Et si le futur d’OpenAI n’était pas ChatGPT ? Le 16 juin 2026, à la veille de l’ouverture du salon Vivatech, plusieurs cadres d’OpenAI se sont rendus en France pour une conférence consacrée au futur de l’intelligence artificielle. GPT-5.5, la voix, les entreprises, les usages en Europe… De nombreux sujets ont été évoqués. Mais la vraie star de la présentation était Codex.
Longtemps présenté comme un outil pour développeurs, Codex devient peu à peu la « super-app » d’OpenAI. Le créateur des modèles GPT veut faire de Codex l’application qui permet à ses modèles d’agir concrètement, quand ChatGPT se contente de répondre à des questions. Son objectif ultime est de convaincre ses utilisateurs de se convertir à Codex peut créer des « missions » en manipulant un ordinateur, en accédant à des services en ligne et en travaillant en arrière-plan au service de ses utilisateurs.

De nombreuses nouveautés arrivent pour Codex en Europe
Aujourd’hui, Codex est tout petit par rapport à ChatGPT. Alors que le chatbot flirte avec le milliard d’utilisateurs chaque semaine, Codex tourne seulement autour de 5 millions d’utilisateurs hebdomadaires. Une base multipliée par 4 en seulement un an… et qui pourrait exploser dans les prochains mois. OpenAI constate que seuls 20 % des usages de Codex viendraient aujourd’hui de non-développeurs, mais se dit convaincu que le grand public va bientôt découvrir l’outil.


La grosse nouveauté annoncée par OpenAI concerne l’Union européenne. Plusieurs fonctions de Codex, jusqu’ici bloquées pour des raisons réglementaire, arrivent enfin en Europe, au Royaume-Uni et en Suisse :
- Computer Use : Codex peut désormais utiliser des applications macOS et Windows en voyant l’écran, en cliquant et en tapant à la place de l’utilisateur. Codex devient ainsi capable d’utiliser n’importe quelle application, y compris si OpenAI n’a pas de contrat avec son développeur. Peter Steinberger, le patron d’OpenClaw, a d’ailleurs blagué sur scène en expliquant que « tout était open source avec Codex ».
- Une extension Chrome : Codex peut travailler dans le navigateur Chrome en ayant conscience des onglets ouverts par l’utilisateur. La force de Codex est que tout se fait en arrière-plan : l’utilisateur peut faire autre chose, sa souris reste disponible.
- Memories : Codex peut retenir des préférences, des workflows récurrents, des stacks techniques ou des conventions propres à un projet. En Europe, la fonction est désactivée par défaut, ce qui oblige l’utilisateur à l’activer manuellement.
- Chronicle : cette fonction, encore en bêta pour les abonnés ChatGPT Pro sur macOS, permet à Codex de construire des souvenirs à partir du contexte récent affiché à l’écran. L’outil peut imiter la manière de travailler d’un utilisateur.
Avec ces fonctions, Codex devient un peu plus proactif. Il devient une sorte de poste de pilotage pour agents avec des commandes comme /task pour définir un objectif et laisser l’IA se débrouiller seule, y compris pendant plusieurs jours. OpenAI élimine peu à peu l’aspect conversationnel des modèles GPT : c’est Codex qui fait la conversation.
Codex peut aussi être piloté à distance depuis un smartphone grâce à son intégration dans l’application ChatGPT sur iOS et Android. On lance une tâche sur son ordinateur, puis on peut la surveiller depuis son téléphone.
Codex, bientôt la super-application OpenAI pour tout écraser ?
OpenAI n’a pas encore détaillé publiquement sa feuille de route complète mais l’entreprise parle d’une « super-app » qui réunirait Codex et ChatGPT. À terme, l’application pourrait aussi bien gérer du code que des conversations personnelles, de la recherche, des documents, des tâches professionnelles ou des projets créatifs. Cette super-app pourrait arriver plus tard en 2026 et transformer ChatGPT en un outil différent de Claude ou Gemini.
Pour séduire les non-développeurs, OpenAI a donné plusieurs exemples qui dépassent largement le code. Codex peut préparer un brief quotidien en lisant les mails et l’agenda, peut anticiper des résultats sportifs comme la Coupe du monde, retrouver des documents perdus dans les archives de Windows ou macOS ou interroger plusieurs services connectés pour imiter votre workflow quotidien (on peut lui demander d’analyser ce que l’on fait beaucoup, l’analyse de l’écran lui permet de le dire).
Une logique très différente de ChatGPT, où l’utilisateur pose une question, attend une réponse, corrige, précise et relance. Dans Codex, OpenAI veut que l’utilisateur formule un objectif final : l’outil s’occupe du reste.

Longtemps distancé chez les développeurs par Anthropic et Claude Code, OpenAI est redevenu central chez les développeurs de la Silicon Valley grâce aux nouveautés de Codex et à ses modèles spécialisés dans le code. L’entreprise sait qu’elle a un coup à jouer ici : tout le monde fait des chatbots mais, comme le prédit Satya Nadella de Microsoft, celui qui aura le meilleur écosystème gagnera.
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