Flickr a retiré des photos d'anciens agents secrets de la police politique d'Hosni Moubarak, en expliquant qu'il ne s'agissait pas d'un contenu créé par le blogueur qui les a mises en ligne.

Au début du mois, des insurgés égyptiens ont pris d’assaut près du Caire les locaux d’Amn al-Dawla, l’agence de police politique accusée en Egypte de torture et des pires dérives sous l’ère de l’ancien président Moubarak. Voyant les manifestants arriver, les employés avaient commencé à détruire certains documents, mais ils n’ont pas pu tout protéger. Or lors du raid les manifestants ont mis la main sur des registres de l’agence dans lesquels figuraient les identités et photographies des agents secrets d’Amn al-Danwa.

Un célèbre blogueur égyptien très impliqué dans la révolution, Hossam Arabawy, a mis en ligne ces photos, comme l’auraient fait probablement les sans-culottes avec les nobles dont ils pillaient les châteaux en 1789. A chaque révolution ses excès et ses vengeances pour les sbires de l’ancien régime.

Arabawy avait trouvé le disque sur lequel figuraient les photographies des agents secrets, qu’il a publiées sur Flickr. Mais vendredi, comme le rapporte Techcrunch, le blogueur a annoncé sur son blog que le service opéré par Yahoo avait retiré les clichés. S’agissant de photos d’agents secrets, on peut comprendre les motivations de Flickr. Cependant plutôt que de parler de violation de la vie privée, ou d’utiliser tout autre argument juridique voire éthique, le service s’en est remis… au droit d’auteur et à l’esprit créatif de Flickr.

« Le contenu que vous partagez sur Flickr, que ce soit des photos ou des vidéos, devraient être du contenu que vous avez créé vous-même« , écrit le site dans le message envoyé à Hossam Arabawy. Interrogée par Techcrunch, la filiale de Yahoo précise que « Flickr n’est pas un endroit où les membres viennent juste héberger des images mais un endroit où les membres partagent des photos et des vidéos originales« . C’est donc officiellement pour protéger la philosophie du site que les images auraient été retirées, et non pour protéger l’anonymat des agents.

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