Facebook offre aux publicitaires des catégories d'utilisateurs, définies selon leurs centres d'intérêt. Parmi elles, les internautes croyant au « génocide blanc ».

Parmi les catégories d’utilisateurs que Facebook établit à destination des publicitaires, il y a les gens qui aiment le golf, ceux qui raffolent des chats… Et puis, ceux qui croient  au mythe du « génocide blanc », révèle The Intercept dans une enquête publiée vendredi 2 novembre.

Facebook propose aux publicitaires des catégories d’utilisateurs à cibler. // Source : Capture d’écran / Numerama

Ces révélations interviennent seulement quelques jours après la tuerie antisémite de Pittsburgh, aux États-Unis, perpétrée le 27 octobre. Onze personnes y ont été tuées par Robert Bowers, un suprémaciste qui pensait que les juifs préparaient un « génocide blanc ».

L’idée d’un tel complot a largement été réfutée par des spécialistes. Pourtant, comme le montre l’actualité récente, certains continuent à y croire. Si Robert Bowers semblait préférer le réseau social Gab que Facebook, il semblerait que des utilisateurs de ce dernier partagent ses idées. En tout cas suffisamment, pour que la plateforme fasse d’eux une catégorie pré-définie d’utilisateurs à destination des publicitaires.

Une catégorie aussitôt supprimée par Facebook

En voulant tester le système de ciblage publicitaire de Facebook, le média The Intercept s’est vu proposer cette catégorie. Elle était, expliquent-ils, composée de 168 000 utilisateurs, définis comme « des personnes ayant exprimé un intérêt ou liké des pages relatives aux théories conspirationnistes du génocide blanc  ».

Après avoir été contactée par les journalistes, Facebook a rapidement supprimé cette catégorie, a présenté ses excuses, et a expliqué que cela ne se reproduirait plus.

En septembre 2017, le site d’investigation ProPublica avait déjà trouvé des catégories d’utilisateurs problématiques, comme les personnes « détestant les juifs », sélectionnées parmi les utilisateurs aimant des sujets de type « comment brûler les juifs » ou « pourquoi les juifs ruinent le monde ». Déjà à l’époque, le réseau social avait promis de faire des efforts afin d’éviter l’apparition d’autres catégories à caractère antisémite.

D’autres critiques avaient aussi été émises à l’encontre du réseau social, accusé de permettre à des publicitaires de discriminer des groupes de personnes en fonction de leur couleur de peau ou leur genre. Suite à cela, Facebook avait restreint ses catégories de ciblage publicitaire.

À lire sur Numerama : Ciblage publicitaire  : ce que Facebook a vraiment restreint

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