Pour 12,99 euros par mois (ou 2,99 euros pour les étudiants), l’Apple Creator Studio réunit toutes les applications professionnelles d’Apple, autrefois vendues à l’unité, dans un seul abonnement. Cette proposition rivale de l’Adobe Creative Cloud, référence absolue du secteur, regroupe notamment Final Cut Pro, Logic Pro et Pixelmator Pro. Elle améliore aussi la suite bureautique d’Apple : Pages, Numbers et Keynote gagnent une banque d’images et des fonctionnalités IA.

Apple peut-il vraiment faire de l’ombre à Adobe ? Avec son abonnement Creative Cloud, le développeur de Photoshop et de Premiere Pro est le numéro 1 du secteur. Son abonnement tout-en-un coûte une fortune (62,47 €/mois actuellement), mais règne en maître sur l’univers de la création, avec des formules intermédiaires pour ne payer que pour les logiciels que l’on utilise vraiment. Adobe propose aux vidéastes, aux photographes et aux dessinateurs une panoplie d’instruments très complets ainsi que l’accès à une des plus grandes banques d’images du monde, sans oublier des modèles d’IA génératifs toujours plus puissants et modulaires.

Face à Adobe, il n’existe aujourd’hui pas d’offre alternative. Plusieurs logiciels se sont imposés ces dernières années, comme Capcut pour le montage de vidéos sociales ou Affinity pour la photo, mais Adobe est le seul à proposer une suite complète de logiciels de création.

Apple, de son côté, a toujours misé sur de la vente de logiciels à l’unité. En plus de la suite iWork, rivale de Microsoft 365 (ex-Office) et de ses logiciels gratuits (iMovie ou GarageBand), Apple commercialise Final Cut Pro pour la vidéo (349 euros), Logic Pro pour la musique (229 euros) et Pixelmator Pro pour les images (59 euros), sans oublier des logiciels plus niches pour les compléter (Motion, Compressor…). Ces logiciels sont pleinement adaptés à l’univers du Mac, parfois à celui de l’iPad, et offrent généralement moins de fonctions, mais conviennent à la majorité des besoins professionnels. La preuve : de nombreux contenus Numerama sont édités avec Final Cut ou Pixelmator.

Les logiciels incontournables du Apple Creator Studio, sur Mac.
Les logiciels incontournables du Apple Creator Studio, sur Mac. // Source : Numerama

En janvier 2026, le créateur de l’iPhone a annoncé un changement majeur de stratégie : il lance, lui aussi, son abonnement unique avec un accès à tous ses logiciels de création. Son nom : Apple Creator Studio.

Pour 12,99 euros par mois ou 129 euros par an (ou 2,99 euros par mois pour les étudiants, ce qui est imbattable), Apple ambitionne de proposer une suite créative cinq fois moins chère que celle d’Adobe, qui se destine aussi bien aux professionnels qu’au grand public tenté par l’édition de vidéos, les photomontages ou la composition de musique. Un bouleversement majeur de sa stratégie… qui nous laisse un peu sur notre faim.

Des applications en double et des téléchargements à l’unité : l’Apple Creator Studio n’exploite pas encore son plein potentiel

Depuis deux semaines, Numerama teste en avant-première l’Apple Creator Studio, grâce à des liens TestFlight envoyés par Apple. Ce test nous a donné accès aux nouvelles versions de Final Cut Pro, Logic Pro, Pixelmator Pro, Pages, Numbers et Keynote sur Mac et iPad, sans oublier MainStage, Compressor et Motion seulement sur Mac. Le logiciel Freeform aura aussi droit à sa version Creator Studio plus tard en 2026, mais nous n’y avons pas encore eu accès.

Soyons honnêtes : pour une entreprise connue pour sa simplicité, l’installation de l’Apple Creator Studio est déroutante. Apple a fait le pari, selon nous raté, de ne pas proposer une application unique pour accéder à son abonnement, à la manière du Adobe Creative Cloud. Le résultat peut vite agacer : il faut installer chaque application soi-même manuellement, en choisissant bien la version Creator Studio et non pas la version App Store (les deux cohabitent). L’abonnement ne doit être souscrit qu’une seule fois (les autres apps le détectent ensuite), mais la multiplication des installations n’est pas très « Apple ».

Pourquoi ne pas avoir un logiciel dédié à son abonnement pour accéder à toutes les options, à ses fichiers, à la banque d’images et à ses applications ? Un tel logiciel simplifierait tout, d’autant plus que l’opération doit être répétée sur iPhone, iPad et Mac.

