Avouons-nous très sceptiques. Alors que très peu d'internautes témoignent de la réception d'un mail adressé par l'Hadopi, la Haute Autorité assure en avoir envoyé déjà 100 000 en deux mois. Un décalage surprenant...

Mise à jour : comme nous le pressentions, le chiffre avancé dans l’article du Monde est faux. Il ne s’agirait pas du nombre de mails envoyés, mais du nombre de demandes d’identification d’adresses IP adressées aux FAI. Or on ne sait ni combien d’identités d’abonnés sont effectivement retournés par les FAI, ni combien de mails sont ensuite envoyés. Le chiffre réel doit être en tout état de cause beaucoup plus faible, puisqu’un responsable de Free s’amusait sur Twitter à nous dire qu’il y a une « erreur de décimale, ou alors c’est que les abonnés Free sont plus vertueux qu’ailleurs ».

Le chiffre est pour le moins étonnant, tant les témoignages d’internautes sont rarissimes, y compris sur les forums des plus grosses communautés de partage de fichiers en P2P, particulièrement visées.

Eric Walter, le secrétaire général de l’Hadopi, assure au journal Le Monde que 100 000 mails d’avertissement ont été envoyés en deux mois. « Un jour, on envoie 4 000 mails, un autre jour 500. C’est la preuve qu’on n’est pas un radar automatique. Mais cela fait quand même un total de 100 000 mails en deux mois« , indique-t-il au quotidien. Lequel doute de l’efficacité de la riposte graduée, et confirme nos impressions sur l’insuccès de la Carte Musique Jeune.

« A très court terme, nous souhaitons que l’Hadopi puisse envoyer autant de mails qu’elle reçoit d’adresses suspectes. La dissuasion suppose que le message adressé aux internautes soit massif« , se plaint de son côté le directeur général de la Société civile des producteurs de phonogrammes en France (SPPF), Jérôme Roger. Chaque organisation d’ayants droit peut envoyer au maximum 25 000 adresses IP par jour à l’Hadopi. Mais rares sont celles qui sont effectivement traitées.

C’est dans cet esprit que la Haute autorité cherche à automatiser la procédure d’envoi des mails, dès la réception des adresses IP, même en ayant conscience que ces relevés ne sont pas des preuves. Au début de l’année, elle pourra commencer à envoyer ses premières lettres remises contre signature. Mais plus on avance vers l’élection présidentielle, plus le sujet devient sensible politiquement.

D’où le début de rétropédalage dont a fait preuve Nicolas Sarkozy, qui aura besoin du soutien d’une partie des internautes pour fédérer les électeurs en 2012…

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