À cause du contexte sanitaire, une équipe de paléontologues a dû recouvrir des sites de recherche au Niger, sur lesquels elle a déjà découvert 11 nouvelles espèces de dinosaures. Elle espère désormais les retrouver intact quand le contexte lui permettra de reprendre son activité.

Au Niger, la pandémie a coupé court la recherche de fossiles de dinosaures, au point que les paléontologues ont dû recouvrir certains squelettes. Comme le développe le Washington Post, le sol du pays regorge d’os de ces anciennes créatures : plus de 20 tonnes y seraient enfouies. Des vestiges de toutes époques, celles des dinosaures, mais aussi celles de mammifères disparus et celles des premiers humains.

Le territoire nigérien est recouvert aux deux tiers par le désert du Sahara. Les dinosaures y vivaient déjà il y a plus de 200 millions d’années, quand le sol était encore recouvert de verdure et c’est pourquoi aujourd’hui, c’est une des plus grandes réserves de fossiles du continent africain.

La découverte de nouveaux dinosaures attendra la régulation de la pandémie. // Source : Pxhere/CC0 Domaine public (photo recadrée)

En temps normal, ces sites archéologiques sont déjà menacés par les contrebandiers et par le mouvement des dunes. Mais depuis l’an dernier, les autorités doivent faire face à deux dangers plus importants, qui ont contraint l’arrêt des recherches. D’un côté la pandémie Covid-19 : si elle n’est répandue qu’à un degré bien moindre par rapport aux pays les plus touchés comme la France, elle inquiète les responsables politiques. De l’autre, le pays se confronte à une recrudescence des combats armés avec les partisans de l’État islamique.

Les paléontologues contraints de recouvrir les fossiles

Pourtant, comme l’explique le Washington Post, le Niger était enfin parvenu à structurer au niveau national son activité de recherche sur la richesse historique de son sol. Paul Sereno, un paléontologue américain qui a découvert neuf espèces nouvelles de dinosaures sur le territoire nigérien, s’était mis à travailler avec les scientifiques locaux. Les fossiles de ses découvertes devaient être rapatriés depuis son laboratoire à Chicago dans deux nouveaux musées nigériens, l’un dans la capitale Niamey et l’autre dans la région d’Agadez. Ces deux musées devraient d’ailleurs accueillir les nouvelles découvertes, quand la recherche reprendra.

Résultat de cette collaboration, l’équipe menée par Paul Sereno a déjà découvert 11 nouvelles espèces de dinosaures en deux ans sur les nombreux sites archéologiques du désert. Ces fossiles sont désormais observés par d’autres chercheurs, chargés de confirmer la découverte.

Mais à cause de la pandémie et du conflit armé, les scientifiques ont dû recouvrir les fossiles sur lesquels elle travaillait depuis plusieurs mois. Avant de quitter les lieux en 2020, ils ont protégé chacun des squelettes avec une coque en plâtre, sur laquelle ils ont ajouté une fine couche de sable. L’objectif : protéger et dissimuler les vestiges, afin qu’ils n’attisent pas la convoitise. Pour couronner le tout, les autorités ont placé des gardes pour repousser les éventuels contrebandiers.

Le fait de recouvrir les sites d’excavation n’est pas inhabituel, mais le faire pour une période si longue que la pause liée au Covid l’est. Désormais, il n’y a plus qu’à espérer que ces dispositifs suffisent à protéger la richesse historique de ces sites avant que les chercheurs puissent reprendre leur activité.

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