Le gouvernement invite les maisons de disques à censurer leurs artistes
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 06 Avril 2011 à 11h04 -
posté dans Musique Numérique
Dans une réponse à un député UMP qui demandait au gouvernement de réagir contre les groupes musicaux qui diffusent des messages "de haine et de violence", notamment à l'égard de l'autorité publique, le ministère de la Culture s'avoue incapable d'agir efficacement. Il demande implicitement aux maisons de disques de faire le travail de censure.
La réponse du ministère de la Culture est plus surprenante. S'il concède qu'il s'agit d'un "sujet très important", il prévient immédiatement que son "traitement par les autorités publiques s'avère cependant particulièrement difficile". Le gouvernement le sait d'expérience. Hamé, le rappeur de La Rumeur, avait été définitivement relaxé en cour de cassation après huit ans de procès contre le ministère de l'intérieur, alors qu'il avait écrit dans un fanzine accompagnant son album que "les rapports du ministère de l'intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu'aucun des assassins n'ait été inquiété". Le rappeur Monsieur R avait également relaxé en 2008 après avoir comparé dans une chanson la France à une "garce". "La France est une de ces putes de mères qui t'a enfanté / n'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser, comme une méchante, il faut la traiter, mec..", disait la chanson qui n'a pas fait l'objet de condamnation. L'an dernier, c'est Adbul X qui a fait l'objet d'une plainte des syndicats de policiers et de Brice Hortefeux pour sa chanson "Tirez sur les keufs". On se souvient aussi qu'en 2009, une députée UMP avait demandé la suppression sur Internet de toute copie de la chanson "sale pute" d'Orelsan, sans succès. "En raison de la part de fiction qui s'attache au processus de création lui-même, les paroles qui s'expriment à travers ces oeuvres ne peuvent pas se réduire, le plus souvent, à un strict message d'incitation à la haine, à la violence ou à la révolte contre l'autorité", explique le ministère de la Culture dans sa réponse. En clair, même s'il dit que le juge est "seul habilité à établir la qualification juridique de ces démarches et à prononcer d'éventuelles sanctions", il estime que les plaintes contre des artistes sont quasiment systématiquement perdues d'avance. C'est donc pourquoi le gouvernement écrit qu'il "importe que les relais professionnels agissant aux côtés des artistes soient attentifs à la manifestation de ces comportements", et qu'il "leur appartient en particulier d'appeler l'attention des créateurs sur le respect des repères de déontologie et sur leur responsabilité à l'égard de propos qui seraient jugés insultants ou diffamatoires". Si la censure ne peut s'exercer légalement au niveau des tribunaux, elle peut s'imposer en amont au niveau des maisons de disques et des organisateurs de concerts, semble plaider le ministère. Ce qui risque d'inciter plus encore les rappeurs les plus virulents à s'autoproduire et à utiliser Internet et ses sites les plus radicaux pour se faire connaître. Le titre d'Abdul X n'a véritablement décollé que lorsque le blogueur d'extrême droite François Desouche l'a publié. Il y a cinq ans, le rappeur Joey Starr avait laissé entendre sur Canal + que Nicolas Sarkozy avait obtenu la censure d'une de ses chansons en échange d'un soutien dans le combat contre la licence globale. Une sorte de contrat moral implicite entre les majors du disque et le gouvernement. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Le gouvernement invite les maisons de disques à censurer leurs artistes»
Quand un état, au lieu de s'intéresser aux causes, ne fait que réagir en tentant de réprimer les effets, on peut le qualifier comme on voudra, il reste réactionnaire...
Que ce soit dans la culture musicale, et ce, quels que soient les goûts musicaux de chacun, ou encore que ce soit dans les 'décisions' politiques et les lois qui en découlent, sans parler bien sur du clientélisme électoral qu'ils sont forcé d'exercer pour tenter de se garantir des voix, tout n'est plus que du réactionnaire, à tel point que force est de constater que dans leur volonté féroce de tout dé-réguler, de spolier tous les biens collectifs pour les 'vendre' au privé, il ne leur reste pas assez de temps pour faire ce pour quoi ils ont été ' élus '... Franchement, sur ce point je me rallie au gouvernement.
Un mec qui profite des aides sociales (il peut pas avoir de succès avec ça, vu le taupeau c'est pas de l'art c'est de la merde), et qui ramène ensuite sa gueule enfarinée en nous insultant.. Sexion d'Assaut est le dernier groupe à avoir pâti des conséquences de sa propre connerie, et ils sont passés pour des balletringues. Très bonne idée
àa fera ENFIN comprendre aux artistes que c'est totalement ABSURDE de s'engager pieds et poings liés envers une maison de disque pour faire ensuite le rebelle anti-système. tout baigne quand ça saigne...
