Voilà une forme originale de cybersquatting défensif. Redoutant que ses dirigeants soient moqués voire conspués par les internautes, suite à des révélations promises par Wikileaks sur le secteur bancaire, la Banque of America a acheté des centaines de noms de domaine insultant ses cadres.

Le 29 novembre dernier, lorsque le monde entier s’intéressait encore aux câbles diplomatiques révélés par Wikileaks, son fondateur Julian Assange avait dévoilé son intention de « faire tomber » une banque américaine en révélant un « écosystème de corruption ». « Cela donnera un aperçu vrai et représentatif de la façon dont se comportent les banques au niveau de leurs dirigeants d’une manière qui provoquera des enquêtes et des réformes, je suppose« , avait prévenu Assange, parlant de « pratiques contraires à l’éthique« .

Très vite, le Huffington Post avait désigné la Bank of America, en rappelant qu’Assange lui-même avait dit en octobre 2009 dans une interview être en possession de 5Go de données provenant d’un dirigeant de cette banque américaine.

Dans un article publié dimanche, le New York Times raconte les opérations de « contrespionnage » menées par la BoA, qui a inspecté des milliers de documents internes, préparé la réplique médiatique dans le cas où certaines informations seraient rendues publiques, consulté des batteries d’avocats pour peser les risques de possibles révélations, … mais comme le note ActicePolitic, le plus drôle est une réaction très inattendue de la part de la banque.

Le site Domain Name Wire a en effet révélé le mois dernier que Bank of America a enregistré d’un seul coup des centaines de noms de domaine, composés des noms de ses administrateurs et de ses cadres supérieurs, suivis des mots « sucks » et « blows » (« est naze », en français). Par exemple pour le président de la banque Brian T. Moynihan, la BoA a enregistré BrianMoynihanBlows.com, BrianMoynihanSucks.com, BrianTMoynihanBlows.com, BrianTMoynihanSucks.com, et toutes leurs versions en .net et .org.

La banque semble croire qu’en possédant les noms de domaine que pourraient vouloir exploiter ses détracteurs, la critique se fera moins sentir. Mais c’est mal connaître l’imagination des internautes, dont certains risquent au contraire de trouver qu’il s’agit là d’une provocation, voire d’un défi…

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés