Un Sommet mondial du droit d'auteur sans représentant du public

Guillaume Champeau - publié le Lundi 28 Février 2011 à 15h19 - posté dans Société 2.0

Les 7 et 8 juin prochain aura lieu à Bruxelles le troisième Sommet du Droit d'auteur, censé réunir "tous les acteurs du secteur" de l'économie numérique et de la création pour discuter de l'évolution des droits d'auteur. Tous les acteurs, sauf les premiers concernés : le public.

La Confédération Internationale des Sociétés d'Auteurs et Compositeurs (CISAC) organisera les 7 et 8 juin prochain à Bruxelles son nouveau Sommet du droit d'auteur, sur le thème de la "création de valeur dans l'économie numérique". Il s'agit d'un évènement de lobbying majeur puisque lors du deuxième et précédent opus, organisé à Washington en 2009, plus de 600 participants de 68 pays, avec les délégués de 290 sociétés, étaient venus défendre la protection accrue du droit d'auteur devant un parterre de décideurs du monde entier. Christine Albanel en personne aurait dû venir s'y exprimer il y a deux ans, mais c'est ce jour-même où elle avait prévu de défendre la riposte graduée à la française devant tout le gratin du droit d'auteur que le Conseil constitutionnel a sanctionné sa loi Hadopi 1, mettant court à son voyage...

Cette année encore, parmi les principaux intervenants au Sommet figureront le commissaire européen chargé du marché intérieur Michel Barnier, connu pour relayer sans aucune prise de distance les études alarmistes et totalement bidons des industries culturelles, et qui prépare un "plan d'action" contre le piratage. Son homologue Neelie Kroes, chargée de l'Agenda numérique et plus nuancée sur le droit d'auteur, sera également de la partie. Au côté d'une centaine de participants.

"Créateurs de renommée mondiale, sociétés d’auteurs, éditeurs de musique et de livres, producteurs audiovisuels, décideurs politiques, médias et fournisseurs de contenus, FAI et opérateurs de télécommunication, sociétés de services et de matériel informatique, experts juridiques et technologiques participeront à ce Sommet pour échanger leurs points de vues et débattre du futur de la propriété intellectuelle et de la diffusion des œuvres créatives (musique, livres, films et photos) à l’ère numérique", explique la CISAC dans un communiqué.

La liste est longue, presque exhaustive... à une exception près : le public. Aucune association de consommateurs ne semble conviée, pas plus que des représentants du public qui prônent une autre vision du droit d'auteur, comme La Quadrature du Net, l'EFF ou Public Knowledge. L'absence est d'autant plus notable que le programme officiel dit vouloir souligner "la nécessité d’un dialogue constructif sur la protection des droits des auteurs et la diffusion des œuvres à l’ère numérique". Dialoguer sans inviter au dialogue les utilisateurs finaux des oeuvres diffusées, voilà qui est assez curieux. Ou révélateur.

Le droit d'auteur, qui était conçu à l'origine comme l'équilibre entre la nécessaire rémunération des créateurs et le nécessaire accès du public aux oeuvres créées, se conçoit désormais sans inviter ces derniers autour de la table. C'est d'autant plus gênant qu'aujourd'hui, la frontière entre le créateur et le consommateur est extrêmement poreuse. Il n'y a jamais eu autant de créateurs amateurs qu'aujourd'hui, et eux aussi ont un droit d'auteur qui mérite voix au chapitre. Le thème "Création de valeur dans l’économie numérique" se subdivise en trois thématiques (Créer, Connecter, Respecter), dont la dernière vise à mieux faire respecter le droit d'auteur dans la société. Mais il ne sera jamais respecté par la société tant qu'il se concevra sans elle ou, pire, contre elle.

"Alors que l’accès aux contenus semble sans limite, et est perçu comme quasiment gratuit par le consommateur, où et comment créer de la valeur dans l’utilisation et la diffusion des œuvres de création? Quels sont les modèles économiques capables de garantir à la fois un vrai retour sur investissement pour les promoteurs de ces plateformes et une juste rémunération pour les ayants-droit ? La solution est-elle dans le « Cloud » ? Quel est le rôle des fournisseurs d’accès à Internet ? Comment les créateurs s’intègrent-ils dans ce nouvel écosystème ? Le Sommet sera le forum idéal pour débattre de ces problématiques, en présence de tous les acteurs du secteur."

Parions qu'il y sera notamment question de filtrage.