À chaque première ouverture, l'application vérifie qu'un abonnement Apple Creator Studio est actif.
À chaque première ouverture, l’application vérifie qu’un abonnement Apple Creator Studio est actif. // Source : Numerama

Autre problème causé par la cohabitation des versions « Creator Studio » et « App Store » : il est possible d’installer deux fois un même logiciel, mais dans deux formes différentes. Le résultat peut vite devenir problématique sur les petits disques durs : Final Cut Pro pèse 7,46 Go, une double installation en pèse presque 15 Go. Apple pourrait proposer de remplacer automatiquement la version App Store par la version Creator Studio, mais préfère proposer deux fois les logiciels, avec des icônes différentes pour les reconnaître. Parmi les problèmes causés par ce choix : une recherche dans Final Cut dans Spotlight suivi d’un appui sur Entrer ouvre parfois la mauvaise version. C’est agacant.

Ce drôle de choix aurait pu être simplifié par une application de gestion dédiée à l’abonnement. On pourrait imaginer qu’un désabonnement du Creator Studio retélécharge automatiquement les versions gratuites de Pages, Numbers et Keynote sans qu’on ait besoin de tout conserver en double. Peut-être dans une future version de l’abonnement ?

A-t-on vraiment besoin de deux Final Cut si on paye l'abonnement ? Peut-être qu'il y avait un meilleur moyen de gérer l'activation via Creator Studio.
A-t-on vraiment besoin de deux Final Cut si on paye l’abonnement ? Peut-être qu’il y avait un meilleur moyen de gérer l’activation via Creator Studio. // Source : Numerama

En ce qui concerne les icônes, nous devons vous avouer que nous les aimons bien, même si les réseaux sociaux les ont pris pour cibles ces derniers jours. Dans le dock du Mac ou de l’iPad, l’uniformisation proposée par Apple dégage quelque chose.

Pixelmator Pro sur iPad est la meilleure nouveauté du Apple Creator Studio, mais n’est pas encore aussi bon que sur Mac

Quid des logiciels ? En toute honnêteté, je ne les ai pas tous testés. La création musicale n’est pas quelque chose que je maîtrise : je n’aurais eu aucune crédibilité à tester Logic Pro sur Mac ou iPad. Mon test s’est surtout concentré sur Pixelmator Pro, Final Cut Pro et la suite iWork.

Justement, parlons de Pixelmator Pro, le dernier arrivé chez Apple (la marque l’a racheté fin 2024, Pixelmator était auparavant indépendant). Le logiciel d’édition d’images est tout simplement la star du bundle avec un gros redesign sur Mac et, surtout, une arrivée pour la première fois sur iPad. Je me suis empressé de le tester, après avoir souvent souffert en tentant de monter des simples images pour illustrer des articles sur ma tablette.

Pixelmator Pro pour iPad est une réussite totale. Le logiciel reprend l’intégralité des outils de la version Mac : édition par calques, outils vectoriels complets, support des fichiers SVG et gestion des masques. L’interface a été intelligemment adaptée au tactile et à l’Apple Pencil, avec des gestes intuitifs (pincements, double-tape) qui rendent l’utilisation naturelle. On peut enfin créer des images facilement sur iPad !

Pixelmator Pro sur iPad.
Pixelmator Pro sur iPad. // Source : Numerama

Si Pixelmator Pro sur iPad est aujourd’hui le meilleur logiciel de sa catégorie (devant Photoshop), il souffre encore d’un gros problème : la gestion des fichiers sur iPad.

Personne n’a envie d’exporter un projet dans sa photothèque iCloud et il n’est étrangement pas possible de cibler automatiquement un dossier comme sur Mac pour optimiser son travail (d’autant plus que les boutons pour exporter un fichier sont un peu trop cachés). On continue donc de perdre du temps, ce qui rend toujours le Mac largement supérieur à la tablette.

Sur Mac, Pixelmator Pro a le droit au plus gros redesign de son histoire. L'application reste disponible indépendament.
Sur Mac, Pixelmator Pro a le droit au plus gros redesign de son histoire. L’application reste disponible indépendament. // Source : Numerama

Malgré tout, l’arrivée de Pixelmator Pro sur iPad est une grande avancée. Dommage qu’Apple force l’abonnement pour y accéder (l’application est la seule à ne pas être en téléchargement libre sur l’App Store) ou que Pixelmator Pro soit à la traîne par rapport à Photoshop en matière d’IA générative. On espère qu’iPadOS 27 et macOS 27, à la rentrée, apporteront aux logiciels d’Apple de vrais outils d’IA pour modifier des images avec des prompts ou générer des contenus, à la manière du Generative Fill d’Adobe. On aimerait pouvoir détourer un contenu plus facilement, changer un vêtement ou modifier l’éclairage en quelques secondes : il faut pour l’instant être patient et tout faire manuellement.

