Fort de ses 350 millions de membres, Facebook a le vent en poupe. Néanmoins, le réseau en fait parfois trop avec la vie privée de ses utilisateurs. Dernier couac en date, la revente (finalement annulée) d'une Vanity URL à une entreprise alors qu'elle avait déjà été réservée.

Facebook a décidément toutes les peines du monde à respecter la vie privée et les données personnelles de ses membres, alors qu’il s’agit pourtant de notions absolument fondamentales. Non content d’embaucher des lobbyistes pour combattre la vie privée, de modifier régulièrement sa politique en matière de confidentialité ou de conserver un profil même en cas de décès, voilà que le plus populaire des réseaux sociaux a dérapé ces jours-ci avec une URL nominative (Vanity URL).

Disponible depuis quelques mois, cette fonctionnalité permet de remplacer l’adresse d’un profil par quelque-chose de plus convivial et de plus facile à retenir pour l’internaute. Ainsi, au lieu d’avoir http://www.facebook.com/profile.php?id=xxxxxxxxx, l’utilisateur peut bénéficier d’une adresse http://www.facebook.com/votre.nom par exemple. C’est d’ailleurs le changement qu’a fait Harman Bajwa en choisissant http://www.facebook.com/harman, plutôt que facebook.com/profile.php?id=538612932. Rien d’anormal donc.

Or, quelques temps plus tard, Facebook a révoqué la Vanity URL d’Harman Bajwa, au prétexte que l’utilisation d’un prénom était contraire au règlement du réseau social. Sauf que d’ordinaire, cela n’a jamais posé de problème. D’ailleurs, l’un des responsables de Facebook, Mike Murphy, utilise justement une adresse  » /mike « , a souligné Techcrunch. Dès lors, pourquoi donc Facebook a décidé de supprimer un nom d’utilisateur qui est manifestement licite ?

En réalité, il s’agit là d’une affaire de gros sous, et non pas d’une quelconque violation d’un règlement. En effet, Harman Bajwa a indiqué à Techcrunch avoir reçu un e-mail d’Harman International, qui cherche à construire son identité numérique, notamment à travers Facebook. Dans la missive, Harman International explique « travailler avec Facebook pour réclamer le nom d’utilisateur« . Cependant, conscient du « désagrément » que cela pourrait causer à Herman Bajwa, l’émetteur a envoyé une demande d’ajout dans la liste d’amis, afin « d’explorer [avec l’utilisateur ndlr] d’autres pistes pour céder le nom« . Comme quelques produits offerts en guise de dédommagement.

Après lui avoir retiré, Facebook a finalement fait machine-arrière en réattribuant la Vanity URL à son premier possesseur. Cependant, cela repose la question des données personnelles que l’on peut décemment confier à une entreprise dont le modèle économique repose sur la marchandisation de la vie privée de ses membres. Ici, il ne s’agit « que » d’une URL nominative, mais comment être sûr des pratiques de Facebook désormais ?

Rappelons que Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, avait tenu des propos édifiants sur la vie privée, il y a quelques jours et rapportés par ReadWriteWeb : « depuis, ces 5 ou 6 dernières années, le blogging a explosé, ainsi qu’une multitude de services permettant aux gens de partager tout un tas d’informations. Les gens sont à l’aise, non seulement avec le fait de partager de plus en plus d’informations de tout ordre, mais ils sont également plus ouverts, et à plus de personnes. La norme sociale a évoluée ces dernières années« .

« Nous considérons que notre rôle au sein de ce système est d’innover constamment, et de nous mettre à jour pour refléter cette évolution des normes sociales actuelles. Beaucoup d’entreprises seraient emprisonnées par leur héritage et par ce qu’elles ont réalisé : procéder à un changement dans la gestion de la vie privée de 350 millions d’utilisateur n’est pas le genre de choses que beaucoup de société font. Mais nous voyons cela comme une chose importante : toujours rester dans un état d’esprit innovant, et si nous devions recommencer aujourd’hui, nous intégrerions cette nouvelle norme sociale« .

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