Reuters rapporte que la commission européenne pourrait envoyer la semaine prochaine des critiques formelles à l'encontre de Microsoft et de Time Warner vis à vis de leur projet de prendre ensemble le contrôle de ContentGuard.

Microsoft et Time Warner ont entrepris au début du mois d’avril dernier de s’allier pour racheter la quasi-totalité des parts détenues par Xerox dans ContentGuard, une société qui possède de nombreux brevets sur les principes des DRM inclus dans le « standard » XrML. Face aux risques de renforcement de la position dominante de Microsoft dans le marché des contenus culturels, la Commission Européenne a décidé d’ouvrir une enquête approfondie qui pourrait bloquer ce projet d’acquisition.

En 1994, Xerox avait sorti la norme DPRL (Digital Property Rights Language) suite aux travaux de son ingénieur Mark Stefik, un pionnier dans le domaine. Le DRPL permet de définir les droits ou plutôt les restrictions attachées à un fichier sous forme de metatags. En 2000, Xerox décide de créer la société ContentGuard pour gérer ses activités de DRM, et Microsoft acquiert déjà une petite partie des parts. Finalement, le DPRL sera modifié pour s’appuyer sur les standards XML, et renommé XrML pour l’occasion. Aujourd’hui, le XrML est vu comme un standard possible pour les systèmes DRM, et évidemment, contrôler la société qui en détient les brevets serait un atout stratégique important.

Les deux groupes avaient notifié la Commission européenne de leur projet le 12 juillet dernier, tel que l’exige le règlement sur les concentrations. La conclusion de la première enquête préliminaire laissait déjà entendre son avis final, qui sera rendu au plus tard le 6 janvier prochain :

« En étant contrôlée conjointement par Microsoft et Time Warner, ContentGuard pourrait avoir la tentation et la capacité d’utiliser son portefeuille de [droits de propriété intellectuelle] (ses brevets, ndlrc) pour handicaper les concurrents de Microsoft sur le marché des solutions DRM. Cette acquisition conjointe pourrait également freiner le développement de normes d’interopérabilité, de sorte que le marché des solutions DRM pourrait basculer en faveur de l’actuel fournisseur numéro un, à savoir Microsoft.« .

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