L'injection d'une 7e dose est autorisée, mais n'est pas reconnue comme une règle.

Début 2021, les soignants ont rapidement découvert qu’il était possible d’injecter une sixième dose du vaccin de Pfizer contre le coronavirus, en plus des cinq doses initialement prévues pour chaque flacon. Cette 6e dose a finalement été reconnue officiellement, ce qui avait conduit Pfizer à réduire ses livraisons — l’Union européenne a acheté un nombre de doses, non pas un nombre de flacons.

Des soignants alertent dorénavant sur l’existence d’une 7e dose. Médecins, infirmiers et infirmières s’inquiètent de perdre ce supplément, en l’absence de règles claires et de matériel adapté. Lors d’un débriefing avec la presse, tenu ce mardi 9 mars 2021, le ministère de la Santé a donné quelques éléments sur les consignes officielles.

Un flacon du vaccin de Pfizer contient officiellement 6 doses. Parfois, une 7e est accessible avec un certain type de matériel. // Source : Pexels

Aucune perte de dose ne doit avoir lieu

Le ministère de la Santé a d’abord rappelé que l’AMM de Pfizer — autorisation de mise sur le marché — spécifie bien six doses dans les flacons, et qu’«  il faut qu’on le respecte ». En revanche, la porte-parole a ensuite donné une consigne : à partir du moment où la septième dose peut concrètement être récupérée sur le terrain, « il est impensable de la perdre » et il est donc autorisé de l’utiliser. «  Cela ne peut pas être la règle », nuance le ministère, sinon cela s’écarterait de l’AMM et cette dose «  ne peut être retirée que dans des circonstances spécifiques avec un matériel loin d’être majoritaire ».

Pour pouvoir puiser dans le contenu résiduel d’un flacon, il faut des seringues particulières disposant d’aiguilles « serties ». Celles-ci ont un faible espace mort, c’est-à-dire que l’espace entre la seringue et l’aiguille est plus serré, moins de lipide est perdu durant l’opération.

Cette autorisation conditionnelle provient d’un principe fondamental : aucune perte de dose ne doit jamais avoir lieu lorsqu’on peut l’éviter. Ce même principe autorise les soignants à procéder à l’injection de doses auprès de publics non éligibles, si jamais un flacon n’est pas terminé et qu’il n’y a personne d’éligible présent (à cause d’une raison organisationnelle ou une annulation par exemple). Sinon, les doses seraient perdues, car elles arriveraient à péremption le lendemain. C’est ce qui explique pourquoi certaines personnes n’appartenant pas aux publics définis actuellement ont peut-être déjà été vaccinées autour de vous.

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