Les violences en Tunisie font des morts par dizaines, des blogueurs sont arrêtés et les réseaux sociaux étroitement contrôlés voire bloqués, mais la France propose son aide au président Ben Ali pour contrôler les émeutiers. L'Elysée n'a toujours pas condamné les atteintes à la liberté d'expression du peuple tunisien.

Samedi, nous rapportions dans un long article les atteintes inacceptables à la liberté d’expression dont fait preuve le président tunisien Zine el Abidine Ben Ali. Le régime a fait arrêter plusieurs blogueurs et artistes, qui avaient communiqué sur les manifestations populaires, dénoncé la violence de la répression, et utilisé les médias sociaux pour contourner la censure imposée par le régime aux médias.

Dans cet article, nous mettions surtout en exergue les appels aux réactions internationales, et le silence de la France. « A travers les réseaux sociaux, c’est une solidarité agissante qui se fait. Cela permet une mobilisation, des échanges entre les internautes. Cette force de mobilisation et cette immédiateté est quelque chose de complètement nouveau que les autorités ne savent pas gérer« , avait témoigné la présidente de la Fédération internationale des Droits de l’Homme (FIDH). Mais « tant que les alliés de la Tunisie, la France en premier lieu et les pays Européens, ne bougent pas, ils donnent du temps de survie au régime« , avait-elle ajouté.

La France n’a pas changé depuis sa position. Elle se refuse toujours à condamner la politique de censure de son partenaire tunisien, et propose même désormais son aide au régime de Ben Ali. C’est ce que relate aujourd’hui Libération, qui propose un suivi très étroit du dossier :

« Critiquée devant l’Assemblée nationale par l’opposition sur l’extrême retenue de la réaction française face à la répression en Tunisie, Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, a répondu : « On ne peut que déplorer qu’il puisse y avoir des violences qui concernent ces peuples amis », ajoutant : « la priorité doit aller à l’apaisement après des affrontements qui ont fait des morts ». Et de proposer le savoir-faire français à la police tunisienne pour « régler les situations sécuritaires ». « Nous proposons effectivement aux deux pays de permettre dans le cadre de nos coopérations d’agir pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l’assurance de la sécurité. »

Pour pousser tout de même un cocorico bien modeste, on se félicitera tout de même que Dailymotion n’a pas censuré les vidéos montrant l’extrême violence de la répression des manifestations, contrairement à YouTube qui prévient qu’il n’est « pas un site destiné à choquer ».

Mise à jour : Des internautes tunisiens font savoir que la version sécurisée de Facebook peut de nouveau être utilisée, alors qu’elle avait été bloquée. Par ailleurs, la famille de l’un des blogeurs arrêtés, Slim Amamou, a fait savoir qu’il était en bonne santé et a appelé au calme.

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