Google reste convaincu que la meilleure solution pour lutter contre la censure sur Internet est de la considérer comme une entrave au commerce. Depuis quelques mois, le géant de Mountain View chercher à convaincre l'administration américaine à déposer un recours devant l'OMC.

Le libéralisme économique pourrait finalement s’avérer être la meilleure arme pour combattre la censure du réseau Internet par certains États. C’est ce qu’a laissé entendre David Drummond, le directeur juridique de Google, lors d’une réunion publique qui s’est déroulée hier à Mountain View avec e représentant américain au commerce, Ron Kirk.

« La censure d’Internet est vraiment un obstacle au commerce, et agit de cette façon sur les entreprises américaines qui essaient de faire du business à l’étranger » a-t-il justifié. « Si cela survenait avec le commerce classique et les biens manufacturés, nous serions tous en train de dire que cela viole fondamentalement les accords commerciaux« .

« Nous avons désormais une grande occasion avec les accords commerciaux de commencer à mettre sous pression les pays afin qu’ils reconnaissent que la liberté sur Internet n’est pas seulement une valeur fondamentale – sur laquelle nous devrions leur demander des comptes du point de vue des droits de l’Homme -« , mais aussi une opportunité économique.

« Si vous voulez faire partie de la communauté du libre-échange, vous allez devoir trouver un moyen pour permettre à l’Internet d’être ouvert » a-t-il terminé. D’après Reporters Sans Frontières, il y a douze pays qui sont considérés comme des « ennemis d’Internet : l’Arabie saoudite, la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l’Egypte, l’Iran, l’Ouzbékistan, la Syrie, la Tunisie, le Turkménistan et le Viet Nam. Mais selon Google, plus de vingt pays ont, par exemple, bloqué ou limité l’accès à YouTube.

Ce n’est pas la première fois que Google combat la censure sur Internet en la considérant comme une entrave au commerce. Fin juin, le géant de Mountain View avait déclaré qu’il se concertait avec l’administration américaine et plusieurs sociétés pour déposer une plainte devant l’Organisation Mondiale du Commerce pour non-respect des règles du libre-échange.

L’an dernier, un rapport du Centre Européen pour l’Economie Politique Internationale (ECIPE) avait suggéré de s’appuyer sur la législation internationale en matière de commerce pour sanctionner par l’OMC la censure d’Internet pratiquée dans certains pays. L’Union européenne avait repris cette suggestion en mai, estimant que la grande muraille virtuelle chinoise agissait comme une barrière commerciale.

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