Un ingénieur d’OpenAI affirme que GPT-6 Astra a terminé « I’m Not a Robot », le jeu de captchas de neal.fun. Soit une machine qui réussit haut la main un test inventé pour démasquer les machines.

Il y a les benchmarks d’intelligence artificielle que l’on voit à longueur d’année, à chaque fois qu’un nouveau modèle pointe le bout de son nez. Et puis il y a aussi les bancs d’essai plus informels, et un peu moins rigoureux sans doute, qui apparaissent aussi parfois. Mais ces challenges, malgré leurs limites, permettent d’illustrer autrement les progrès des IA.

Ce 7 septembre 2026, un exemple de ce type vient justement d’apparaître sur le réseau social X. L’ingénieur Sharif Shameem, membre de l’équipe Labs d’OpenAI, a mis en ligne une vidéo de 4 minutes qui met en scène le tout dernier modèle maison de l’entreprise derrière ChatGPT : GPT-6 Astra, qui a été présenté le 3 septembre.

« Astra a réussi à venir à bout des 48 niveaux du jeu I’m Not a Robot » lit-on dans le message. Pour qui n’a jamais perdu un après-midi dessus, I’m Not a Robot est une création de Neal Agarwal, le développeur derrière neal.fun, un site qui collectionne les petites expériences en ligne – comme lancer un astéroïde contre la Terre ou explorer le fond des océans.

Sorti en septembre 2025, le jeu est évidemment devenu viral, comme les autres, avec ses vidéos de solutions à plus de 100 000 vues et ses adeptes de speedrun, avec des temps de quelques minutes à peine. Le principe tient en une phrase : enchaîner 48 captchas de plus en plus tordus pour prouver qu’on est humain, et certainement pas un robot.

Un robot qui coche « je ne suis pas un robot »

Bien sûr, tout le sel de cette histoire tient dans le nom du jeu : un captcha, c’est ce petit test qui vous fait cocher une case ou repérer des feux tricolores sur une image avant de valider un formulaire ; sa seule raison d’être, c’est de séparer les humains des programmes automatisés, afin d’autoriser l’accès aux premiers et tenir les seconds à distance.

Certains de ces captchas s’avèrent cependant ardus à décrypter, même pour un humain. Et Neal Agarwal s’est amusé à pousser l’idée jusqu’à l’absurde : on démarre par une simple case à cocher, puis il faut garer une Waymo au clavier, disputer une partie d’échecs, taper du texte qui tourne en 3D et suivre des jeux de rythme. Bref, ça devient vite horrible.

Source : Capture d'écran
Le site Neal.fun. // Source : Capture d’écran

Naturellement, apprendre qu’une IA a validé les 48 niveaux de I’m Not a Robot, dont la fameuse case « je ne suis pas un robot », a donc quelque chose de savoureux. D’aucuns diront sans doute que cela a aussi un petit quelque chose de perturbant, car cela souligne les facultés des IA actuelles pour interpréter ce qui se passe à l’écran, et agir sur la page.

Astra, le modèle qu’OpenAI jugeait déjà trop doué

GPT-6 Astra est le nouveau modèle vedette d’OpenAI, qui vient succéder à GPT-5 (et aux versions annexes GPT-5.1, GPT-5.2, GPT-5.3; GPT-5.4 et GPT-5.5). C’est aussi celui dont l’entreprise disait, cet été, qu’elle ne pouvait pas exclure qu’il ait atteint le seuil de risque le plus élevé de son référentiel, notamment sur le terrain du piratage.

Ce succès n’a d’ailleurs rien d’un hasard. OpenAI présente justement Astra comme son meilleur modèle pour l’« usage de l’ordinateur » : naviguer sur le web, déplacer un curseur, remplir un formulaire en ligne ou dépanner un problème repéré à l’écran, à la place de l’utilisateur. En somme, cocher des cases et déchiffrer des captchas correspond très exactement à ce pour quoi il a été entraîné.

Pour le grand public, Astra n’est pas encore accessible partout. OpenAI a lancé le modèle le 3 septembre 2026 par étapes : d’abord un cercle restreint d’organisations, avant une ouverture progressive aux abonnés ChatGPT Plus, Pro, Business et Enterprise, ainsi qu’aux développeurs via son API. Ses capacités les plus sensibles côté cybersécurité restent, elles, verrouillées derrière un accès contrôlé.

À côté de ça, la réussite d’un jeu de captchas relève plutôt de l’anecdote.

Différents types de Captcha à travers le temps // Source : NextCaptcha
Différents types de Captcha à travers le temps // Source : NextCaptcha

Reste que celle-ci pointe une tendance de fond : les captchas résistent de moins en moins aux IA. Dès 2025, on pouvait observer que ChatGPT venait à bout de certains captchas classiques. Depuis, les modèles ont progressé à toute allure et les différentes entreprises ont développé des systèmes qui ne se retrouvaient plus bloqués bêtement par une case à cocher.

Faut-il s’en inquiéter ? Pas pour ce jeu, qui reste une blague de développeur imaginée pour amuser la galerie. Mais le mouvement dépasse largement ce jeu : des géants de la tech comme Google et Cloudflare ont commencé à travailler sur d’autres systèmes de vérification pour compliquer la tâche des IA, soit en analysant le comportement de l’internaute, soit en lui demandant davantage d’efforts.

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