Uber fera appel à des industriels pour concrétiser son projet de transport aérien. Cinq sociétés sont actuellement engagées dans un partenariat avec le spécialiste du VTC.

Qui a dit qu’une société de transport comme Uber devait se contenter de circuler sur le plancher des vaches ? Si l’entreprise américaine est d’abord connue pour son outil de mise en contact avec des conducteurs de voiture, elle a aussi dans ses cartons des projets beaucoup plus futuristes. Et aériens.

Une présentation a justement eu lieu ces jours-ci lors de l’évènement Elevate, à Los Angeles.

À cette occasion, Uber a dévoilé son dernier prototype de « taxi volant », qui est plus exactement un aéronef à décollage et atterrissage verticaux. Dans les faits, il s’agit surtout d’une sorte d’hélicoptère se reposant sur quatre hélices horizontales pour lui permettre de s’élever dans les airs et d’une cinquième, orientée verticalement, qui a pour mission de faire avancer l’engin.

Capable d’atteindre l’altitude de 600 mètres, l’appareil peut aussi gérer un cas de figure dégradé si l’une des quatre hélices servant à maintenir l’engin dans le ciel ne répond plus. Dans ce cas de figure, l’aéronef opère un atterrissage d’urgence dans une zone dégagée, sur la terre ferme. Fonctionnant à l’électricité, ce projet est censé voir le jour en 2023, à supposer que la technologie et la réglementation suivent.

Mais tout comme ce n’est pas Uber qui construit ses propres véhicules pour son offre de VTC, ce ne sont pas ses ingénieurs qui se chargeront de fabriquer cet hélicoptère futuriste. Cette tâche sera confiée à des sociétés tierces, si elles sont capables de tenir les exigences techniques du projet et qui peuvent l’industrialiser pour produire des milliers de véhicules.

Pour l’heure, cinq sociétés ont signé un partenariat avec Uber :

Il s’agit de Karem Aircraft (une société américaine dont le fondateur est considéré comme le pionnier des drones), Embraer (un constructeur aéronautique brésilien), Pipistrel (un constructeur aéronautique slovène), Aurora Flight Sciences (une société spécialisée dans la recherche aéronautique, filiale de Boeing depuis fin 2017) et Bell (une compagnie canadienne spécialisée dans la fabrication d’hélicoptères).

Les projets d’Uber en matière de transport aérien ont déjà quelques années. En 2016, le responsable produit chez l’entreprise publiait un document qui démontre, selon lui, les avantages d’une circulation par les airs pour raccourcir les temps de trajet. Un an plus tard, une coopération a été annoncée avec l’agence spatiale américaine pour élaborer un outil capable de gérer les itinéraires des aéronefs.

Avec ces annonces, Uber s’offre une parenthèse dans un contexte difficile : en effet, le groupe traverse une période délicate du fait de l’accident mortel causé par l’une de ses voitures autonomes, lors d’un test. Or, les dernières actualités montrent que la collision n’est pas liée à un défaut de vision, mais à une insuffisance du système de bord, qui a classé la piétonne comme un faux positif à ignorer.

Mais c’est aussi pour Uber l’occasion de se faire un peu de publicité et de revenir dans la course à la voiture volante, un domaine qui connaît une certaine attention médiatique depuis plusieurs mois, alors que de grosses entreprises et de puissants entrepreneurs commencent à abattre leur jeu dans ce domaine ; c’est le cas d’Airbus qui prend de sérieuses options avec Vahana ou du cofondateur de Google.

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