Par le passé, le trou noir supermassif Sagittarius A* aurait pu contribuer à la création abondante de molécules organiques. Des scientifiques expliquent pourquoi l'activité supposée du trou noir aurait pu avoir un impact sur l'habitabilité de la Voie lactée.

Sagittarius A*, le trou noir supermassif au centre de la Voie lactée, aurait joué un rôle dans la synthèse de molécules organiques et de molécules d’eau à travers la galaxie. Des astronomes expliquent pourquoi ils pensent que ce trou noir aurait pu contribuer à l’habitabilité dans la galaxie, dans une étude repérée par New Scientist. Le texte a été publié sur arXiv.org le 12 février 2020 (ce qui signifie qu’il n’a pas encore été validé par une revue scientifique).

« Peu de travaux ont exploré l’impact de l’activité de Sagittarius A* sur l’habitabilité de la Voie lactée », notent les auteurs. On sait, grâce à l’étude des nuages moléculaires (des « nurseries » stellaires où se forment les étoiles) que les rayons X durs peuvent contribuer à créer en abondance certaines molécules organiques. Puisqu’il existe ce lien étroit entre les rayons X durs et la synthèse de telles molécules, « nous nous attendons à ce que Sagittarius A*, récemment actif, laisse son empreinte dans l’abondance de molécules complexes dans la Voie lactée », poursuivent les scientifiques.

La position de Sagittarius A* dans le ciel. // Source : Wikimedia/CC/IAU (annotation Numerama)

Sagittarius A* a pu être très actif par le passé

Les astronomes soupçonnent que chaque grosse galaxie arbore en son centre un trou noir supermassif, dont la masse représente au moins un million de fois celle du Soleil. Le scénario admis est que ces trous noirs atteignent une telle masse par accrétion, c’est-à-dire en capturant du gaz et de la matière sous l’effet de l’attraction gravitationnelle qu’ils exercent.

La Voie lactée abrite très certainement un trou noir supermassif central et sa présence est associée à la source radio Sagittarius A*. La masse de ce trou noir est estimée à environ 4 millions de masses solaires. Les scientifiques savent aussi que ce trou noir était peut-être particulièrement actif il y a seulement quelques millions d’années, faisant de la Voie lactée une galaxie à noyau actif.

Où trouver son « empreinte chimique » ?

Or, « une abondance moléculaire anormale a été détectée dans d’autres galaxies à noyau actif », relèvent les auteurs de l’étude. C’est pourquoi ils se demandent si Sagittarius A* n’aurait pas pu contribuer à la présence de molécules organiques à travers notre propre galaxie. Les scientifiques réalisent une simulation pour étudier l’impact de l’irradiation aux rayons X (qui auraient pu exister à l’époque où Sagittarius A* a peut-être été actif) sur « la chimie moléculaire de notre galaxie ».

Résultat ? La présence de ces rayons X « pourrait légèrement augmenter l’abondance de H20 à la surface des grains de poussière » dans la galaxie, constatent les auteurs. C’est aussi le cas pour l’abondance de certaines molécules organiques. Mais comment pourrait-on trouver aujourd’hui l’ « empreinte chimique » laissée par l’activité du trou noir il y a plusieurs millions d’années ? Les scientifiques proposent de la chercher dans des jeunes nuages moléculaires situés à proximité du centre de la Voie lactée.

Partager sur les réseaux sociaux