Se laver les dents en deux fois 5 secondes, voilà un rêve de flemmard. L'entreprise Y-Brush prétend y répondre avec une brosse à dents qui brosse toutes les dents à la fois.

Quand Y-Brush a contacté la rédaction pour nous parler du lancement de leur financement participatif, notre réaction a été mitigée : la brosse à dents proposée par ces Lyonnais ressemblait fort aux concepts dont tout le web s’est moqué et, sans pouvoir la tester, nous ne pouvions pas diriger nos lectrices et lecteurs vers un produit que nous ne connaissions pas. De plus, d’autres marques, principalement des distributeurs chinois, ont lancé un assaut sur le marché du brossage de dents en dix secondes à grand renfort de publicités sur les réseaux sociaux, ce qui donne à la technologie un côté gadget qui ne colle pas à notre idée de la santé et de l’hygiène.

Et pourtant, ce serait dommage de condamner un concept entier parce que le web en rigole. Après tout, la promesse d’un brossage de dents complet, efficace et de qualité en 5 secondes a de quoi nous faire rêver. Le principal frein à un bon brossage reste le temps qu’il faut y passer (2 minutes, c’est long quand le moindre film Marvel demande 3h de notre temps) — vient ensuite la technique, qui n’est nullement la chose la mieux du monde partagée. Tous ces problèmes semblent résolus par la brosse Y-Brush, imaginée tout autant avec l’efficacité que le confort en tête.

Base vibrante, brosse à poils

Avec ses concurrents, elle partage une base vibrante qui tient dans la main. Jusque-là, rien de bien sorcier, même s’il faut s’assurer que les vibrations passent bien du moteur à la brosse. Mais tout l’avantage de Y-Brush par rapport aux autres modèles se situe dans la brosse elle-même. Contrairement aux brosses chinoises et au modèle autrichien Amabrush, elle est complètement souple pour s’adapter à la mâchoire et aligne des poils à la place de petits pics en silicones.

D’après les fondateurs de Y-Brush, c’est tout ce qui compte : les poils des brosses à dents manuelles ou électriques entourent mieux les dents que les tentacules de silicone et surtout, sont beaucoup plus sensibles aux microvibrations. Chaque pack contient ici 200 poils semi-rigides qui viennent vibrer sur les dents pour les laver. Le kit à 109 € doit se compléter d’un embout brosse à changer tous les 6 mois, coûtant 20 €. Cher, mais honnête par rapport à une brosse à dents électrique haut de gamme.

La base vibrante // Source : Louise Audry pour Numerama

À l’usage, pour qui utilise une brosse à dents équipée d’un moteur plutôt violent comme les Oral-B, la sensation de Y-Brush est étonnante. On a en effet l’impression que le brossage n’a pas du tout été fait, alors que les vibrations sont bien présentes. C’est parce que l’entreprise lyonnaise a plutôt choisi l’approche Sonicare de Philips, bien plus douce, mais tout aussi efficace : au lieu d’un moteur faisant faire des va et viens à la Oral-B, les microvibrations s’occupent de brosser. Côté Y-Brush, on doit donc mettre l’appareil dans la bouche, appuyer sur le bouton (3 modes de vibration) et machouiller pendant 5 secondes. On retourne l’appareil, on machouille 5 secondes pour les dents du bas… done, comme on dit au pays des startups. L’effet bouche propre est bien là, même si on reconnaît avoir eu par deux fois un petit réflexe nauséeux au bout de 5 secondes.

La brosse en elle-même // Source : Louise Audry pour Numerama

Comme toutes les dents sont lavées intensément et en même temps, rien ne sert de répéter l’opération : on a l’équivalent d’un brossage parfait dès le premier essai et trop insister risque de faire saigner les gencives. Après le brossage, on ne peut que reconnaître que l’opération est efficace. Le dentifrice accroche un peu aux poils pour le lavage et l’objet, une fois posé et dégoulinant, n’est pas très plaisant à regarder, mais il faut reconnaître qu’il a fait ce qu’on lui demandait : laver les dents en 10 secondes.

Et au-delà du grand public, que Y-Brush espère séduire, l’entreprise a déjà prouvé l’utilité de son concept avec succès auprès des populations qui en ont besoin à un niveau médical : personnes âgées et handicapées, qui, dans les hôpitaux, utilisent déjà la version dispositif médical de cette brosse à dents d’un nouveau genre.

Brosse et base (l’adaptateur ne sera plus présent dans la version finale) // Source : Louise Audry pour Numerama

Reste à voir si le public français se laissera séduire.

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