Le LA Times a tenté de définir la dette, colossale, de Netflix. Pour le quotidien, le géant de la SVoD trainerait un boulet financier de plus de 20 milliards de dollars. Et pourtant, personne n'est inquiet.

Netflix est engagé dans un marathon financier dans lequel il existe seulement deux issues : disparaître douloureusement ou régner en monopole. Toujours à la recherche de nouveaux fonds pour produire un volume extraordinaire de contenus, l’entreprise qui angoisse Hollywood est en fait lourdement endettée. Mais aucun de ses investisseurs ne s’en inquiète vraiment : comptant désormais 104 millions d’abonnés et affichant une croissance de 25 % en une année, la firme n’a pas failli à remplir ses objectifs.

Condamné à dépenser

Avec plus de 50 shows produits cette année, celui qui n’était qu’un livreur de DVD avant la révolution streaming est devenu une machine à dépenser. Or pour son développement et son maintien à la première place, face à des Hulu, Amazon, et plus largement face au reste du divertissement, Netflix se sait condamné à dépenser plus qu’il ne le peut.

LA Times

D’autant que les graphiques du quotidien de Los Angeles semblent corroborer le leitmotiv financier de la société : dépenser de l’argent dans de nouveaux contenus est la seule manière de gagner des abonnés.

La course ne fait par ailleurs que commencer : Netflix doit augmenter chaque année ses investissements à partir de 2016. Rien que pour cette année, nous comptons au moins 6 milliards de dollars investis dans la création de contenu. Tout va bien donc ? Si l’on s’en tient à la valeur boursière de Netflix et l’appétit des investisseurs : oui.

dépenser de l’argent dans de nouveaux contenus est la seule manière de gagner des abonnés

Néanmoins, le streaming vidéo payant ne sera pas éternellement en maturation dans un environnement instable et grouillant. Si aujourd’hui Netflix est pionnier et leader, rien ne permet de croire que ce monopole sera éternel. De fait, la croissance finira bien par ralentir et dès lors, la question de la gestion de la dette sera primordiale et pourrait se retourner contre la firme.

Aujourd’hui, la société est dans un cercle économiquement vertueux, Reed Hastings le confiait à ses investisseurs encore récemment : « L’ironie étant que plus nous grandissons, plus nous détenons des contenus originaux, plus nous tirerons sur le flux de liquidités disponible.  » C’est ce type de constat qui permet à Hastings de sereinement annoncer que sa société ne sera pas rentable avant des années.

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