L'association UFC-Que Choisir met en garde le public sur les chargeurs tiers destinés aux smartphones. Sur les vingt modèles testés, plus de la moitié est défaillante et pourrait mettre le particulier en danger. L'occasion de rappeler aussi ce que prévoit la loi et quelles sont les bonnes pratiques pour courir le moins de risque possible.

Quels sont les constats de l’UFC ?

L’UFC-Que Choisir a publié le 23 janvier un dossier sur le risque que les particuliers encourent en se servant de certains chargeurs tiers, à la place de celui qui est fourni avec leur smartphone — ou, plus généralement, n’importe quel autre appareil électrique. En effet, l’association a constaté des problèmes parfois très graves sur plusieurs références vendues dans le commerce.

L’association chargée de défendre les droits des consommateurs n’a pas été en mesure de tester toute l’offre qui existe en France. Elle s’est focalisée sur 20 modèles. Il ressort que seuls 4 d’entre eux sont parfaitement sûrs et au clair avec la réglementation. 5 autres ont parfois un défaut de signalisation. Les 11 restants sont considérés comme dangereux. À la suite de ces tests, l’association a alerté les autorités.

Quels sont les risques avec un chargeur de smartphone ?

Le péril le moins grave que vous encourrez à utiliser un chargeur douteux ou franchement dangereux est l’endommagement de votre smartphone. Et c’est le scénario qui vous est le plus favorable, même si cela peut aboutir à la perte d’un terminal de plusieurs centaines d’euros. Les autres risques, par ordre croissant, sont la blessure, l’électrocution et, bien sûr, le départ d’incendie au domicile.

S’il est difficile de déterminer quel poids représentent les chargeurs défectueux dans les incendies, la brigade des sapeurs-pompiers de Paris estime qu’au moins un tiers des feux sur lesquels elle intervient sont des incendies d’origine électrique. Aux Pays-Bas en 2017, la fédération des assureurs indiquait que près de la moitié des incendies domestiques est due à des appareils électroniques, et notamment des smartphones.

Quel chargeur utiliser pour un iPhone ou un Samsung Galaxy ?

Si vous avez le choix, il est recommandé de choisir le chargeur d’origine qui est fourni avec votre smartphone pour le recharger. C’est d’ailleurs le conseil que l’on peut lire au fil des pages des différentes notices — que vous lisez avec attention avant toute mise en route d’un appareil, nous n’en doutons pas — qui accompagnent les smartphones qui sont vendus dans le commerce.

Par exemple, Samsung déclare pour le Galaxy S10 que « l’utilisation […] d’un chargeur générique peut réduire la durée de vie de votre appareil ou provoquer des dysfonctionnements. Cela peut également entraîner une explosion de la batterie ». De plus, « l’utilisation d’une batterie, d’un chargeur et d’un câble incompatibles peut provoquer des blessures graves ou endommager votre appareil ». C’est le cas des chargeurs d’origine des iPhone.

En effet, un chargeur d’origine délivrera directement du courant à la bonne intensité et à la bonne tension au smartphone pour lequel il a été conçu. Certes, il est possible d’en utiliser un autre, du moment où celui-ci est de bonne qualité et coche toutes les cases des normes européennes. En effet, un bon chargeur est capable de se moduler en fonction de l’appareil. Cela dit, le temps de charge pourra peut-être être plus long (ou plus court, si votre chargeur d’origine ne propose pas la charge rapide par exemple).

L’idéel est d’utiliser le chargeur associé au smartphone pour le recharger. // Source : Unbox Therapy

Quels chargeurs tiers sont fiables ?

L’UFC-Que Choisir n’a pas eu la prétention de livrer une analyse exhaustive de toutes les références qui peuvent exister dans le commerce. L’association s’est focalisée sur 20 chargeurs tiers qui sont proposés dans le commerce (Amazon, Fnac, Rakuten, Leclerc, Darty, Auchan, Boulanger, Gifi, La Foir’fouille, etc.). Seuls 4 d’entre eux donnent pleinement satisfaction. Il s’agit des modèles :

  • Tekmee 40.448.254, vendu en boutique ;
  • Essentiel B 8003310, vendu en boutique ;
  • Homeday X-Pert 370324, vendu en boutique ;
  • Samsung EP-TA20EWE.

« Tension, fréquence, intensité du courant, référence du modèle, nom et adresse du fabricant, marquage CE, recyclage, usage en intérieur, notice explicative claire… ces chargeurs arborent un marquage et une documentation sans faille. Ils ont également passé tous nos tests de sécurité », commente l’UFC-Que Choisir. Cerise sur le gâteau, les trois premiers modèles coûtent entre 3,99 et 7,99 euros.

chargeur
Un chargeur doit comporter plusieurs mentions pour être conforme. // Source : Antoine Turmel

Cinq autres modèles sont également jugés sans danger à l’utilisation, mais l’association regrette un défaut de marquage, d’explication et/ou d’instructions de sécurité. C’est le cas d’un chargeur vendu par Apple. Le modèle AR1400 n’explique pas le symbole de la double isolation (un carré dans un autre carré) et il omet de montrer celui de l’utilisation en intérieur uniquement (une maison).

