Ces dernières semaines, le développement de la conduite autonome a pris du plomb dans l’aile en raison d’accidents tragiques. À tort ou à raison, dans les sondages, l'opinion publique doute.

Fin 2017, 63 % des Américains avaient peur de s’installer dans une voiture autonome pour effectuer un trajet. Aujourd’hui, cette statistique, déjà peu ronflante, est passée à 73 %. Le développement technologique et la multiplication des tests devraient rassurer. Mais des accidents mortels très récents sont venus ternir l’image du véhicule capable de se passer d’un humain pour rouler.

Il y a d’abord eu une piétonne fauchée par une voiture Uber. Puis un ingénieur Apple s’est crashé avec son Model X alors que l’Autopilote était engagé. Ces deux faits divers arrivés coup sur coup ont visiblement eu un impact sur l’opinion publique à en croire une étude réalisée par AAA et partagée par The Verge dans un article daté du 22 mai 2018.

La conduite autonome ne rassure personne

Autre preuve que les gens ont peur de la voiture autonome : 63 % des personnes interrogées ne se sentiraient pas en sécurité si elles partageaient la route avec un véhicule de ce type, à pied ou à vélo. En tout, ce sont 1 014 adultes qui ont répondu aux sollicitations de AAA, articulées autour de trois questions posées durant la première semaine du mois d’avril : «  Est-ce que les conducteurs américains sont à l’aise à l’idée de prendre part à un trajet dans une voiture 100 % autonome ? Est-ce que les conducteurs américains sont à l’aise à l’idée de marcher ou rouler à vélo à côté d’une voiture autonome ? Est-ce que les conducteurs américains veulent des technologies de conduite semi-autonome dans leur prochain véhicule ? »

À l’arrivée, seul un Américain sur cinq ferait confiance à une voiture autonome, sachant que les femmes sont plus effrayées que les hommes (83 % contre 63 %). Les millennials, qui sont au fait des nouvelles technologies, ont beaucoup plus peur qu’avant (64 % contre 49 % fin 2017).

Difficile de ne pas voir un lien de cause à effet entre les tragédies récentes et ces résultats très défavorables. Difficile, aussi, d’en vouloir aux gens qui prennent peur en lisant dans les journaux qu’une technologie censée être plus sûre peut quand même tuer. « Cette technologie est très nouvelle et tout le monde l’observe de très près  », souligne AAA, insistant par ailleurs sur la responsabilité des médias. C’est aussi la preuve que la conduite autonome a encore beaucoup de chemin à parcourir avant de lever les freins légitimes.

Aussi sûre soit-elle, dans les faits, par rapport à la conduite humaine, bien plus dangereuse et meurtrière.

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