Des logiciels sont développés pour mieux préparer une opération militaire et réagir rapidement depuis le poste de commande en cas d’imprévu sur place. Nous avons pu nous mettre à la place d’un officier qui surveille l’avancée des blindés.

« Tout le succès d’une opération réside dans sa préparation », disait Sun Tzu dans L’Art de la guerre. Les armées s’intéressent à des logiciels de plans de bataille futuristes pour tester les potentielles manœuvres, anticiper des risques, et une fois l’attaque lancée, réagir rapidement face à des imprévus. Nous avons pu tester l’une de ces solutions développées par le groupe Thales, également expérimentée par l’armée française.

Le logiciel est proposé dans une version classique sur un écran et en réalité virtuelle avec un casque. Un mode qui peut plaire aux jeunes en uniforme, mais aura plus de mal à convaincre les anciens gradés. Comme dans un jeu vidéo, on est équipé d’une manette à chaque main qui sert de « souris » dans l’espace pour cliquer sur telle ou telle option.

Les opérateurs utilisent un casque de réalité virtuelle issu du commerce. // Source : Numerama
Les opérateurs utilisent un casque de réalité virtuelle issu du commerce. // Source : Numerama

Un plan de bataille repose toujours sur une carte la plus précise possible. Ici, on peut visualiser différentes couches entre la géologie et les types d’infrastructures sur place. Si des opérations ont déjà eu lieu par le passé sur ce terrain, il est possible de voir leur déroulement pour comprendre les obstacles auxquels des militaires ont déjà pu se confronter. À noter aussi que le logiciel peut simultanément fonctionner entre plusieurs bases pour se coordonner entre différents corps armés.

La carte géographique avec les unités et les adversaires de l'autre côté de la vallée. // Source : Numerama
La carte géographique avec les unités et les adversaires de l’autre côté de la vallée. // Source : Numerama

Un visuel des appareils touchés par une cyberattaque

Comme sur un plateau de jeu, les différentes unités – infanteries, blindés, aérienne – sont placées sur la carte et peuvent être déplacées. Les officiers peuvent planifier une opération, mais également réagir en direct selon les changements sur place. Un adversaire peut perturber le décollage d’un drone, tout en bloquant le démarrage d’un blindé en lançant plusieurs cyberattaques simultanées.

Les opérateurs suivent l'avancée des troupes. // Source : Numerama
Les opérateurs suivent l’avancée des troupes. // Source : Numerama

Pour que les responsables puissent voir les dégâts, le commandement cyber travaillerait également sur le plan pour prévenir de la paralysie des engins. Ainsi, si un char venait être à être compromis, les opérateurs peuvent observer si la tourelle est endommagée et à quel point grâce à différents codes couleur.

Les informations sur une tourelle potentiellement touchée par une cyberattaque. // Source : Numerama
Les informations sur une tourelle potentiellement touchée par une cyberattaque. // Source : Numerama

« On ne fait que représenter ce qui se déroule dans le cyberespace. Pour qu’un officier comprenne rapidement de quoi il s’agit, il a besoin d’un visuel clair et rapidement envoyé pour réagir en conséquence », nous explique Valery Devianne, architecte cybersécurité chez Thales.

L’espace aussi peut être représenté et contenu dans les informations. On rappelle qu’au début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, Moscou avait attaqué un satellite utilisé par les Ukrainiens et plusieurs pays de l’Union européenne, dont la France.

D’autres fonctionnalités ont été ajoutées pour informer les militaires du niveau de danger sur place. À partir des données en source ouverte, des réactions sur les réseaux sociaux, il est possible de prévoir le ressenti et la réaction de la population locale. Les menaces, les appels à la révolte sont pris en compte pour déterminer un environnement hostile. Ces options sont surtout utiles dans des régions où le risque d’acte terroriste est envisagé.

Plusieurs pays européens sont intéressés par le logiciel et en contact avec Thales pour l’expérimentation de ces plans de batailles futuristes.


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