Hugo Chavez veut censurer Internet sous couvert de réglementation
Julien L. -
publié le Mardi 16 Mars 2010 à 11h18 -
posté dans Société 2.0
Hugo Chavez ne semble guère apprécier la diffusion de fausses informations. Mais pour résoudre ce problème, le président vénézuélien se trompe manifestement d'antidote : ce n'est pas en appelant à un filtrage généralisé des réseaux et à l'émergence d'une multitude d'Internet régionaux ou nationaux que les fausses informations disparaitront pour autant. À moins de censurer directement certains sites web...
"Internet ne peut pas être quelque chose d'ouvert où tout est dit et fait. Non, chaque pays doit appliquer ses propres règles et normes" a-t-il ainsi déclaré lors d'un discours télévisé. Citant Noticiero Digital - un site local d'actualité -, Hugo Chavez a appelé à punir la diffusion de fausses informations. En effet, Noticiero Digital avait relayé par erreur la mort d'un des ministres du gouvernement, information qui s'est révélée par la suite être fausse mais qui est restée en ligne pendant deux jours. "Nous devons agir. Nous allons demander au procureur général de l'aide, parce c'est un crime. Je dispose d'informations affirmant que ce site publie régulièrement des histoires appelant à un coup d'État. Cela ne peut pas être permis". Sauf qu'il y a un décalage évident entre le problème initial et la solution proposée pour le résoudre. C'est une chose que de vouloir punir les individus appelant à renverser un gouvernement. Cela en est une autre lorsqu'il s'agit de saisir cette affaire comme prétexte pour appeler au filtrage pur et simple du réseau des réseaux. Internet n'est finalement qu'un vaste réseau informatique. Ce n'est pas à ce niveau que la législation doit agir, mais directement au niveau des utilisateurs finaux d'Internet. En France, cette question du filtrage au niveau du réseau s'est également posée, mais pour un autre dossier : la pédo-pornographie. S'il est légitime que le gouvernement cherche à lutter contre ce phénomène, encore faut-il que les instruments utilisés soient les bons. Or, en instaurant un filtrage au niveau des fournisseurs d'accès à Internet, le risque de dérives est très important. Comme nous l'écrivions en début d'année, la meilleure façon de lutter contre ce problème est de le traiter à la source, c'est-à-dire en retirant les fichiers incriminés sur les serveurs ou en arrêtant les individus qui diffusent ou produisent ces contenus. Il est illusoire de croire que ce fléau s'arrêtera à nos frontières parce que la LOPPSI aura instauré un filtrage généralisé. Ce phénomène s'adaptera aux filtres en utilisant de nouveaux vecteurs de diffusion, rendant le travail de la police et de la justice encore bien plus difficile. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Hugo Chavez veut censurer Internet sous couvert de réglementation»
munrau, le 16/03/2010 - 19:34 dontbugme, le 16/03/2010 - 18:04 Bon, je relis l'article lentement. J'y vois deux citations de Chavez, dans lesquels il parle d'un site qui aurait fait de la diffamation, non qui a fait de la diffamation puisqu'il a mis en ligne une fausse information pendant deux jours (un peu comme TF1 en somme) et qu'il veut poursuivre en justice. C'est tout. Et ça se transforme en "Hugo Chavez veut censurer Internet sous couvert de réglementation" J'ai loupé un épisode ? Et je parie que dans quelques temps, plein de news sympas de l AFP cibleront la bolivie & le venezuela comme plaques tournantes du trafic de drogue dans la région, pour donner une excuse à un bon coup d'etat comme Obama a su le faire au Honduras. Et les bouc émissaires, ça marche à merveille pour duper les cons. Y a des fans d'Hugo Chavez comme y a des fans de Houellebecq ou d'Apple, qui perdent toute forme de mesure quand on critique leur héros. Chavez sert bien entendu de bouc-émissaire facile pour les néoconservateurs à la française qui dégobillent leurs petits éditos à longueur de journaux, et on sait combien il faut se méfier de ces éditocrates... mais Chavez a depuis longtemps donné le bâton pour se faire battre. Ses décision face à l'opposition, face à la presse, etc... ont montré depuis longtemps qu'il n'avait rien d'un grand démocrate, et qu'il cédait souvent à la facilité - soit une pente parfois clairement dictatoriale. On ne peut pas dénoncer les tendances autoritaires du sarkozysme en France et ne rien trouver à redire à Chavez, par exemple. C'est un peu mince de dire que "Chavez, comme tout homme, ne peut pas être parfait". Moui, moui. Sarko non plus, d'ailleurs. Quand on a dit ça, on n'a encore rien dit, donc. Les USA sont le premiers fournisseurs de contenu internet si c'était la Chine, ils appliqueraient la censure de façon plus draconienne.
Il ne faut pas oublier que globalement ce qui se dit par le reste du monde ne parvient pas jusqu'à nos oreilles. En France comme au USA on censure à tout va, livre, musique, chaînes de télés interdites et même site internet interdit ou contrôlé pour délit d'opinion. Tant qu'on est pas concerné on pense que tout est libre mais ça n'est pas le cas. Il y a en France un certain nombre de dispositions qui permettent à l'exécutif de faire tout et n'importe quoi sans rendre de compte à personne et notamment la censure. Continuez de croire que les méchants c'est les autres. Lisez donc ceci :
http://www.medelu.or....php?article341 ( ou l'on y apprend que même Richard M. Stallmann, recommande d'ailleurs les avancées du Venez' dans ce domaine : http://www.somoslibres.org/modules.php ?name=News&file=article&sid=650 )
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Je pose cette question parce que je me méfie un peu du traitement et de la déformation des infos concernant Chavez.
Prenons les choses dans un contexte différent, celui du gentil logiciel libre et du méchant logiciel propriétaire. Imaginons qu'un méchant logiciel propriétaire "vole" le code (c-à-d ne respecte pas la licence) du gentil logiciel libre sous pretexte que celui-ci est gratuitement accessible sur internet.
J'imagine bien les ardents défenseur d'un web libre déclarer publiquement à cette occasion que sur Internet, on ne peut pas impunément faire n'importe quoi et que les états doivent y appliquer les lois sur le respect des licences, voire qu'il serait bien de "demander au procureur général de l'aide, parce c'est un crime".
Je ne dis pas que Chavez ne veut pas imposer un filtrage ou qu'il a raison. Je dis juste que par rapport au fait que j'ai pu glaner ici et là, ce n'est pas évident ni obligé que ce qu'il ait dit implique qu'il impose un filtrage, ou même qu'il crée une nouvelle loi. J'ai plutot l'impression qu'il dit juste: "ce qu'a fait ce type n'est pas légal. Hé oui, même sur internet il y a des lois, et je vais saisir la justice" (qui est déjà complète pour gérer ce genre de cas)