Ce n’était qu’une question de temps avant que cela n’arrive. Depuis plusieurs mois, l’industrie de la tech fait face à une pénurie de RAM. En cause : les besoins colossaux des data centers dédiés à l’IA, qui absorbent une large part de la production mondiale, pendant que les fabricants réorientent leurs capacités vers les puces les plus rentables — au détriment d’autres composants, notamment ceux destinés aux consoles. Résultat : le marché manque de mémoire vive.
Comme l’a repéré le média espagnol Xataka dans un article publié le 12 mai 2026, des escrocs ont commencé à exploiter cette pénurie. D’abord en faisant passer de la DDR2 pour de la DDR5. Désormais, ils vont encore plus loin : certaines fausses barrettes de DDR5 intègrent de simples blocs en fibre de verre imitant de véritables puces mémoire. Une arnaque plus sophistiquée, qui a notamment beaucoup fait parler d’elle au Japon.

En quoi consiste cette arnaque ?
L’arnaque repose sur la difficulté, pour un acheteur, de vérifier l’authenticité de puces de mémoire vive à l’œil nu. Dans un premier temps, certains revendeurs ont recyclé d’anciennes puces de DDR2 ou DDR3 en modifiant leur marquage pour les faire passer pour de la DDR5, beaucoup plus récente et plus chère. Les composants étaient ensuite soudés sur des barrettes reprenant l’apparence de modèles vendus par de grandes marques.
Fin 2025, un acheteur d’Amazon Espagne a ainsi reçu un kit de mémoire soi-disant DDR5 en provenance d’Irlande, qui n’était en réalité qu’un assemblage de modules DDR et DDR2 recouverts d’un simple autocollant. L’arnaque restait relativement grossière : en examinant la barrette de près, il était assez facile de constater que les composants utilisés ne correspondaient pas à de la DDR5. Amazon avait d’ailleurs procédé au remboursement.
Mais plusieurs cas signalés récemment au Japon montrent une méthode bien plus sophistiquée. Des vendeurs sur Yahoo Japon proposent en effet des modules SO-DIMM d’occasion présentés comme de la RAM Samsung ou SK Hynix à prix attractif. Références cohérentes, logos, autocollants et numéros de série copiés depuis de véritables barrettes : tout est fait pour inspirer confiance.
Cette fois, les faux modules intègrent des puces ayant l’apparence de mémoire DDR5 moderne, mais certaines ne sont en réalité que des blocs en fibre de verre destinés à imiter de véritables composants mémoire. Dans certains cas, la barrette fonctionne partiellement, avec une capacité ou des performances très inférieures à celles annoncées. Dans d’autres, elle ne fonctionne pas du tout.

Pour un utilisateur peu expérimenté, la tromperie peut être difficile à repérer : le module ressemble visuellement à une vraie barrette de RAM et ne présente rien de suspect immédiatement.
Le problème est d’autant plus complexe à détecter que les contrefaçons reproduisent désormais aussi les éléments de finition utilisés par les fabricants connus, comme les autocollants, les dissipateurs thermiques ou les numéros de série. Pour couronner le tout, ces barrettes contrefaites sont parfois vendues ouvertement comme des produits « défectueux » ou « non testés », les vendeurs précisant qu’aucun retour ne sera accepté (via Digital Trends).
Comment ne pas se faire avoir en achetant de la RAM sur Internet
Monter un PC aujourd’hui est devenu un luxe : le prix de la RAM DDR5 a bondi, parfois jusqu’à 400 % sur certaines références, tandis que le tarif des SSD a lui aussi flambé et que les cartes graphiques se font de plus en plus rares. Dans le même temps, des composants autrefois considérés comme relativement accessibles — comme les processeurs ou les cartes mères –sont à leur tour aspirés par la ruée vers l’IA, les fabricants réorientant leurs capacités vers les puces les plus rentables.
Dans ce contexte de pénurie généralisée et de hausse des prix, les escroqueries autour de la mémoire vive apparaissent moins comme une anomalie que comme la conséquence logique d’un marché totalement déséquilibré.
Pour limiter les risques de tomber sur de la fausse DDR5, mieux vaut adopter les mêmes réflexes qu’avec un smartphone ou un GPU haut de gamme : privilégier les vendeurs de confiance (LDLC, Materiel.net, Amazon en « vendu et expédié par Amazon »), se méfier des offres trop alléchantes et éviter autant que possible les lots « non testés » ou les vendeurs tiers obscurs.
À la réception, il peut être utile d’inspecter visuellement la barrette (position de l’encoche, qualité du PCB, marquages sur les puces), puis de vérifier ses caractéristiques réelles avec des outils comme CPU-Z ou HWiNFO afin de confirmer qu’il s’agit bien du bon type de RAM et des bonnes fréquences. En cas de doute — PC qui ne démarre pas, valeurs incohérentes ou comportement inhabituel — mieux vaut documenter le problème avec des photos et demander rapidement un retour ou un remboursement, plutôt que de continuer à utiliser le composant.
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