Final Cut Pro gagne des fonctions IA… mais seulement en anglais : Capcut et Premiere Pro restent devant

Sur le papier, le nouveau Final Cut Pro promet une révolution grâce à l’intelligence artificielle avec deux fonctions phares : le Transcript Search (pour retrouver un passage précis dans une vidéo en tapant ce qui est dit) et le Visual Search (pour trouver « un chien qui court » ou « une voiture rouge » dans ses rushs sans les avoir triés).

Problème : ces fonctions IA sont indisponibles en français. On peut toujours taper « red car » et certains mots comme « écouteurs » sont étrangement reconnus, mais il n’est pas possible de retrouver une phrase en français à ce jour.

La reconnaissance visuelle de Final Cut Pro peut être capricieuse : il faut laisser au modèle le temps d'analyser les images.
La reconnaissance visuelle de Final Cut Pro peut être capricieuse : il faut laisser au modèle le temps d’analyser les images. // Source : Numerama

Autre grand absent : la génération automatique des sous-titres, pourtant de plus en plus la norme ailleurs, ou l’auto-adaptation horizontal/vertical des contenus. Apple réserve, encore une fois, ses meilleures innovations aux utilisateurs anglophones. Cette stratégie ne peut plus vraiment durer à l’heure des Reels et des TikTok : il y a de plus en plus de créateurs, ne pas leur offrir ces fonctions essentielles condamne Final Cut. Les jeunes qui découvrent le montage avec Capcut devraient avoir le logiciel d’Apple comme alternative : ce n’est pas pleinement le cas aujourd’hui, rien que pour les sous-titres devenus la norme sur les réseaux sociaux.

L’arrivée prochaine de nouveaux modèles conçus en partenariat avec Google devrait, on l’espère, régler ces problèmes. Apple a toujours été frileux dans la traduction de ces fonctions, mais les modèles de Google sont polyglottes. Si le futur Final Cut Pro bascule sur la reconnaissance visuelle/audio de Gemini, il devrait sans problème parler des dizaines de langues.

Avec Beat Detection, Apple s'adresse aux créateurs qui se filment en jouant de la musique.
Avec Beat Detection, Apple s’adresse aux créateurs qui se filment en jouant de la musique. // Source : Numerama

En attendant, on apprécie quelques nouveautés comme la « détection des beats » qui place automatiquement des marqueurs de rythme sur une piste musicale ou Montage Maker sur iPad, une nouvelle fonction d’auto-cadrage qui monte automatiquement des vidéos pour les débutants, mais avec des montages relativement classiques. Il s’agit néanmoins de fonctions aussi disponibles dans la version de Final Cut Pro proposée à l’achat : il est peu probable qu’elles convainquent qui que ce soit de s’abonner.

On adore Final Cut Pro, surtout sur Mac (le montage sur iPad n’est pas facile), mais il n’est aujourd’hui ni le plus simple, ni le plus complet des logiciels de montage. Sa seule force est sa parfaite optimisation avec les puces Apple Silicon : tout va plus vite par rapport aux logiciels concurrents. Apple peut encore rectifier le tir, mais il y a aujourd’hui beaucoup de fonctions manquantes pour battre Adobe Premiere Pro ou DaVinci Resolve.

La suite iWork gagne une banque d’images et des propositions « Premium » : encore un drôle de choix, mais de bonnes nouveautés

Jusqu’ici, Pages, Numbers et Keynote étaient totalement gratuits. Avec l’abonnement Apple Creator Studio, les logiciels basculent dans l’ère du « Freemium ». Le traitement de texte ou le tableur restent gratuits pour leur usage de base, mais de nouvelles fonctions sont réservées aux abonnés. Pages, Numbers et Keynote sont les seuls à subir ce sort, avec une distinction entre les versions App Store et Creator Studio.

Dans la barre d’outils, de nouveaux boutons violets font leur apparition. Ils permettent d’ouvrir des fonctions payantes comme le « Content Hub », une immense banque d’images, d’illustrations et de modèles réservée aux abonnés. Apple répond ici à Adobe Stock avec une fonction bienvenue à laquelle on aimerait pouvoir accéder depuis n’importe quel logiciel. La sélection est soignée, très « Apple » dans l’esthétique, et évite d’avoir à écumer Google Images pour trouver une photo libre de droits pour une présentation. Dommage de ne pas pouvoir accéder au Content Hub en dehors de ces applications : on aimerait retrouver ces images depuis n’importe où.