En bonus, le discours qu'aurait dû prononcer Christine Albanel en 2009 :

Publié par Guillaume Champeau, le 28 Février 2011 à 15h19
 
 
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Commentaires à propos de «Un Sommet mondial du droit d'auteur sans représentant du public»
 

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Ben ils ont rien à foutre du public... le public doit payer et fermer sa gueule c'est tout ..
Le public n'achète plus, ne pirate plus, il s'en fout de la création médiocre.
"la nécessité d'un dialogue constructif sur la protection des droits des auteurs et la diffusion des oeuvres à l'ère numérique"

:mdr: :lol: Propos révolutionnaires !!! :D

Moi ça me fait penser aux célèbres "Anéfé rejeté" de Christine. ;)
De toute façon, même si le public avait été représenté ... Ca n'aurait rien changé. Il faut pas se leurrer.
"[...} Le Sommet sera le forum idéal pour débattre de ces problématiques, en présence de tous les acteurs du secteur." ... ou pas .

Sans les consommateurs de ces contenus, je trouve difficile de dialoguer convenablement. Ils vont encore faire leur petite sauce et nous l'envoyer en pleine tête sans se demander si ça va coller à la réalité. Leur réalité ( à ces gens là ) c'est le profit avant tout :
"[...]Quels sont les modèles économiques capables de garantir à la fois un vrai retour sur investissement pour les promoteurs de ces plateformes et une juste rémunération pour les ayants-droit ?[...]"
On devrai plutôt se demander, au lieu de se rempli les poches : "Comment fournir une offre moins chère pour pouvoir toucher le plus de consommateurs et permettre au artistes de se faire connaître au plus grand nombre".
En outre, je trouve le concept de MymajorCompany assez bon.
Michel Barnier....

(énorme soupir)....
Quels sont les modèles économiques capables de garantir à la fois un vrai retour sur investissement pour les promoteurs de ces plateformes et une juste rémunération pour les ayants-droit ?

Tout est dit je crois. Ca fait 10 ans qu'ils se posent la question et je crois que dans 10 ans ils seront encore comme des poules qui ont trouvé un couteau...
La Quadrature du Net représentante du public ????
Vite de grandes tapes dans le dos, je suis en train de m'étouffer de rire.
Il n'y a jamais eu autant de créateurs amateurs qu'aujourd'hui, et eux aussi ont un droit d'auteur qui mérite voix au chapitre.
Euh... on peut avoir des chiffres qui prouvent cette affirmation péremptoire ?
Oui la Quadrature du Net représente pas mal de gens... ou tu crois qu'elle pourrait se payer des salariés sans avoir de nombreux donateurs et des associations qui la soutiennent ?
http://www.laquadrat...adrature-du-net
stacato, le 28/02/2011 - 16:10
Il n'y a jamais eu autant de créateurs amateurs qu'aujourd'hui, et eux aussi ont un droit d'auteur qui mérite voix au chapitre.
Euh... on peut avoir des chiffres qui prouvent cette affirmation péremptoire ?

http://www.youtube.com/
quand j'ai lu la dernière tribune du président du parti pirate j'ai été estomacé du peu de proféssionnalisme qu'il fait part,tout son argumentaire cassé en mille aprés 5 secondes de reflexions sur son projet de licence globale
dans son projet il ne prend pas en compte le coût de la collecte, il explique avec un calcul qui ne tient pas la route que pour la musique un abonnement de 3 € est suffisant puis il oublie la vidéo et les autres médias
ensuite il dit que la licence globale ne doit pas dépasser 10 € pour être compétitif par rapport à mégapourri, mais si on inclue les autres médias on dépasse évidemment les 10€ sans compté les coût de la collecte.
je comprend pourquoi de tel personnage ne sont pas pris au sérieux aprés cela il ne faut pas pleurer...les gars
La QDN je trouve qu'ils foutent pas grand chose par rapport a odebi, ufc et fdn et autres...
maintenant je passe pas ma vie a étudier ce que fait QDN.
stacato, le 28/02/2011 - 16:08
La Quadrature du Net représentante du public ????
Vite de grandes tapes dans le dos, je suis en train de m'étouffer de rire.


