La patronne de SpaceX a partagé publiquement ses préoccupations dans l'approvisionnement d'oxygène liquide, une ressource aujourd'hui très sollicitée pour secourir les patients atteints du coronavirus.

Trois tirs au mois de janvier, suivi de deux lancements en février, quatre en mars, trois en avril, quatre autres en mai et, enfin, quatre décollages en juin. Voilà comment s’est déroulé le planning de SpaceX depuis le début de l’année. Vous l’avez remarqué : il n’a été question ni du mois de juillet dans cette liste, ni du mois d’août. Et pour cause. SpaceX n’a procédé à aucun vol commercial pendant cette période.

Cette longue pause va prendre fin très bientôt, car SpaceX doit procéder pour à un ravitaillement de la Station spatiale internationale, pour le compte de la Nasa. Sauf report de dernière minute, la mission est planifiée pour le 28 août. D’autres vols devraient avoir lieu à partir de septembre, à des dates qui restent à déterminer. Mais ce planning pourrait connaître encore quelques passages à vide.

Une ressource très demandée en temps de covid

En effet, l’entreprise est confrontée à des tensions sur l’approvisionnement en oxygène liquide (LOX), qui est l’un des ingrédients entrant dans la composition du carburant dont elle se sert pour faire décoller ses fusées, en particulier le lanceur Falcon 9. Et cela est en partie lié à la situation épidémique, qui draine d’importantes capacités de production au profit des malades ayant besoin d’assistance respiratoire.

La patronne de SpaceX, Gwynne Shotwell, a fait part de cette difficulté, toujours en cours, lors du 36e symposium de l’espace, qui s’est déroulé du 23 au 26 août dans le Colorado. « Nous allons être affectés cette année par le manque d’oxygène liquide pour les lancements », a-t-elle prévenu, dans des propos rapportés par le site Space News. Et de lancer un appel aux fournisseurs, si jamais ils ont du stock.

Gwynne Shotwell
Gwynne Shotwell, la patronne de SpaceX. // Source : Bill Ingalls

L’intéressée a évidemment souligné qu’il ne sera pas question de perturber les besoins en oxygène liquide pour les hôpitaux. « Nous allons certainement faire en sorte que les hôpitaux disposent de l’oxygène dont ils ont besoin », a-t-elle promis. Le secteur médical, du fait de la pandémie de coronavirus et de ses spécificités, en consomme fortement pour maintenir en vie les patients.

À titre d’exemple, un acheminement militaire de 100 tonnes d’oxygène a eu lieu cet été au profit des Antilles, en plus de la production locale, qui a été accrue. Air Liquide, l’un des leaders dans ce domaine, indiquait à ce propos que « la totalité des capacités de production d’oxygène de notre unité de séparation de gaz de l’air située en Martinique est à présent dédiée à la production d’oxygène médical », et à rien d’autre.

Les difficultés rencontrées par SpaceX sont partagées par d’autres compagnies qui sont dans l’astronautique. Sur Twitter, le patron de l’United Launch Alliance, une société rivale de SpaceX fondée par Lockheed Martin et Boeing, faisait aussi mention de l’accès à l’oxygène liquide le 25 août et des besoins pour le secteur hospitalier. L’United Launch Alliance a en principe un tir prévu mi-septembre.

Compte tenu des vagues successives de contamination et l’émergence ponctuelle de variants à la virulence nettement plus prononcée, les tensions sont susceptibles de persister sur la durée. C’est un souci pour une entreprise qui a organisé toute son activité autour d’un rythme intense de lancements. En tout cas tant que la pandémie ne baisse pas et que la production de LOX ne suit pas.

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