Choix surprenant : Apple propose un onglet « Premium » dans ses applications avec des templates réservés aux abonnés.
Choix surprenant : Apple propose un onglet « Premium » dans ses applications avec des templates réservés aux abonnés. // Source : Numerama

C’est aussi dans ces logiciels de bureautique qu’Apple a caché ses fonctions d’IA les plus avancées, propulsées en partie par des modèles d’OpenAI (en attendant Google).

Dans Keynote, on peut désormais demander à l’IA de « nettoyer le texte », de « générer des images », de « générer des notes de présentation » ou de « générer une présentation de 10 diapositives ». Le logiciel crée la structure, remplit le texte et choisit les images. Le résultat est généralement satisfaisant, mais extrêmement simple. Il est sans le moindre doute possible de faire beaucoup mieux ailleurs (Microsoft Copilot ou Google Gemini peuvent imiter le style d’une entreprise, par exemple). On trouve aussi d’étonnants templates « Premium » : Apple réserve quelques inspirations à ses abonnés.

Cette présentation et les notes ont été intégralement générés par OpenAI, dans Keynote. On aperçoit aussi les boutons violets et la banque d'images.
Cette présentation et les notes ont été intégralement générés par OpenAI, dans Keynote. On aperçoit aussi les boutons violets et la banque d’images. // Source : Numerama

Est-ce assez pour détourner les utilisateurs de la Google Suite ou Microsoft 365 ? Pour des usages basiques, Pages, Numbers et Keynote sont largement suffisants. Mais à l’heure de l’IA générative et des agents conversationnels, Apple devra renforcer sa proposition dans les prochains mois : ces logiciels doivent pouvoir faire tout ce qu’on leur demande.

Conclusion : l’Apple Creator Studio est encore à ses tous débuts et pourrait devenir génial avec plus d’IA

Faut-il craquer pour l’Apple Creator Studio ? Mon avis après deux semaines est que ce nouvel abonnement servira de base à une future proposition d’Apple, probablement axée sur l’intelligence artificielle. La suite manque aujourd’hui d’outils de séduction : il s’agit d’un regroupement de logiciels déjà connus sans grandes nouveautés. D’une certaine manière, je vois l’Apple Creator Studio de janvier 2026 comme une version 0.9 incomplète, en attente de l’arrivée du nouveau Siri et de nouveaux modèles Apple/Google pour justifier les 12,99 euros mensuels. Il ne s’agit pas d’un vol à ce prix, mais on comprend facilement pourquoi Apple facture ses clients à un tarif cinq fois inférieur à Adobe : c’est tout simplement le juste prix.

Pour les étudiants : c’est un grand OUI. À 2,99 euros par mois, l’offre est tout simplement la meilleure du marché. Avoir accès à Final Cut (même sans sous-titres automatiques), Logic, Pixelmator et aux fonctions IA d’iWork pour le prix d’un café est une opportunité en or. C’est le meilleur moyen d’apprendre à créer sans se ruiner, et sans doute la meilleure offre étudiante de l’histoire d’Apple.

Pour les pros et les créateurs : c’est pour l’instant en suspens. Si vous possédez déjà Final Cut Pro ou Pixelmator Pro, alors Il vaut mieux ne pas investir pour l’instant. Les nouvelles fonctions d’iWork ne justifient pas l’abonnement. En revanche, pour essayer ces logiciels pour la première fois (ou ponctuellement), les 12,99 euros par mois sont vite rentabilisés. On espère qu’Apple l’étoffera vite pour rendre le Creator Studio bien plus intéressant. Voire qu’Apple ajoutera de nouveaux logiciels pensés pour l’IA dans sa suite créative.

Toutes les applications du Apple Creator Studio.
Toutes les applications du Apple Creator Studio. // Source : Apple

À terme, on imagine mal Apple ne pas faire du Creator Studio le seul moyen d’accéder à ses logiciels de création. Final Cut Pro et Pixelmator Pro restent proposés à l’unité pour l’instant (sauf sur iPad), mais il est probable qu’Apple fasse évoluer sa stratégie avec le temps. Ce que l’on aimerait est la possibilité de constituer son Creator Studio sur mesure, sans les apps que l’on ne veut pas, pour faire baisser les prix.

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