Pourquoi les maison de disques (déjà en difficulté) diminueraient volontairement le volume de leurs ventes ? "En raison de la part de fiction qui s'attache au processus de création lui-même, les paroles qui s'expriment à travers ces oeuvres ne peuvent pas se réduire, le plus souvent, à un strict message d'incitation à la haine, à la violence ou à la révolte contre l'autorité", explique le ministère de la Culture dans sa réponse. En clair, même s'il dit que le juge est "seul habilité à établir la qualification juridique de ces démarches et à prononcer d'éventuelles sanctions", il estime que les plaintes contre des artistes sont quasiment systématiquement perdues d'avance.
C'est donc pourquoi le gouvernement écrit qu'il "importe que les relais professionnels agissant aux côtés des artistes soient attentifs à la manifestation de ces comportements", et qu'il "leur appartient en particulier d'appeler l'attention des créateurs sur le respect des repères de déontologie et sur leur responsabilité à l'égard de propos qui seraient jugés insultants ou diffamatoires". En fait je trouve la réponse du ministère de la culture assez mesurée, ce n'est en rien un appel a la censure des maisons de disque de la part du Gvt. Il me semble que c'est plutôt une sorte de rappel aux maisons de disque que la liberté d'expression est conditionnée au respect de la loi ( pas d'incitation a la haine etc ... ) Enfin, peut-être que d'autres n'en feront pas la même lecture. Même si je ne suis vraiment pas pour les paroles de haine et de violence dans certains morceaux de musique, je suis encore moins favorable à la censure.
Le pire c'est qu'encore une fois, l'effet Streisand va s'appliquer et mettre en avant ces diffuseurs de haine, qui n'hésiterons pas à s'auto produire et à utiliser les réseaux sociaux. Le mieux que l'on puisse faire pour lutter contre ce phénomène c'est de ne pas en parler tout simplement et de mettre en valeur des artistes ayant des valeurs humanistes tel VSKY MUAYPROD http://www.jamendo.com/fr/album/64860 http://www.youtube.c...h?v=mDkBOzuj5SY Voilà qui est un peu mieux d'Adbul X Certains propos d'artistes sont maladroits, provocateurs ou tout simplements idiots, mais ne sont que le reflets que des reels problemes a traiter: chomage, violence, image de la femme etc.
C'est sur que ne pas evoquer les problemes arrange les choses... @Imp: en Chine au moins la censure est assumée Teddy, le 06/04/2011 - 11:27 Franchement, sur ce point je me rallie au gouvernement. Un mec qui profite des aides sociales (il peut pas avoir de succès avec ça, vu le taupeau c'est pas de l'art c'est de la merde), et qui ramène ensuite sa gueule enfarinée en nous insultant.. Sexion d'Assaut est le dernier groupe à avoir pâti des conséquences de sa propre connerie, et ils sont passés pour des balletringues. Ouais ! Je suis d'accord avec toi ! Ca finira par se retourner contre eux. Ce n'est pas en "ayant la haine" et en insultant à tout bout de champ qu'ils lutteront contre la discrimination et les préjugés... C'est quoi le problème ?
Un connard demande "qu'est-ce que vous allez faire contre les enfoirés qui font de la musique haineuse, raciste, mysogyne, ..." ? Le gouvernement répond : "c'est la responsabilité des maisons de disque" Si le gouvernement avait répondu "nous allons interdire", vous auriez gueulé. Si le gouvernement répond "ce n'est pas notre problème", vous êtes en train de gueuler. Expliquez-nous quelle aurait du être la réponse du gouvernement qui aurait trouvé grâce à vos yeux ? westlake, le 06/04/2011 - 11:36 C'est quoi le problème ? Un connard demande "qu'est-ce que vous allez faire contre les enfoirés qui font de la musique haineuse, raciste, mysogyne, ..." ? Expliquez-nous quelle aurait du être la réponse du gouvernement qui aurait trouvé grâce à vos yeux ? Y'a déjà des lois contre les propos racistes ou misogynes. On invite Frederic Mitterand pour nous aider à rayer le titre sur le stock des cd de RedBong "La France qui se lève tard et qui t'emmerde" http://cd1d.com/fr/a...rd-qui-temmerde
C'est ça oui, censurez-les, ils reviendront 10 fois plus fort pour dénoncer la censure.
