Alpha Electro fait son petit chemin outre-Atlantique. L'aéronef slovène, entièrement électrique, parvient à séduire l'Amérique du Nord et même l'Australie, où il a reçu l'autorisation de voler.

Après l’abandon du projet E-Fan par Airbus, la motorisation électrique semblait bouder la navigation aérienne. C’était sans compter sur l’Alpha Electro, un petit avion biplace faisant une jolie percée dans le domaine.

L’aéronef vient de recevoir sa certification de navigabilité par la Federal Aviation Administration, aux États-Unis, où il lui est donc désormais possible de voler. Les premiers Alpha Electro américains ont rejoint le programme d’aviation durable de Fresno (Californie).

Cependant, les États-Unis ne sont pas les seuls à avoir autorisé l’Alpha Electro sur leur domaine aérien. La Transport Canada Civil Aviation (TCCA), au Canada, a également certifié l’avion en le classant dans la catégorie des avions ultralégers de type évolué. Le 2 janvier 2018, l’Australie faisait décoller l’Alpha Electro pour la première fois dans le sud du pays après certification de la Australia’s Civil Aviation Safety Authority (CASA).

En France, l’Alpha Electro est déjà en phase d’essai. Dans un communiqué de presse du 24 mars 2018, la Fédération Française Aéronautique (FFA) se serait déjà portée acquéreuse d’un premier exemplaire et aurait pris une option sur deux autres machines. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) et la Direction générale de l’Aviation civile (DGAC) ont travaillé de concert pour que l’Alpha Electro soit autorisé à voler.

Il est présentement en phase de mise en exploitation chez Finesse Max, à Haguenau en Alsace. Dans le cadre de son Fab’Lab (programme destiné à évaluer l’utilisation d’un avion électrique), la FFA forme actuellement les premiers instructeurs à Toussus-Le-Noble.

Un avion d’école

Ce deux places à propulsion électrique a été conçu en partie par Siemens et développé par un constructeur slovène, Pipistrel, et se décrit comme un avion d’école. Économe, l’avion affirme coûter moins de 3 dollars par vol et est beaucoup plus silencieux que ses congénères à essence. Il a été présenté pour la première fois au salon de l’ULM en 2014, à Blois, où son prototype s’appelait encore Wattsup. Le projet a également reçu un financement de la part du programme de recherche et d’innovation de l’Union européenne, Horizon 2020.

L’Alpha Electro est capable de voler 1 heure, plus 30 minutes de réserve. Ses batteries peuvent être rechargées rapidement, 45 minutes, pour une utilisation totale d’approximativement 1 000 heures effectives de vol.

« Avec le coût grandissant de l’essence, il est temps de repenser la formation des pilotes. Notre solution est le premier avion d’entraînement tout électrique,  » déclare Ivo Boscarol, CEO de Pipistrel. Il y a encore un peu de chemin à faire : au Canada, l’avion n’est pas encore utilisé en formation (la faute à sa classification) mais limité à l’usage personnel.

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