Ce vaccin à ARN messager contre le virus du Sida fait l’objet d’une étude de phase 1. Le résultat de cette étape est très attendu, d’ici début 2023. La toute première injection a eu lieu.

Bien que la pandémie du coronavirus SARS-CoV-2 ait mis un coup de projecteur sur les vaccins à ARN messager contre cette maladie spécifique, cela fait en réalité de nombreuses années que la recherche médicale planche sur cette voie. Et cela commence à payer dans d’autres secteurs que le covid (comme la grippe).

L’entreprise Moderna, connue pour son vaccin Spikevax contre le coronavirus, a lancé en août 2021 le premier essai clinique humain pour son vaccin contre le VIH — donc contre le virus du Sida, qui est pandémique. Les résultats de cette phase 1 sont attendus pour début 2023.

« Le VIH est un virus très différent du Sars-CoV-2 en ce qu’il s’intègre, c’est-à-dire qu’il a pour particularité d’intégrer son matériel génétique dans le chromosome des cellules qu’il infecte. Cela le rend beaucoup plus difficile à cibler puisqu’il se transmet d’une cellule à une autre et qu’il peut rester en dormance (latence) dans la cellule infectée et se réactiver à tout moment », expliquait le Dr Jean-Christophe Paillart dans les colonnes de Numerama.

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La vaccination permet de prévenir l’apparition et le développement d’une maladie. // Source : Freepik

Une première dose du vaccin contre le Sida

En tout cas, le premier essai clinique humain de Moderna est définitivement lancé, puisque la toute première injection de la substance vient d’avoir lieu. C’est ce qu’a annoncé l’entreprise, dans un communiqué publié ce 27 janvier 2022 : « Nous sommes fiers d’annoncer que le premier participant a reçu une dose dans la phase 1 de notre étude » pour ce vaccin baptisé mRNA-1644.

L’objectif de cette étude est d’induire la production d’anticorps spécifiques appelés bnAb — des anticorps neutralisants qui parviennent à contrecarrer un grand nombre de souches du virus du VIH. Ces anticorps ciblent les épitopes du virus, c’est-à-dire ses déterminants antigéniques qui n’évoluent pas ; faisant que même si le virus mute, il demeure identifiable pour être contrecarré par le système immunitaire.

Dans cette étude, Moderna teste une hypothèse : administrer des immunogènes (molécules à base d’antigènes permettant de générer une réaction immunitaire) adaptés au VIH, délivrés par ARN messager, pourrait induire la création de  lymphocytes B et « guider leur maturation précoce » vers le développement des fameux anticorps bnAb. En clair, la délivrance du vaccin donnerait au corps la feuille de route pour produire ces anticorps adaptés et efficaces contre le VIH.