Que Brian Acton appelle à supprimer Facebook ne devrait surprendre personne. WhatsApp est un OVNI dans l'écosystème de Menlo Park et son fondateur est désormais aux commandes de la Signal Foundation.

En 2014, Facebook rachète WhatsApp pour 19 milliards de dollars. En 2017, Brian Acton, fondateur de WhatsApp qui a travaillé sous la bannière Facebook pendant 3 ans quitte la compagnie. En février 2018, il annonce rejoindre la Signal Foundation, fondation créée pour soutenir la mission de la messagerie chiffrée Signal et financée en partie par le pactole ramassé par Acton lors du rachat par Facebook. En mars 2018, en pleine débâcle Cambridge Analytica, celui qui doit être désormais présenté comme l’un des piliers de la Signal Foundation tweete un #deletefacebook.

Vu par ce prisme, ce qui pourrait passer pour un acte inconsidéré de rébellion contre celui qui l’a racheté n’est rien d’autre qu’une suite logique et un axe de communication parfaitement cohérent. Il faut rappeler, par exemple, que WhatsApp, même possédée par Facebook, est l’une des applications de messagerie instantanée les plus utilisées au monde et qu’elle propose à ses utilisateurs du chiffrement de bout en bout par défaut à ses utilisateurs. Sous l’impulsion d’Acton, WhatsApp est devenu un OVNI dans les possessions de Facebook, mais un OVNI sécurisé qui participe d’une autre stratégie de développement du géant du web, fondée sur les applications de messagerie.

On ne s’étonne donc pas quand Acton rejoint la Signal Foundation et injecte 50 millions de dollars dans cet organisme nouvellement créé. La mission de la fondation est claire : elle doit pousser les initiatives visant à promouvoir le chiffrement des communications et la confidentialité des données. Quand on regarde dans le miroir et qu’on voit la carrière d’Acton, ingénieur de formation, on ne peut que se dire que le message publié sur Twitter est parfaitement cohérent avec ce qu’il défend. Aujourd’hui, Acton est au service d’une autre cause et aurait tort de se priver d’un coup de communication pour la servir.

Partager sur les réseaux sociaux