[...]pas plus que des représentants du public qui prônent une autre vision du droit d'auteur, comme La Quadrature du Net, l'EFF ou Public Knowledge.
La QDN prône autre vision du droit d'auteur et est une association financée par le public.
ashitaka18, le 28/02/2011 - 16:15
stacato, le 28/02/2011 - 16:10
Il n'y a jamais eu autant de créateurs amateurs qu'aujourd'hui, et eux aussi ont un droit d'auteur qui mérite voix au chapitre.
Euh... on peut avoir des chiffres qui prouvent cette affirmation péremptoire ?

http://www.youtube.com/

Egalement http://www.myspace.com, bien que la plupart de ses oeuvres soient maintenant plutôt diffusées dans les fan-pages de http://www.facebook.com avec une protection du droit d'auteur pour le moins précaire.

Et même sans parler des garages-band ou des réalisateurs de courts métrages vidéos, les auteurs des nombreux blogs de poèmes et de nouvelles mériteraient aussi qu'on leur pose la question de la diffusion numérique de leurs oeuvres (les ebooks sont concernés, mais pas seulement).
VIDEOCLUB, le 28/02/2011 - 16:17
quand j'ai lu la dernière tribune du président du parti pirate j'ai été estomacé du peu de proféssionnalisme qu'il fait part,tout son argumentaire cassé en mille aprés 5 secondes de reflexions sur son projet de licence globale
dans son projet il ne prend pas en compte le coût de la collecte, il explique avec un calcul qui ne tient pas la route que pour la musique un abonnement de 3 € est suffisant puis il oublie la vidéo et les autres médias
ensuite il dit que la licence globale ne doit pas dépasser 10 € pour être compétitif par rapport à mégapourri, mais si on inclue les autres médias on dépasse évidemment les 10€ sans compté les coût de la collecte.
je comprend pourquoi de tel personnage ne sont pas pris au sérieux aprés cela il ne faut pas pleurer...les gars
La license globale j'y crois pas trop... Parceque tout simplement ça se transformerais en une taxe supplémentaire, comme pour les supports vierges et ce pour des gens qui n'en n'on rien a foutre des films et de la musique. Il faut que les médias arretent de croire que tout le monde est intéressé par leur productions. Personellement je commençe a voir que je me porte bien mieux depuis que j'ai réduit mon piratage ET surtout mes achats de musique et de films, je peut enfin faire des choses autres que regarder mon écran toute la journée, je baise, je dors, je fait de l'exercice, je bosse, et il me reste du fric a la fin du mois , des trucs qui a long terme me sont plus utile que Inception 4 ou Tron 5D.
Je vois de plus en plus l'industrie des médias comme un dealer d'informations, même inutiles, les gens deviennent vite accro. et le piratage c'est la même chose sauf que c'est gratuit, ce qui est pire pour la personne qui est accro. Bref c'est le nouveau mal du siècle: information overload. overdose d'information, données etc...
Je suis pour le sevrage des médias et de l'information inutile... Cela ne devrait pas te rejouir cependant videoclub car cela veut dire que tes drogues sur DVD/BluRay vont moins bien se vendre/louer.
Il faut peut-être ne pas prendre au sérieux ceux de la Quadrature -qui eux au moins ont le mérite de défendre nos libertés-, mais que penser de tes majors, mon cher Videoclub ?

Que va-t-il ressortir de ce sommet ?
QUE DALLE. Je ne serais pas surpris qu'en première proposition on voit apparaitre le filtrage. La réalité est belle et bien là: le consommateur, ils s'en TAMPONNENT.

stacato, point besoin de chiffres que les gus comme Barnier adulent, fais un petit tour hors des frontières de ton Net, et tu verras.
Et propose-nous de bons représentants du public, je sens qu'on va rigoler.
Tiens puisqu'on parle d'Artistes, de Créateurs, quelques sites où on en trouve:
http://www.dogmazic.net/
http://www.jamendo.com/
http://www.boxson.net/
http://www.auboutdufil.com/
http://www.musique-libre-de-droit.fr/

etc...

Ils sont invités, tous ces gens, pour débattre à Bruxelles ? J'ai l'impression qu'ils ne sont pas représentés non plus là bas.
Pourquoi inviter des représentants du public? Si les sociétés d'auteurs et de compositeurs en avaient quelque chose à faire du public ça se saurait non?
En même temps, curieusement (ou pas), ceux qui pronent une autre vision du droits d'auteur sont assez rarement des auteurs eux memes.
C'est bien beau de reclamer la revolution, une main dans le slip sur la connexion internet et le PC payé par papa.

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