En pleine effervescence des robots humanoïdes chinois, ce n’était qu’une question de temps avant que les États-Unis ne contre-attaquent. Le 26 mars 2026, deux sénateurs américains ont annoncé présenter un projet de loi visant à interdire au gouvernement d’acheter ou d’exploiter des modèles fabriqués par des entreprises chinoises, rapporte Reuters. Selon ce texte, les agences fédérales auraient un an pour cesser d’utiliser les systèmes déjà déployés.
Concrètement, l’« American Security Robotics Act » est un texte bipartisan. Au Sénat, il est porté par les sénateurs Tom Cotton (républicain) et Chuck Schumer (démocrate), tandis qu’une version miroir est défendue à la Chambre des représentants par la républicaine Elise Stefanik.
Son objectif principal : interdire, au sein de l’État fédéral, l’usage de systèmes robotiques terrestres sans humain à bord lorsqu’ils sont fabriqués par des pays jugés adversaires, comme la Chine. Une catégorie qui inclut aussi bien les robots humanoïdes mis en avant par les élus que les robots de patrouille, les véhicules de surveillance ou encore les robots logistiques.

Pourquoi les États-Unis veulent-ils interdire les robots humanoïdes chinois ?
« Les robots fabriqués par la Chine communiste menacent la vie privée des habitants de l’Arkansas et notre sécurité nationale. Notre projet de loi interdira au gouvernement fédéral d’acheter et d’utiliser ces appareils fabriqués dans des pays qui nous veulent du mal », a déclaré Tom Cotton.
Ce projet de loi intervient alors que les robots humanoïdes chinois s’imposent de plus en plus, y compris aux États-Unis. En tête de file figurent Unitree, avec son modèle phare G1 — notamment commercialisé sur Amazon –, ou encore AgiBot. Ces deux entreprises de robotique se préparent d’ailleurs à une introduction en Bourse, selon Reuters.
Mais pour les parlementaires, ces entreprises représentent « un risque réel pour la sécurité » et menacent « la vie privée des Américains ainsi que la recherche et l’industrie américaines ». « Nous devons protéger notre pays contre ces menaces, à commencer par interdire au gouvernement fédéral d’acheter cette technologie du PCC », a déclaré Chuck Schumer. Selon eux, ces machines peuvent capter en continu des vidéos, des sons, des cartes 3D des lieux, les habitudes des employés ou encore des schémas d’infrastructures, puis transmettre ces données vers la Chine.

La Foundation for Defense of Democracies (FDD), un think tank américain spécialisé en sécurité nationale, a estimé dans un rapport d’octobre 2025 que la montée en puissance des robots industriels chinois pourrait constituer un risque stratégique pour les États-Unis. En effet, le document souligne notamment que des chercheurs ont identifié des backdoors logicielles dans des robots Unitree et évoque des « vulnérabilités de sécurité » susceptibles d’être exploitées par Pékin pour des opérations d’espionnage ou de sabotage. Plus largement, la FDD — plutôt conservateur et habituellement très critique à l’égard de Pékin — met en garde contre une future dépendance industrielle, tout en reconnaissant que la menace reste aujourd’hui limitée.
Cette volonté de régulation intervient alors que les États-Unis cherchent eux aussi à se positionner dans la course aux humanoïdes. Atlas, développé par Boston Dynamics, pourrait par exemple être progressivement déployé chez Hyundai Motor à partir de 2028. Les modèles de l’entreprise américaine Figure comptent également parmi les plus médiatisés : la firme tente de s’imposer sur la scène technologique, notamment avec son robot Figure 03. Le modèle a toutefois suscité des inquiétudes après qu’un responsable de la sécurité (depuis licencié) a évoqué sa capacité à exercer une force suffisante pour « fracturer un crâne humain ». Enfin, Elon Musk, patron de Tesla, travaille lui aussi activement sur son humanoïde Optimus.
Le projet de loi prévoirait toutefois des exemptions pour l’armée américaine et les forces de l’ordre, afin qu’elles puissent étudier les robots chinois, à condition que ces derniers ne puissent ni transmettre de données vers la Chine ni en recevoir. Le texte doit encore être examiné en commission, amendé et voté par les deux chambres du Congrès, puis éventuellement signé par le président avant d’entrer en vigueur, comme toute loi fédérale.
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