Comme l'an passé, les acteurs du marché de la TV dégainent des téléviseurs 8K à l'IFA 2019. Mais ils n'en sont pas tous au même niveau.

L’an dernier, pendant nos balades dans les travées de l’IFA, salon berlinois dédié à l’électroménager et à la high tech, nous étions tombés sur plusieurs téléviseurs 8K, premiers modèles commerciaux hérités des prototypes de l’année précédente. Alors que la 4K a encore bien du mal à s’affirmer du coté des contenus disponibles (hors Blu-ray UHD et SVOD), les constructeurs pensent déjà à l’après. Après tout, c’est leur rôle et, pour eux, il s’agit d’une course à mener chaque année pour être le premier — et le meilleur.

Aujourd’hui, il n’y a aucun intérêt à acheter un téléviseur 8K. Pourtant, toutes les marques ou presque s’y sont mises.

Bizarrement, elles ne tiennent pas toutes le même discours quand on discute avec chacune d’elles — devant une image il est vrai bluffante (avec de la 8K native, c’est forcément très, très joli). Plus concrètement, à l’exception d’un Samsung qui semble en faire un vrai argument face à l’OLED (l’ennemi technologique propulsé par LG), on assiste à une forme d’attentisme généralisé et compréhensible. Le message serait donc le suivant : nous sommes là parce que nous savons le faire.

Samsung QLED 8K Q950R // Source : Samsung

Samsung a déjà deux pieds dans la 8K

Samsung commercialise des téléviseurs 8K depuis la fin d’année 2018. Un peu seul contre tous sur le segment très haut de gamme, il croit fermement aux 33 millions de pixels. Au point de tomber dans le trop : durant l’IFA, la firme coréenne a dévoilé une version 55 pouces de son flagship Q950R. On y voit davantage une stratégie de pénétration — baisser le prix plancher à 3 299 euros — qu’une réelle utilité pour le consommateur (des millions et des millions de pixels sur une diagonale aussi petite ?).

Samsung promet des contenus

Pour justifier cette focalisation sur la 8K, Samsung promet des contenus grâce à des partenariats avec les plateformes de diffusion Chili, The Explorers et Megogo. C’est le deuxième cité qui sera disponible en premier, avec de belles images — en 8K — de notre planète. Bref, vous regarderez une fois pour en prendre plein les yeux et puis vous repasserez sur un programme classique, au mieux en 4K. Pour la mise à l’échelle, Samsung s’en remet toujours à des algorithmes.

La 8K chez la concurrence

Pour les autres constructeurs, les choses commencent à se décanter, mais la 8K revêt moins un intérêt à court terme. Pour LG, qui sera le premier à commercialiser une télé OLED en 8K (logique puisqu’il fournit les dalles), la définition 8K ne devient un argument que pour les grandes diagonales afin de garantir une densité de pixels — ou résolution — confortable pour les yeux. Sony nous a tenu un discours similaire. Par exemple, un téléviseur 8K de 85 pouces a la même densité de pixels qu’un équivalent 4K en 43 pouces.

La définition 8K ne devient un argument que pour les grandes diagonales

Voilà pourquoi on ne trouve rien sous la barre des 75 pouces chez LG avec, d’un coté, un spécimen OLED de 88 pouces (comptez plusieurs dizaines de milliers d’euros) et, de l’autre, un téléviseur LCD Nanocell de 75 pouces (qui sera vendu 4 999 euros en France). Chez Sony, le ZG9 — LCD également — est décliné en 85 et 98 pouces, deux tailles en phase avec le discours de la multinationale japonaise. Prix d’entrée ? 16 990 euros. On notera que, là où Samsung et LG misent sur un upscaling par intelligence artificielle, Sony opte pour un traitement d’image qui travaille indépendamment sur plusieurs objets (jusqu’à 100 en même temps).

Téléviseur LCD Sony 85ZG9 // Source : Numerama

Du côté de Hisense, marque chinoise qui fait peu à peu son trou en Occident grâce, notamment, à des partenariats avec les grandes compétitions de football (Euro 2016, Coupe du monde 2018 et Euro 2020), la 8K existe grâce à la technologie ULED XD à double dalle. Dans les faits, les ingénieurs rajoutent une dalle Full HD derrière celle 8K.

À quoi sert-elle ? À filtrer plus finement le rétroéclairage pour une meilleure balance des blancs et des noirs plus profonds — qui se rapprochent de l’OLED. L’idée est d’associer le meilleur du QLED — restitution des couleurs et luminosité accrue — au meilleur de l’OLED. Pour ce téléviseur, Hisense mise sur une grande taille : 75 pouces. La disponibilité est annoncée pour 2020 en Europe.

Téléviseur OLED Philips 934 // Source : Numerama

On terminera ce tour d’horizon par Philips, qui n’avait aucun téléviseur 8K à montrer à l’IFA. La firme nous a quand même indiqué qu’elle a aujourd’hui accès à toutes les technologies. Néanmoins, la prudence reste de mise en raison du manque de contenus et du positionnement tarifaire trop élevé. Durant le salon berlinois, l’accent est mis sur la troisième génération du processeur maison P5, qui accueille une deuxième puce pour améliorer le rendu HDR (y compris Dolby Vision et HDR10+). La 8K attendra.

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