Les quatre autres modèles sont :

  • Maxxter Act-U1AC2-02V2, vendu en boutique ;
  • Re-load RL-CH-W2P0524-R, vendu en boutique ;
  • Goobay 73274 ;
  • Selecline 87040/TC3A842A, vendu en boutique.

À cette sélection, nous ajouterions deux marques au moins qui nous donnent entière satisfaction depuis des années, proposant du matériel tout à la fois fiable et robuste :

Quels chargeurs sont à éviter ?

Là encore, le travail abattu par l’UFC-Que Choisir ne couvre pas la totalité des modèles qui sont disponibles dans le commerce. Cela dit, sur les 20 tests réalisés dans un laboratoire habilité et indépendant, 11 appareils sont à écarter. Les trois premiers de la liste ci-dessous comportent « de graves erreurs de conception », tandis que les huit suivants sont même « carrément dangereux ». Passez votre chemin.

● Hoé P.K.0504/LY-SA20 ;
● Temium 4279441 ;
● Électro Dépôt 937554 ;
● Zinniaya XD35704 ;
● A1400 ;
● Comomingo XD35703 ;
● Comomingo AR-600 ;
● Joja XBA014/YHC 10-67 ;
● EP-TA20EWE ;
● ATA-U90EWE ;
● AR-600.

Vous trouvez que l’UFC-Que Choisir est trop alarmiste ? Le descriptif que l’association fait de ces appareils devrait achever de vous convaincre : « soudure insuffisante » de certains fils, mauvaise isolation, présence d’arcs électriques « effrayants », risques de départs de feu « réels », grande fragilité des appareils, absence de protection interne contre les surcharges et les courts-circuits, etc.

Chargeur défectueux brûlé
Les chargeurs de grande marque peuvent être aussi sujets à des défaillances, mais les risques sont bien moindres. // Source : José Fonseca

Comment bien utiliser son chargeur ?

Ce sont des recommandations que l’on retrouve aussi bien dans les pages des services départementaux d’incendie et de secours que dans celles des sociétés d’assurance : une fois l’appareil rechargé, partiellement ou complètement, veillez à le débrancher et à retirer le chargeur de la prise sur laquelle il était installé. Vous diminuerez le risque d’incendie, surtout si vous utilisez un modèle douteux.

Cette recommandation vaut tout particulièrement lorsque vous devez vous absenter de votre foyer ou au moment du coucher. Il peut être tentant de laisser un appareil charger toute la nuit pour l’avoir en pleine capacité le lendemain matin. Mais à moins qu’il s’agisse d’un appareil très long à charger, comme une voiture électrique, cela sollicite la batterie pour rien, à travers des microcycles de recharge et de décharge.

Et bien sûr, un chargeur est un appareil qui a tendance à chauffer. Alors on fait en sorte de ne pas le mettre en situation de provoquer un départ de feu, que ce soit sous une couette ou des draps, sur un tapis ou une moquette. En somme, on le laisse à l’air libre pour que sa chaleur se dissipe et, autant que possible, on le place de telle façon que l’on peut y jeter un œil à tout moment ou intervenir au moindre souci.

Prise électrique
Le soir venu, il vaut mieux débrancher ses appareils. // Source : Mark

Que faire d’un chargeur douteux ?

Deux chemins s’ouvrent devant vous : vous pouvez aller au plus simple et vous débarrasser de votre chargeur, si celui-ci vous semble douteux (et tout particulièrement s’il s’agit d’un des modèles brocardés par l’association). Remplacez-le alors par le modèle d’origine ou bien par un modèle recommandé.

Si vous êtes d’humeur procédurière, vous avez également la possibilité de mobiliser le droit pour obtenir un remboursement ou un remplacement du modèle. La garantie légale de conformité, consignée à l’article L217-4 et suivants du Code de la consommation, s’avère être un levier que le client peut actionner. Cette disposition, introduite en 2014 grâce à la loi Hamon sur la consommation, est appliquée depuis 2016.

Attention, une action entreprise sous ce régime n’est pas nécessairement susceptible de déboucher sur un remboursement ou un échange. Si vous souhaitez poursuivre dans cette direction, l’UFC-Que Choisir met à disposition un modèle de lettre pour que vous fassiez valoir vos droits, ainsi que diverses précisions juridiques sur la portée et les restrictions de la garantie légale de conformité.

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