Les Big Brother Awards France ont publié la liste 2010 des prétendants aux prix qui récompensent chaque année depuis 2000 les personnalités et organisations qui « se sont illustrés par leur mépris de la vie privée et des libertés« . Cette année, la liste est particulièrement chargée.

On y trouve bien entendu les promoteurs de l’Hadopi, à commencer par Trident Media Guard (TMG) et l’acteur Thierry Lhermitte qui a « acquis, à l’occasion d’une augmentation de capital de TMG, une quantité très significative des parts sociales de la société sélectionnée par l’Hadopi pour fournir les moyens de fliquer les ordinateurs de chacun(e) de nos concitoyen(nes)« . Au passage, les Big Brothers secouent le cocotier : « le plus extraordinaire : la boite TMG qui faisait déjà un CA d’environ 1M€ en 2007 (source societe.com) offre 50 % du capital à Thierry Lhermitte pour ‘seulement’ 50k€ en juin 2009, puis gagne l’appel d’offre le 25/01/2010. Etrange qu’une société a priori sur un marché ultra porteur se brade ainsi…« .

Toujours au sujet de l’Hadopi, Frédéric Mitterrand, Christine Albanel et Frank Riester sont candidats conjoints à un prix « Orwell Etats & Elus ». Il leur est reproché d’avoir « ardemment défendu la loi Création et Internet qui, sous couvert de défendre les droits d’auteur, veut obliger tous les internautes à installer un mouchard (payant) sur leurs ordinateurs« . « Comment qualifier une loi qui instaure la présomption de culpabilité, et oblige les citoyens à installer un mouchard (payant) sur leurs ordinateurs afin de se transformer en leur propre « Big Brother » en leur expliquant qu’ainsi, il leur sera plus facile d’apporter les preuves de leur innocence ?« , demandent les BBA.

Si certaines nominations étaient attendues, comme celles de Google, Facebook, ou celles d’un grand nombre de personnalités politiques pour divers faits d’armes (Nadine Morano, Michèle Alliot-Marie, Eric Besson, Jean-Marie Bockel, Eric Woerth, Brice Hortefeux, Roselyne Bachelot, Xavier Darcos…), il est une plus surprenante, et particulièrement violente.

Alex Türk, le président de la CNIL, est lui-même nominé « pour tromperie et dissimulation« . « Alex Turk endosse les habits du défenseur tout terrain de la vie privée et des libertés alors qu’il en est parfois le fossoyeur et souvent le facilitateur« , accusent les BBA. La charge contre Alex Türk est lourde. « Depuis 10 ans, on ne peut que constater que (la CNIL) a perdu l’essentiel de ses pouvoirs, en particulier celui qui lui permettait de contrôler a priori les fichiers d’état et les fichiers de sécurité« , et « la responsabilité de celui qui occupe le siège de président depuis plus de 6 ans, ne peut être minorée« .

Le palmarès sera annoncé lors d’une conférence le 12 mai prochain, avant une cérémonie organisée le 29 mai au théâtre La Belle Etoile, à Saint Denis.

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