Google veut conditionner les aides internationales à un internet libre
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 25 Mars 2010 à 16h41 -
posté dans Société 2.0
![]() Google veut se montrer déterminé à combattre la censure en Chine et à l'encontre de l'ensemble des pays qui filtrent le web. Auditionné par le Congrès américain mercredi, le directeur des relations publiques de Google Alan Davidson a ainsi suggéré que les Etats-Unis cessent d'aider les pays en développement dès lors que leurs gouvernement imposent chez eux une censure d'Internet. Et pour les convaincre, il a mis la langue de bois de côté. "Il a dit que la censure était devenue plus qu'un problème de droits de l'Homme, et qu'elle entravait les bénéfices des entreprises étrangères qui se basent sur Internet pour atteindre leurs clients", raconte ainsi le New York Times. Le business sera-t-il un meilleur argument que les droits de l'Homme ? Seuls les plus naifs ou les moins cyniques pourraient en douter. Selon Google, il faut unir le maximum de forces pour faire pression sur les pays qui censurent le net. Aussi bien les entreprises que les gouvernements. La firme de Mountain View souhaite par exemple que les accords internationaux de libre-échange imposent aux Etats qu'ils ne filtrent pas Internet chez eux - alors que l'ACTA prévoit justement le contraire, en généralisant le filtrage de certains sites Internet susceptibles d'aider à la contrefaçon. Google estime qu'une quarantaine de pays actuellement censurent activement Internet, et affirme que 25 gouvernements ont bloqué Google ces dernières années. Si le gouvernement américain voulait vraiment combattre la censure, il devrait cependant commencer par condamner ses propres entreprises lorsqu'elles collaborent à la censure en vendant en toute connaissance de cause les produits et les services qui permettent le filtrage. C'est notamment le cas notoire de Cisco, qui équipe la "grande muraille virtuelle de Chine". Toute autre politique serait équivalente à de grandes déclarations d'honneur faites par le gouvernement sur la nécessité de la paix dans le monde, pendant que ses services fiscaux encaissent les impôts payés par ses vendeurs d'armes. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Google veut conditionner les aides internationales à un internet libre»
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Zergy
le 25/03/2010 à 16:44
Le business sera-t-il un meilleur argument que les droits de l'Homme ?
Quand on vois l'ACTA et l'Hadopi on en doute.On peut pas dire que Cisco collabore... sinon iptables et autres aussi, ce sont des outils qui peuvent faire ça mais qui sont pas forcément fait dans ce but.
/Cali A chacun ses valeurs pour le filtrage, les uns pour les idées les autres pour le fric. En tout cas pas de manque d'idées pour faire du fric.
Bientôt les gens vont croire que Google est une ONG caritative (pas mal de médias ont annoncés que les résultats de google.cn n'étaient plus filtrés mais une redirection vers google.com.hk entraine le franchissement de la grande muraille).
au revoir google. La firme de Mountain View souhaite par exemple que les accords internationaux de libre-échange imposent aux Etats qu'ils ne filtrent pas Internet chez eux - alors que l'ACTA prévoit justement le contraire, < c'est axactement ce que je pênsé en lisant l'autre billet haha..
Ouais s'il doit y avoir un groupement international pour défendre l'internet libre, ça doit se faire sans ceux qui pourraient en tirer partie comme Google et compagnie.
Google n'est pas une ONG caritative heureusement. Google est bien mieux que ça. On décèle bein l'ironie (j'essaie de me rassurer quoi!)nikogaug, le 25/03/2010 - 21:18 Ouais s'il doit y avoir un groupement international pour défendre l'internet libre, ça doit se faire sans ceux qui pourraient en tirer partie comme Google et compagnie.Je considère que si une commission doit prendre des décisions quand à l'avenir d'internet, elle ne pourra être juste que s'il y a des représentants de tout ce monde dedans. S'il y a seulement les particuliers, la commission ne servira à rien (tout le monde demandera du Gbit/s parallèle gratuit et illimité), si seulement les entreprises participent, c'est l'inverse, etc. Ensuite, on le voit ici, les intérêts des entreprises rejoignent parfois ceux des consommateurs : le filtrage et la censure coûtent cher, à la fois aux gouvernement qui doivent tout maintenir, et aux entreprises qui ont plus de risques dans leurs investissements. yhzarcali, le 25/03/2010 - 17:57 On peut pas dire que Cisco collabore... sinon iptables et autres aussi, ce sont des outils qui peuvent faire ça mais qui sont pas forcément fait dans ce but. /Cali Globalement, ce qui est reproché, c'est pas que les chinois utilisent du matériel Cisco, c'est que Cisco fassent des affaires avec les chinois. La subtilité n'est pas évidente, car en cas de vente de matériel, ça revient un peu au même. Dans le cas d'iptables, c'est du logiciel libre, donc une entreprise qui vendrait aux chinois iptables avec un contrat de maintenance serait tout aussi complice. Évidemment, iptables en lui même est un logiciel développé pour des choses légales, donc les développeurs ne sont pas à blâmer. Tout comme les ingénieurs de chez Cisco qui ont conçu le matériel. "Libérer la censure pour mieux cibler/analyser les consommateurs..." Belle devise pour BigBrother-Google !
Ok.
Reste plus qu'à imposer à Google de respecter la vie privée, et de faire passer justement les droits de l'homme avant ses intérêts économiques. Lugh, le 26/03/2010 - 10:24 "Libérer la censure pour mieux cibler/analyser les consommateurs..." Belle devise pour BigBrother-Google !En même temps, les Droits de l'Homme utilisés comme prétexte par les pays occidentaux pour asseoir ou conforter leur domination marchande, ça ne date pas exactement d'hier. Google ne fait que reprendre à son compte cette stratégie auparavant discrète, et la professe ouvertement, en s'adressant directement aux états, parce que sa taille le lui permet. Mais bon, ça à peu près a autant de chances de fonctionner que le système d'aides financières conditionné par des améliorations en matière de droits de l'homme... Anzufvytar, le 26/03/2010 - 10:10
Pas d'accord, vraiment pas. Tous les acteurs d'internet sont partie prenante, que ce soit les entreprises spécifiquement orientées web, les entreprises qui ont juste ouvert un site d'information, les entreprises qui sont entre ces deux extrêmes, les particuliers qui passent du temps sur internet, les personnalités, etc. Je considère que si une commission doit prendre des décisions quand à l'avenir d'internet, elle ne pourra être juste que s'il y a des représentants de tout ce monde dedans. S'il y a seulement les particuliers, la commission ne servira à rien (tout le monde demandera du Gbit/s parallèle gratuit et illimité), si seulement les entreprises participent, c'est l'inverse, etc. Oui, en effet. Mais. On a constaté à quoi pouvaient ressembler ces "commissions de concertation" en France, à l'occasion des cocasses "Accords Olivennes". Donc, que tout le monde participe soit, mais qu'un quorum soit défini pour que les particuliers, les associations et les TPE/PME aient au moins autant de poids que les FAI et les mastodontes de type Google... sinon, ce type de commissions n'est qu'une caution foireuse aux Yalta de tous genres entre états et multinationales. |
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