Tandis que Microsoft va lancer son Windows Phone 7 en Europe à la fin du mois, la firme a engagé un procès contre Motorola aux USA. Microsoft reproche au constructeur d'avoir adopté le système d'exploitation Android, qui violerait neuf brevets intellectuels détenus par le géant des logiciels.

À quelques semaines du lancement de Windows Phone 7, Microsoft intensifie sa riposte contre les systèmes d’exploitation mobiles concurrents. En particulier, le géant des logiciels vise Android, dont la licence libre séduit de plus en plus de constructeurs au détriment de sa solution propriétaire et commerciale. Mais si la contre-attaque de Microsoft passe par l’arrivée d’une nouvelle version de son système d’exploitation pour smartphones, l’entreprise porte le fer également dans d’autres domaines.

En l’occurrence, Microsoft a en effet saisi l’International Trade Commission, une agence gouvernementale dont le rôle est d’apporter une expertise dans le domaine commercial. Par ailleurs, la firme de Redmond a également déposé une plainte devant le tribunal fédéral de première instance du district ouest de Washington. Dans cette affaire, c’est le constructeur américain Motorola qui est visé.

Dans son communiqué, Microsoft justifie sa démarche au motif que Motorola a enfreint neuf brevets intellectuels en optant pour Android comme système d’exploitation. Les brevets concernés portent sur la synchronisation du courrier, du calendrier, des contacts et des réunions, mais aussi sur les notifications dédiées à l’état du signal téléphonique et au niveau de batterie.

« Nous avons la responsabilité envers nos consommateurs, nos partenaires et nos actionnaires de préserver les milliards de dollars que nous investissons chaque année en apportant des produits, des logiciels et des services innovants sur le marché. Motorola doit cesser ses infractions de nos inventions brevetées dans ses smartphones Android » a déclaré Horacio Gutierrez, vice-président et avocat adjoint en charge de la propriété intellectuelle et des licences.

Ce n’est pas la première fois que Microsoft attaque un constructeur parce qu’il utilise Android. Fin avril, le fabricant taïwanais HTC avait été contraint de signer un accord avec le géant américain pour éviter de s’engager dans une longue et forcément coûteuse procédure judiciaire. En échange de l’exploitation de certaines technologies brevetées par Microsoft, HTC verse désormais une redevance.

L’évolution d’Android est visiblement suivi avec la plus grande attention du côté de Redmond, malgré l’assurance apparente que veut faire passer Microsoft. En mai, le directeur général de l’entreprise, Steve Ballmer, avait voulu rassurer ses investisseurs sur l’impact de la stratégie de Google. Au magazine Fortune, il avait expliqué qu’il « n’y a rien de gratuit à propos d’Android« , avant d’ajouter « qu’il y a une redevance de propriété intellectuelle sur ça« .

En début d’année, les données publiées par Gartner faisaient pointer Microsoft à la cinquième place sur le marché des systèmes d’exploitation pour smartphones, avec 6,8 % de mobiles vendus dans le monde au premier trimestre 2010. En comparaison, Google et son système Android atteint 9,6 % et s’est placé en quatrième position. Un succès certain pour un O.S. apparu il y a deux ans.

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