Si la batterie de votre voiture électrique surchauffe et risque de causer un incendie, Stellantis a une idée : l’éjecter du véhicule. Un brevet pour un tel système a été déposé et il n’est pas sans rappeler celui d’une marque chinoise.

Les incendies de voiture électrique sont spectaculaires, dans la plupart des cas soudains, et ils font immédiatement la une des actualités, comme le drame survenu le 12 septembre 2026. Dans un tunnel de l’A13, à hauteur de Mantes-la-Ville (Yvelines), une femme enceinte et son fils de deux ans ont perdu la vie dans l’incendie de leur Cupra électrique.

S’ils restent bien moins nombreux que les incendies de voitures thermiques, ils sont plus difficiles à maîtriser. Les constructeurs mettent donc au point des systèmes pour faciliter l’intervention des secours.

Il existe ainsi des systèmes assez discrets comme le « Fireman Access » utilisé par Renault, avec des trous permettant un accès direct à la batterie pour la noyer. D’autres constructeurs explorent une piste plus radicale. Comme l’a repéré CarBuzz le 25 septembre, Stellantis a déposé une demande de brevet pour éjecter la batterie de ses voitures.

Plus de batterie, plus de problème

Le brevet a été déposé aux États-Unis le 17 septembre. Le point de départ de la réflexion est assez simple : quand la batterie d’une voiture électrique prend feu, l’intégralité du véhicule finit par partir en fumée et cela peut être fatal pour les occupants.

C’est là qu’intervient le système de Stellantis. En larguant la batterie avant que l’incendie ne se propage, Stellantis veut éviter que le feu ne gagne le reste du véhicule. Le brevet vise d’abord à sauver la voiture. Il part du principe que les occupants ont le temps de sortir, et cherche surtout à éviter que la voiture ne finisse en épave.

Le brevet d'éjection de batterie de Stellantis. // Source : USPTO
Le brevet d’éjection de batterie de Stellantis. // Source : USPTO

Dans un exemple, le document explique que « le système de déconnexion rapide de la batterie haute tension comprend un premier interrupteur de déconnexion rapide qui envoie un signal d’activation indiquant une demande de déconnexion de la batterie. Un contrôleur reçoit un signal provenant du premier interrupteur de déconnexion rapide et, en réponse au signal d’activation, envoie un signal au dispositif de découplage mécanique qui découple mécaniquement la batterie haute tension du véhicule et la déconnecte électriquement de celui-ci. »

Selon le brevet, la batterie peut être libérée de deux manières. La première utilise deux cadres, l’un fixé à la voiture et l’autre à la batterie, qui coulissent jusqu’à se séparer. La seconde repose sur « des fixations pyrotechniques » : des boulons munis d’une petite charge se brisent pour libérer la batterie.

Une voiture électrique qui roule sur la batterie 12 V

Le brevet de Stellantis ne s’arrête pas là. Une fois la batterie éjectée, comment mettre en sécurité la voiture alors qu’elle n’a plus sa source d’énergie pour son ou ses moteurs électriques ? Au sein du système, les ingénieurs ont pensé à un module de conversion permettant de commuter l’alimentation provenant de la batterie pour aller de la haute vers la basse tension.

En d’autres termes, la voiture électrique pourrait utiliser sa batterie accessoire 12 V pour ramper sur quelques mètres et s’éloigner de la batterie haute tension qui présente un risque d’incendie.

L’idée de Stellantis n’est pas nouvelle. En septembre 2025, une vidéo tournée en Chine et attribuée au Centre chinois de technologie et de recherche automobile (CATARC) montrait un Chery iCar 03 modifié qui expulsait ses batteries sur le côté, à 3 à 6 mètres, moins d’une seconde après avoir détecté un emballement thermique.

Le dispositif laisse pourtant une question de taille en suspens : la sécurité des autres usagers de la route. Chez Stellantis, la batterie tombe simplement sous la voiture, sur la chaussée. Le problème demeure, avec une batterie en feu susceptible de se retrouver au beau milieu de la route. La demande de brevet ne prévoit d’ailleurs aucun garde-fou avant le largage, comme l’obligation que la voiture soit à l’arrêt. Rien n’empêche donc, sur le papier, de larguer la batterie sur autoroute, à pleine vitesse.

Pour ce brevet, Stellantis a utilisé ce qui ressemble à une Dodge Charger dotée d’une batterie de 16 kWh d’après le document. Cependant, rien n’indique pour l’heure que le système sera intégré prochainement dans des véhicules de la marque.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Le futur n’attend pas : anticipez l’avenir des nouvelles technologies et de l’IA en lisant gratuitement ToujoursPlus, chaque jeudi dans votre boîte mail !