Les industries du disque et du cinéma sont les seules pour le moment à véritablement se plaindre de l'impact du P2P sur leur modèle économique, et à agir en justice pour le freiner. Mais la télévision telle qu'on la connaît aujourd'hui se voit elle-même secouée, et peut-être beaucoup plus en profondeur que les autres média...

Cyril Fiévet nous propose sur InternetActu.net une brillante synthèse richement documentée sur « l’impact du P2P en matière de films – cinéma et télévision –« , dont il prédit qu’il « dépassera largement celui sur la musique« .

L’auteur rappelle que selon une étude livrée en octobre 2004 par le Centre National de la Cinématographie, « plus d’un tiers des films piratés sur Internet sont disponibles avant leur sortie dans les salles françaises« . 90 % des films sont disponibles sur les réseaux P2P avant leur sortie en DVD en France. Dès lors, « on comprend alors qu’en matière de films, le P2P n’est pas une simple aubaine financière pour les internautes« , rappelle Cyril Fiévet. « Il fournit un moyen de s’affranchir des délais imposés par les circuits de distribution traditionnels« .

Le même phénomène s’observe avec les séries TV, disponibles sur BitTorrent ou ailleurs, des mois voire des années avant leur passage sur les ondes des télévisions françaises. Outre les films, c’est l’alliance du P2P, du RSS et de la télévision qui tend à faire d’Internet un médium de distribution interactive particulièrement puissant (voir notre article « Le P2P est mort, vive le P2P-RSS ») : « Un utilisateur qui s’intéresse à une série donnée s’abonne au fil RSS correspondant. Dès qu’un nouvel épisode apparaît, il reçoit une alerte dans son agrégateur RSS, avec un lien vers le torrent concerné. Il n’a plus qu’à cliquer pour démarrer le téléchargement. Facile, et diablement efficace.« .

Avec l’apport de technologies nouvelles et en particulier des enregistreurs numériques tels que le TiVo, les américains connaissent les joies du « timeshifting » qui permet de mettre en pause un programme, revenir en arrière ou passer les publicités. Mais de nouvelles applications telles que Cybersky TV, prévu en février prochain, créeront de véritables Napster de la télévision. Outre le timeshifting, ces applications démocratiseront le « spaceshifting », en donnant en France accès aux programmes TV américains, japonais ou boliviens.

Le modèle économique de la télévision, basé sur une maîtrise temporelle des grilles de programmes et de publicité ainsi que sur une maîtrise spatiale des droits de rediffusion, va être profondément bouleversé avec le développement des offres illicites de téléchargements vidéo. Dès lors, il faut s’attendre à ce que les câblo-opérateurs, diffuseurs par satellites ou les grandes chaînes hertziennes se lancent elles aussi dans la chasse aux internautes…

Lire l’article de Cyril Fiévet :

www.InternetActu.net/index.php?p=5731

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