Aussi, si la République était irréprochable (Sarkozy l'avais promis en 2007), il n'y aurait rien à critiquer par les artistes. L'impertinence des artistes est l'un des plus puissants contre-pouvoirs, car l'art par définition dérange. Demandez donc au gouvernement chinois ce qu'il pense d'Ai Weiwei. Après si les maisons de disques forcent les artistes "qui n'ont pas leur langue dans leur poche" à s'auto-produire, on ne va pas s'en plaindre: les internets sont une composante essentielle de la liberté d'expression, et c'est en tant que tel que cela doit être ressenti. (bisous aux Fatals Picards et leur chanson censurée "Le jour de la mort de Johnny") La bonne réponse c'est "La justice fait son travail", y'en a marre des lois sur mesure chaque fois qu'il se passe un truc médiatisé.
Et bien, tu devrais être content : le gouvernement n'envisage pas de loi et estime que c'est aux maisons de disque de gérer le problème. Le gouvernement rappelle juste la règle du jeu "il leur appartient en particulier d'appeler l'attention des créateurs sur le respect des repères de déontologie et sur leur responsabilité à l'égard de propos qui seraient jugés insultants ou diffamatoires". Y'a déjà des lois contre les propos racistes ou misogynes. Donc même si tu n'as pas lu l'article, en gros, tu es sur la ligne du gouvernement. westlake, le 06/04/2011 - 11:36
C'est quoi le problème ? Un connard demande "qu'est-ce que vous allez faire contre les enfoirés qui font de la musique haineuse, raciste, mysogyne, ..." ? Le gouvernement répond : "c'est la responsabilité des maisons de disque" Si le gouvernement avait répondu "nous allons interdire", vous auriez gueulé. Si le gouvernement répond "ce n'est pas notre problème", vous êtes en train de gueuler. Expliquez-nous quelle aurait du être la réponse du gouvernement qui aurait trouvé grâce à vos yeux ? En ce cas, tu peux peut-être nous expliquer pourquoi le ministère de l'intérieur avait porté plainte ? Parce qu'il n'était déjà plus capable de faire la différence entre une chanson exutoire d'un mal-être et un véritable appel au meurtre et autres horreurs ? Cela ne fait que démontrer ce que je décrivais plus haut... En outre, sa 'question', même si tu as le droit de penser qu'elle émane d' un 'connard', ce qui n'est pas du tout le cas en cette période 'pré-électorale', n'est en réalité qu'un des nombreux artifices destinés à s'attacher les votes de ceux qui pourront s'indigner de ce genre de musique. westlake, le 06/04/2011 - 11:54
Et bien, tu devrais être content : le gouvernement n'envisage pas de loi et estime que c'est aux maisons de disque de gérer le problème. Le gouvernement rappelle juste la règle du jeu "il leur appartient en particulier d'appeler l'attention des créateurs sur le respect des repères de déontologie et sur leur responsabilité à l'égard de propos qui seraient jugés insultants ou diffamatoires". Donc même si tu n'as pas lu l'article, en gros, tu es sur la ligne du gouvernement. Arkados, le 06/04/2011 - 11:50 C'est ça oui, censurez-les, ils reviendront 10 fois plus fort pour dénoncer la censure. Aussi, si la République était irréprochable (Sarkozy l'avais promis en 2007), il n'y aurait rien à critiquer par les artistes. L'impertinence des artistes est l'un des plus puissants contre-pouvoirs, car l'art par définition dérange. Demandez donc au gouvernement chinois ce qu'il pense d'Ai Weiwei. Après si les maisons de disques forcent les artistes "qui n'ont pas leur langue dans leur poche" à s'auto-produire, on ne va pas s'en plaindre: les internets sont une composante essentielle de la liberté d'expression, et c'est en tant que tel que cela doit être ressenti. (bisous aux Fatals Picards et leur chanson censurée "Le jour de la mort de Johnny") Tu m'excuseras mais les parôles du style "la france est une pute alors baise la comme une chienne" ou autres trucs du genre, ce n'est pas de la musique, on pourra dire ce qu'on veut sur la censure et autres conneries, on pourra se le cacher autant qu'on veut, mais "tirez sur les keufs" c'est un appel à la haine, puni par la loi. La liberté de chacun s'arrête là où celle des autres commence, et pour ma part, j'ai pas envie d'avoir à entendre des mecs qui crachent sur la france (peu importe si l'on est d'accord avec le gouvernement en place ou non) mais qui sont tout de même bien content d'y vivre et d'y faire leur biz, alors faudrait un peu arrêter l'hypocrisie au nom de la contestation du pouvoir en place. J'ai l'impression que beaucoup de gens ici contestent simplement par principe, et sans avoir de réelle conviction. Stop votre hypocrisie un peu.
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