Soutenue par le régulateur des télécoms, l'application Wehe permet de vérifier le respect de la neutralité du net.

En France, il est admis que la neutralité du net est plutôt respectée par les opérateurs. C’est ce qu’ont expliqué deux spécialistes du sujet lors de leur passage sur France Culture en décembre 2017, Sébastien Soriano, le président de l’autorité de régulation des télécoms, et Benjamin Bayart, un ingénieur spécialiste des réseaux et cofondateur de la Quadrature du Net, une association très vigilante sur ce dossier.

Wehe, l’appli dédiée à la neutralité du net

Pour autant, il convient de rester attentif. En la matière, le travail des associations et du régulateur des télécoms est essentiel. Mais il est aussi possible de surveiller la situation à son niveau, par exemple avec Wehe, une application disponible sur Android et iOS. Celle-ci sert en effet à détecter un éventuel bridage d’un flux Internet. Un outil que soutient l’Arcep, justement.

Le régulateur explique avoir apporté son expertise à l’université américaine Northeastern, qui est à l’origine de Wehe, pour fiabiliser la qualité des détections en réduisant le nombre de faux positifs mais aussi pour ajouter des règles pour identifier les cas d’inspection des paquets en profondeur (Deep packet inspection), une méthode très décriée qui analyse le contenu des flux Internet.

Wehe
Le principe général de Wehe. // Source : Arcep

Outre l’appui technique, l’Arcep a participé à l’hébergement de Wehe en France, mais aussi son adaptation à la situation locale, sa traduction et l’ajout de plusieurs fonctionnalités. Il est fait mention d’un tableau de bord de suivi des statistiques en France et la possibilité de signaler des éventuelles anomalies à l’Arcep,  sur le modèle de ce qui est déjà proposé avec la plateforme J’alerte l’Arcep.

Wehe «  s’inscrit dans la démarche globale de régulation par la donnée et de crowdsourcing de l’Arcep », explique l’autorité administrative. Il offre à chacun et chacune la possibilité de «  contribuer à la neutralité du net », en vérifiant à leur niveau d’éventuelles pratiques de bridage de flux. Ce travail se fait en comparant deux flux, l’un en clair et l’autre chiffré, afin de voir s’il existe des écarts dans le traitement.

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