet du 10 juin – Auparavant ignorés par les services de police, les membres d’Anonymous sont désormais dans le collimateur des autorités de nombreux pays. Alors que plusieurs arrestations se sont déjà produites au Royaume-Uni, c’est au tour de la police espagnole de mener une opération contre des internautes suspectés d’appartenir à la mouvance Anonymous. Trois individus ont d’ores et déjà été arrêtés.

Les arrestations se sont déroulées à Barcelone, Valence et Almería. D’après la police espagnole, citée par The Register, les Anonymous sont considérés comme les auteurs des nombreuses attaques informatiques qui ont touché des sites gouvernementaux pendant les révoltes populaires qui ont secoué le monde arabe, notamment au Maghreb (Égypte, Algérie et Libye).

Les enquêteurs ont par ailleurs indiqué que les Anonymous sont suspectés d’avoir attaqué le PlayStation Network de Sony, ce qui a eu pour conséquence d’entraîner une maintenance des infrastructures de l’entreprise pendant un mois. Enfin, les forces de l’ordre estiment que les Anonymous sont également à l’origine des attaques qui ont ciblé la commission électorale espagnole, l’organe chargé de superviser les scrutins.

De son côté, l’AFP indique qu’un serveur informatique a été retrouvé au domicile d’un des trois Espagnols. Ce serveur aurait servi à conduire des attaques contre les trois pays cités ci-dessus, mais également contre les sites gouvernementaux de l’Iran, du Chili, de Colombie et de Nouvelle-Zélande. Des banques espagnoles ont également été prises pour cible, tout comme le groupe d’électricité italien Enel ou encore la police régionale de Catalogne.

Cette arrestation survient dans un cadre où les Anonymous sont désormais considérés comme une menace par l’OTAN. Le projet de rapport général sur la guerre de l’information, présenté par le Lord Jopling, cite à plusieurs reprises cette mouvance. « Le collectif Anonymous, de plus en plus perfectionné, serait en mesure de pirater des fichiers sensibles du gouvernement, de l’armée et d’entreprises » a ainsi prévenu le rapporteur général.

« Selon des informations datant de février 2011, Anonymous a démontré qu’il en était tout à fait capable. […] À ce jour, le collectif international ad hoc de hackers et d'[h]activistes compterait des milliers de membres et fonctionne sans règlement ni adhésion. Reste à savoir combien de temps Anonymous tiendra selon ce mode de fonctionnement » est-il écrit dans le rapport.

« Il est probable que face à de telles attaques, des parades seront mises au point et mises en œuvre, et que les groupes seront infiltrés et les auteurs poursuivis » prévient l’OTAN.

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