Google dresse une carte des requêtes gouvernementales
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 21 Avril 2010 à 02h30 -
posté dans Société 2.0
![]() Google a mis en ligne des données statistiques sur le nombre de demandes de retrait de contenus et d'accès aux données privées d'utilisateurs qu'il reçoit de tous les gouvernements. Un effort de transparence qu'il entend compléter rapidement.
Alors que ses problèmes de censure avec les Chinois ont attiré l'attention sur le gouvernement communiste, Google veut rappeler au monde que la Chine n'est pas le seul pays à vouloir contrôler ce qui est visible sur Internet. Le moteur de recherche qui prône la transparence a mis en ligne une page spéciale qui permet aux internautes de voir le nombre des demandes de retrait de contenus envoyées par des organisations étatiques de tous les pays, et le nombre de demandes de communication de données privées. Ces dernières concernent essentiellement des procédures pénales, où peuvent être exigées la communication d'éléments comme l'adresse IP permettant d'identifier un utilisateur des services de Google, ou de contenus spécifiques (un accès aux courriels hébergés sur Gmail par exemple). Mais la FAQ précise qu'il peut aussi occasionnellement s'agir de demandes relevant un caractère d'urgence, hors de tout cadre judiciaire, lorsqu'il faut par exemple venir en aide à une personne en danger immédiat. Pour le moment, le service prend uniquement en compte les requêtes reçues entre le 1er juillet 2009 et le 31 décembre 2009. Il sera mis à jour en principe tous les six mois. Actuellement, la France fait partie des pays dont les organisations gouvernementales ont le moins demandé de retraits de contenus, avec moins de dix demandes enregistrées, dont un tiers n'a pas été satisfaite. Un chiffre qui pourrait exploser avec la possibilité ouverte à l'occasion de la loi sur les jeux en ligne de demander aux tribunaux le déréférencement de sites non homlogués par l'Etat. Les demandes de retrait peuvent concerner des résultats du moteur de recherche, ou des contenus hébergés par les services de Google (publicités AdWords, billets de blogs sur Blogger, des vidéos sur YouTube...). Le pays qui demande le plus de retraits de contenus est le Brésil, suivi de l'Allemagne, de l'Inde et des Etats-Unis. En revanche, la France se classe cinquième dans les demandes d'accès à des données privées. 846 requêtes ont ainsi été enregistrées sur la période à la demande de la justice ou d'administrations françaises, sans qu'aucun détail ne soit pour le moment publié par Google. Là encore, le Brésil est le champion international avec 3663 demandes, suivi de près par les Etats-Unis. La Chine n'apparaît dans aucun des deux classements. "Bien que nous ne puissions pas encore fournir plus de détails sur notre obéissance aux demandes de données d'utilisateurs de manière utile, nous avons l'intention de le faire à l'avenir", assure David Drummond, le directeur juridique de Google. A l'occasion de la publication de cette carte, Google a aussi précisé sa politique de respect de la liberté d'expression sur Internet. En ce qui concerne le moteur de recherche, "nous ne souhaitons pas être associés à une censure politique", insiste Rachel Whetstone, vice-présidente aux affaires publiques de Google. "Nous ne supprimons pas globalement de contenus de la recherche sauf dans des circonstances limitées, telles que la pédopornographie, certains liens vers des contenus protégés par le droit d'auteur, du spam, des malwares, et des résultats qui contiennent des informations personnelles sensibles comme des numéros de cartes de crédit". Le moteur de recherche obéit aussi à certaines spécificités locales, comme l'interdiction en France ou en Allemagne d'afficher des contenus pro-nazis. Cependant à chaque fois qu'un contenu est retiré, un message (situé tout en bas des résultats de recherche) le précise, avec un lien explicatif. Pour les contenus publics qu'il héberge sur ses services, Google s'autorise un certain niveau de censure auto-régulée, par exemple à l'encontre des "discours haîneux" sur Blogger ou des vidéos pornographiques sur YouTube. Là aussi certaines spécificités locales sont prises en compte. Google rappelle ainsi l'exemple de la Turquie, qui interdit toute vidéo se moquant du fondateur de la république Mustafa Kemal Atatürk. Il s'est plié régionalement à cette loi en bloquant l'accès aux vidéos concernées depuis la Turquie, mais il a refusé de supprimer ces vidéos pour le reste du blog. Ce qui lui a valu d'être bloqué en Turquie. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Google dresse une carte des requêtes gouvernementales»
Ca concerne les demandes des tribunaux ? ou bien celles des ayants droits ? parce que cela me parait etre un chiffre assez faible finalement ....
Il serait déjà sympa de ramener cela au nombre d'habitant.
Pour info, le Brésil en a 190 millions contre 60 pour la France. Sinon sont sympa Google mais à mon av is ils ont largement de quoi réduire la mise à jour de 6 mois à "instantané". Ou alors ils n'ont pas fait de base de données de ces demandes parce que ils n'en ont pas encore fait la demande à la CNIL ? Yap, le 21/04/2010 - 09:19 Il serait déjà sympa de ramener cela au nombre d'habitant.Une info qui est sur le net, elle est la pour tout le monde et chaque pays peut demander sa censure ou non. Donc d'un certain point de vue, tout les pays devraient avoir le même nombre de demandes. Je dis d'un "certain point de vue" parce que en même temps une information qui dérange une boite, c'est du pays ou est implanté cette boite que pourra venir la demande de censure. De même, les demandes liées à des renseignements sur une personne pourraient être globalement proportionnels à la population du pays. La France a toujours été le dernier pays d'Europe à respecter les droits de l'Homme et le premier à les violer.
Ca ne m'étonne même pas, ce genre de requêtes... Les demandes de retrait, c'est aussi la suppression de mots-clés en saisie semi-automatique, genre quand je tape "arnaque", GG me sort "arnaque EDF" ???
Il y avait eu un contentieux en France à ce sujet. la france est 5eme pour les DEMANDES DE DONNEES (ip etc...) et seulement 19eme pour les demandes de retrait d'informations....
Attention à pas faire d'amalgame !!! C'est une bonne initiative de Google ...
MAIS ... à quoi ça pourra bien servir ... quand on sait où va Internet avec ce que veulent en faire les Gouvernements au profit du Capitalisme mondial et des Riches de chaque pays. Sans parler du contrôle total pour les censures politiques. Google sera bientôt "La Pravda Numérique" Durant la période pendant laquelle Google a exploité google.cn en joint venture, les résultats de recherche du site étaient censurés en réponse aux demandes des organismes gouvernementaux responsables de la réglementation d'Internet. Les hauts fonctionnaires chinois considèrent les demandes de censure comme des secrets d'État. Il nous est donc impossible de divulguer les informations sur les demandes de suppression de contenu pour les deux périodes de référence comprises entre juillet 2009 et juin 2010.
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... aucun pays d'Afrique, aucun pays du proche orient...
Concernant les états unis, s'agit-il de l'addition des demandes issues de chaque état ou uniquement celles issues du gouvernement fédéral ?
Ces données sont a prendre pour ce qu'elles sont :
un outil de communication visant a présenter google comme transparent dans la gestion des données personnels et respectueux du principe de liberté d'expression.
Il ne s'agit nullement d'un outil statistique fiable...
...
Google remercie numerama de relayer gracieusement ces campagnes de communication ...