Un licenciement d’une ampleur folle comme on peut l’apprendre ce 15 octobre via Variety. C’est par un e-mail au ton glacial que les co-PDG Ted Sarandos et Greg Peters ont annoncé la douloureuse nouvelle à leurs équipes chez Netflix. Les départements Produit, Technologie, Juridique et Ressources Humaines sont en première ligne de cette purge colossale.
Dans leur e-mail, les deux dirigeants assurent que « notre activité est solide et en croissance » et que Netflix reste en passe d’atteindre ses prévisions annuelles. Pour le reste de l’industrie, le signal est pourtant mauvais. Après des années d’augmentation continue des abonnements et de traque effrénée au partage de compte, le modèle économique de Netflix touche ses limites.


Une hausse des prix qui ne passe plus auprès des abonnés Netflix
Pour les spectateurs de Netflix, la pilule est d’autant plus dure à avaler que cette vague de licenciements survient après plusieurs hausses tarifaires successives. Les abonnés paient toujours plus cher, alors que la plateforme continue d’annuler des séries au bout d’une seule saison. Bloomberg relevait en juillet que de plus en plus de spectateurs abandonnent les séries Netflix après la première saison.
Wall Street ne s’y trompe pas. Malgré des revenus projetés à plus de 51 milliards de dollars pour 2026, les investisseurs s’inquiètent d’un signal d’alarme majeur : l’engagement des utilisateurs (le temps passé devant l’écran par abonné) a commencé à faiblir au premier semestre. Résultat immédiat avant la publication des résultats trimestriels, les prévisions jugées trop timides ont fait chuter l’action en bourse, poussant la direction à couper des têtes pour rassurer des actionnaires toujours plus gourmands.

La cupidité des dirigeants dans le collimateur
Pendant que 1 000 salariés perdent leur emploi à l’approche de la fin d’année, au nom d’une « discipline » dans l’usage des ressources, Sarandos et Peters ont touché chacun plus de 53 millions de dollars (environ 46 millions d’euros) en 2025. L’essentiel était versé en actions (41,4 millions) et le bonus s’élevait à environ 7 millions. C’est 255 fois la rémunération médiane d’un salarié de Netflix.
Dans le même temps, la plateforme prépare des investissements pharaoniques, comme la construction d’un gigantesque complexe de studios à un milliard de dollars sur une ancienne base militaire du New Jersey, prouvant que l’argent ne manque pas, mais qu’il est simplement redistribué au détriment du facteur humain.
Cette coupe sombre dépasse largement le simple cas Netflix, elle est le symptôme d’une industrie du streaming à bout de souffle qui ne sait plus comment croître. Après avoir essoré ses clients avec des tarifs gonflés et de la publicité forcée, le géant américain sacrifie désormais ses propres cerveaux pour maintenir des marges de profit artificiellement élevées.
Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci
Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.
Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :
- 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
- 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
- 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.
Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.
Toute l'actu tech en un clin d'œil
Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !
Un édito exclusif, un guide, une reco de lecture et l’agenda de la rédaction : c’est ce que vous trouverez tous les jeudis dans ToujoursPlus, la newsletter tech écrite par Julien Cadot. Inscrivez-vous gratuitement ici !


