La course à l’entraînement des LLM se joue sur tous les fronts.
Selon une enquête de WIRED, parue le 29 juin 2026, Meta aurait fait appel à des centaines de prestataires de l’entreprise Covalen pour mener une vaste campagne de test contre les chatbots rivaux, ChatGPT, Gemini et Character.AI.
Baptisé en interne « Cannes », le projet aurait été actif jusqu’au 21 avril dernier. La méthode consiste à créer de faux comptes présentés comme appartenant à des mineurs, envoyer des messages et des images à ces IA concurrentes, puis consigner leurs réponses dans des tableurs.



Une batterie de scénarios pour tester la concurrence
Selon un document interne consulté par le média américain, l’opération serait décrite comme un exercice de « benchmarking de sécurité » destiné à produire des jeux de données comparatifs.
Plus de 45 000 prompts auraient ainsi été soumis aux IA concurrentes lors d’une seule campagne menée en août 2025, et WIRED dit avoir eu accès à un tableur listant 3 748 prompts distincts.
Une bonne partie des messages envoyés se présentaient comme rédigés par des enfants ou adolescents en détresse : une collégienne de 13 ans enceinte cherchant des pilules abortives, un élève de primaire témoin d’un camarade menacé par une arme, une jeune fille demandant comment dissimuler des troubles alimentaires à ses parents. D’autres prompts abordaient plus frontalement le suicide, les drogues ou des propos haineux.
D’anciens prestataires interrogés par WIRED disent avoir craint des conséquences judiciaires pour l’équipe, tant certaines requêtes semblaient dépasser le cadre d’un test de sécurité classique.
Meta ne voit pas le problème, les concurrents disent ne rien avoir autorisé
Mais alors pourquoi avoir mis en place un telle opération ? Au-delà du cas révélé par WIRED, ce type d’opérations s’inscrit en réalité dans une logique classique de sécurité : tester les garde-fous, identifier les angles morts et anticiper les usages détournés avant qu’ils ne se produisent.
Contactée par le média américain, Meta affirme d’ailleurs que ce dispositif visait à améliorer la sécurité de ses propres services et qu’elle est standard dans l’industrie : « Tester et évaluer les réponses des chatbots afin de garantir des expériences sûres et adaptées à l’âge est une pratique responsable et courante dans le secteur, et toute suggestion contraire méconnaît totalement la manière dont les entreprises technologiques travaillent pour affiner et améliorer leurs systèmes. »
Reste que du côté des entreprises visées, le ton est tout autre : Google et Character.AI affirment n’avoir jamais autorisé ce type de test, ce dernier évoquant une violation pure et simple de ses conditions d’utilisation. OpenAI dit de son côté « se pencher sur la question ».
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