Facebook Pixel Hunt est un projet lancé par Mozilla, en coopération avec un média américain, pour exposer la façon dont Facebook sait ce que l’on fait sur le web, grâce à des pixels.

Traquer les traqueurs. Voilà, en résumé, quel est le plan de Mozilla pour 2022 avec sa nouvelle initiative, appelée « Facebook Pixel Hunt ». L’objectif est évident : il s’agit de chasser le « pixel Facebook » que le réseau social met à disposition des sites web pour qu’ils puissent obtenir des informations sur leurs visiteurs, mais qui sert aussi au site communautaire pour glaner des données.

Ce projet a été monté en collaboration avec The Markup, un média dont le travail a permis de documenter certaines pratiques des grandes entreprises du web, comme Google (qui est accusé de détourner de plus en plus le moteur de recherche à son profit) ou Amazon (qui est critiqué pour placer ses produits devant la concurrence, même si elle est mieux notée).

Le Facebook Pixel Hunt cible cette fois le plus important des réseaux sociaux, et plus particulièrement l’un de ses outils de pistage. Cette coopération entre Mozilla et The Markup « vise à cartographier le réseau de suivi des pixels de Facebook et à comprendre le type d’informations qu’il collecte sur les sites du Web ». La phase de collecte à proprement doit durer jusqu’à juillet 2022.

Facebook Meta
Pixels partout, tranquillité nulle part ! // Source : canva

Dans ce cadre, Mozilla prévient toutefois les volontaires : il va falloir recueillir des données de leur côté pour visualiser justement ce que voit Facebook. Il est question de collecter :

  • les données envoyées aux pixels Facebook lors de la navigation ;
  • les URL des pages web visitées ;
  • le temps passé à naviguer sur les pages ;
  • la présence de cookies de connexion Facebook dans le navigateur ;
  • une enquête à laquelle doit répondre l’internaute ;
  • les métadonnées des URL visitées (dont l’adresse complète, le temps passé sur la page et à interagir avec les médias qui s’y trouvent, et jusqu’où l’internaute a « scrollé » sur la page).

Mozilla va collecter des données, pour la bonne cause

Mozilla assure que dans ce cadre, ces données ne seront pas partagées avec des tiers. « Tous les efforts d’agrégation et d’analyse des données se feront dans l’environnement d’analyse sécurisé de Mozilla. Une fois l’analyse terminée, nous supprimerons toutes les données brutes », est-il ajouté. The Markup aura accès à ces agrégats, mais ils seront anonymisés.

Sur sa page de présentation, Facebook évoque en filigrane la capacité de suivi qu’ont ses pixels de suivi : le réseau social évoque le cas où, au moment où une personne effectue une action (ici, un achat) sur un site web tiers, le pixel est déclenché et signale l’action. C’est pour cela que Facebook est critiqué pour pister les internautes sur le web, hors de son réseau.

De son côté, Mozilla mobilise une extension dédiée, appelée Rally — mais il est inutile de l’installer pour l’instant, puisqu’elle se réserve aux internautes basés aux États-Unis. Dans les grandes lignes, l’idée est que Rally accompagne vos sessions de navigation en toute discrétion, sans vous déranger, afin de collecter les éléments qui l’intéressent pour son étude.

L’association entre The Markup et Mozilla est prometteuse, mais elle ne donnera des résultats que dans plusieurs mois, le temps d’agréger assez de données, pour que la cartographie soit assez significative pour montrer l’ampleur de ce que voit le réseau social sur le reste du net. Et peut-être, ainsi, avoir des infographies assez fortes pour interpeller le public, et le législateur.