Une lettre destinée à des potentiels investisseurs en 2010 rappelle une époque où Uber était encore UberCab et n'avait que 10 chauffeurs dans tout San Francisco. L'entreprise en compte aujourd'hui 3,9 millions.

« UberCab, c’est un chauffeur privé pour chaque personne ». Voilà comment se présentait l’entreprise que l’on connaît aujourd’hui comme la plus grande plateforme de mise en relation entre clients et chauffeurs de VTC. Uber signera son introduction en bourse ce vendredi 10 mai 2019 pour une valorisation d’environ 82 milliards de dollars.

Il y a dix ans pourtant, l’entreprise était loin de viser cet objectif. En mai 2010, elle lance une application en beta avec « 10 chauffeurs qui font plus de 10 courses par jour », qui travaillent uniquement «  le week-end en soirée », décrit-elle dans une lettre qui servait de pitch aux investisseurs, obtenue par Yahoo Finance et partagée dans un article du 9 mai.

Aujourd’hui, l’entreprise a 3,9 millions de chauffeurs.

La vue depuis l’application Uber. // Source : Uber

« Avec un seul clic ou un seul SMS, les utilisateurs pourront avoir accès à leur propre limousine »

« On résout le problème de manque de taxis avec des voitures privées à la demande qu’on réserve par SMS via iPhone » décrivait Uber, alors UberCab (depuis, l’entreprise a dû retirer le nom « Cab » qui signifie taxi). « Avec un seul clic ou un seul SMS, les utilisateurs pourront avoir accès à leur propre limousine qui les attend dans les 5 minutes. »

À l’époque, Uber était censé être un service de luxe : un trajet en Uber Cab coûtait en moyenne 1,5 fois plus cher qu’en taxi. C’était avant que le service ne grandisse, et qu’Uber gagne très rapidement en valorisation. En octobre 2010, Travis Kalanick, le CEO de l’époque, a réussi à lever 1,25 million de dollars auprès d’investisseurs reconnus, et ce malgré les plaintes répétées des entreprises de taxis et de San Francisco, qui n’avait pas appréciée de voir ce système se mettre en place sans avoir été consultée.

Uber a ensuite continué à grandir avec le même mélange de croissance exponentielle et de polémiques, que ce soit au niveau des valeurs sexistes de l’entreprise (Kalanick a dû démissionner en 2017), des procès pour vol de secrets technologiques, des programmes espions pour surveiller la concurrence ou encore un autre capable de tromper la police.

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