Voilà qui ne devrait pas arranger les relations déjà extrêmement tendues entre le gouvernement et l’opérateur télécom Free. Alors que ce dernier annonçait pouvoir faire économiser jusqu’à 1000 euros par an à un foyer de trois personnes sur la base de forfaits mobiles 3G illimités, l’Agence France Presse indique qu’elle a obtenu mercredi une copie d’un rapport du ministère de l’Economie et des Finances beaucoup moins optimiste. Selon ce rapport, Bercy ne tablerait que sur une baisse des prix de 7 % en cas d’arrivée sur le marché d’un quatrième opérateur 3G.

Une telle baisse « se traduirait par une gain de 1,224 milliards d’euros par an pour les consommateurs« , note la Direction générale du Trésor et de la politique économique (DGTPE), qui précise qu’elle entraînerait « une perte de surplus de 852 millions d’euros par an« . Une belle formulation pour dire que les opérateurs continueraient à réaliser des bénéfices, mais moins qu’aujourd’hui.

Au final, le solde pour l’économie globale serait positif de 373 millions d’euros chaque année.

Bouygues Télécom avait publiquement mis en doute la capacité de Free à tenir sa promesse, qu’il jugeait démagogique dans la perspective de son concurrent d’obtenir la quatrième licence 3G. Or d’après le rapport, il faudrait que le quatrième opérateur atteigne une part de marché de 12 % en 6 ans pour être rentable, avec une valeur de 721 millions d’euros sur 15 ans.

La capacité ou non de Free à proposer des offres réellement compétitives et disruptives sur le marché aura une importance capitale pour le dossier de délivrance de la quatrième licence 3G. C’est en effet un combat politique et de communication qui s’engage entre le gouvernement qui ne semble plus décidé à casser le triopole des opérateurs en place, et Free qui doit donc miser sur la pression populaire pour faire céder l’Elysée et les services du gouvernement.

L’autorité de régulation des télécoms, l’Arcep, doit rendre fin septembre son avis sur le dossier.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés