Une opération impliquant plusieurs États européens ainsi que des entreprises comme Google, Twitter et Telegram a ciblé Amaq, l'organe de propagande de Daech. Des milliers de contenus ont été rendus inaccessibles.

La lutte contre l’État islamique ne se déroule pas seulement sur le terrain, avec des militaires. Elle se passe aussi sur Internet, en ciblant cette fois tout ce qui glorifie ou justifie les actes du mouvement terroriste. Et en cette fin novembre, un coup notable a été porté à la propagande de ce qu’il reste de l’organisation, avec la suppression coordonnée de plus de 26 000 contenus litigieux.

La nouvelle a été annoncée le 25 novembre par Europol, la structure qui réunit les polices des pays membres l’Union européenne. Plus spécifiquement, c’est Amaq qui était ciblé par les autorités. Il s’agit d’une structure qui cherche à se comporter comme une agence de presse, mais au profit de l’État islamique. L’opération elle-même s’est déroulée entre le 21 et le 24 novembre.

L’opération a impliqué Europol, bien sûr, mais aussi l’unité de coopération judiciaire de l’Union européenne (Eurojust), les autorités de douze pays du Vieux Continent, mais aussi neuf fournisseurs de services en ligne, dont Google, Twitter, Instagram et Telegram. Selon Europol, la messagerie instantanée est le fournisseur qui a été le plus sollicité au cours de cette opération.

Cela n’a rien d’étonnant : l’application mobile d’origine russe est souvent mêlée à des affaires de cette nature, car elle est accusée de servir de moyen de communication dans des dossiers de terrorisme. Cependant, Telegram montre à travers cette opération qu’il ne reste pas inactif face à certains échanges survenant sur son service de discussion. Sa contribution a d’ailleurs été saluée.

Par ailleurs, l’implication des fournisseurs de services en ligne dans la lutte anti-terroriste n’est une surprise. À titre d’exemple, depuis 2016, il leur est demandé d’identifier et de retirer les contenus identifiés comme faisant l’apologie du terrorisme le plus vite possible, quitte à agir pro-activement grâce des filtres et des algorithmes. En cas d’échec, des sanctions, potentiellement très lourdes, sont prévues.

L’application Telegram, symbolisée par un avion en papier.

 « Coup terrible »

Dans cette affaire, la Belgique a agit comme un chef d’orchestre. Ce sont d’ailleurs ses représentants qui ont animé la conférence de presse organisée le 25 novembre, avec leurs homologues espagnols. En effet, il s’avère qu’une arrestation a eu lieu dans le pays. L’individu interpellé est soupçonné de faire partie d’un des principaux diffuseurs de la propagande de Daech sur Internet.

L’action conduite contre la visibilité de l’État islamique, qualifiée de « coup terrible », va limiter pour un temps son influence. Reste à savoir si cela durera. En attendant, aux yeux du porte-parole du parquet belge, Daech a disparu du web grand public. « pour l’instant, pour autant que nous le sachions, Daech n’est plus présent sur Internet. Et nous verrons à quelle vitesse, le cas échéant, ils referont surface », a-t-il assuré.

Politiquement, la réussite de l’opération a été saluée au plus haut. Dimítris Avramópoulos, le commissaire européen en charge des affaires intérieures, a salué « l’excellent travail » d’Europol et Eurojust pour « perturber la propagande terroriste ». « C’est un autre exemple net de ce que nous pouvons accomplir si nous coopérons, partageons l’information et nous faisons confiance les uns aux autres », a-t-il ajouté.

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