Les Êta aquarides passent actuellement dans le ciel. Le maximum des météores est situé aux alentours du 6 mai, mais ces étoiles filantes sont actives jusqu'à la fin du mois. D'où viennent-elles ? Voici ce qu'il faut savoir pour les regarder.

Après les Lyrides au mois d’avril, un nouvel essaim d’étoiles filantes revient briller dans le ciel en mai 2020. Cette fois-ci, ce sont les Êta aquarides qu’il sera possible d’observer, dans le contexte particulier qui est celui de l’épidémie de coronavirus. Pendant le confinement, il reste envisageable de contempler la voûte céleste depuis chez soi, de son jardin par exemple.

Comment voir les Êta aquarides ? Que va-t-il se passer dans le ciel ? Voici tout ce qu’il faut savoir pour regarder ces météores, si les conditions météorologiques le permettent.

Comment observer les Êta aquarides ?

Le pic d’activité des Êta aquarides est généralement situé autour du 6 mai. Chaque année, cette pluie d’étoiles filantes est généralement visible entre le 19 avril et le 28 mai. Néanmoins, il faut garder à l’esprit que la date du maximum de l’essaim est surtout indicative. « Il est assez délicat de prédire le pic avec une grande précision », explique à Numerama Sébastien Derriere, astronome à l’Observatoire de Strasbourg. Le spectacle est variable d’une année à l’autre, sachant qu’il dépend de plusieurs éléments (entre autres, la date de la dernière visite de la comète, des changements dans les paramètres orbitaux de la comète).

Comme d’habitude avec les étoiles filantes, il vaut mieux éviter les lieux lumineux pour l’observation. Faîtes preuve de patience pour espérer voir les Êta aquarides. La localisation de cet essaim donne l’impression qu’il émerge de la constellation du Verseau. Comment la trouver ? Une astuce consiste à chercher le Grand carré de Pégase, un carré formé par quatre étoiles très brillantes. Sa forme permet de le distinguer aisément.

Une astuce pour trouver la constellation du Verseau. // Source : Captures d’écran Google Sky, annotations Numerama

Dans la constellation du Verseau, vous pouvez tenter de chercher l’étoile Eta Aquarii. Elle a donné son nom aux Êta aquarides, car leur radiant (l’endroit duquel les étoiles filantes semblent surgir dans le ciel) est proche de cette étoile.

L’essaim n’est pas connu pour intensité : la Nasa indique qu’on peut espérer voir entre 10 et 20 météores au moment du pic d’activité. Il est possible de s’allonger pour regarder les Êta aquarides, situées plutôt haut dans le ciel. Aux alentours du 6 mai, la principale difficulté viendra de la Lune : la pleine lune a lieu le 7 mai. Autour de cette date, la luminosité de l’astre risque de rendre l’observation compliquée. La nouvelle lune, lorsque l’astre n’est pas visible dans le ciel, tombe le 22 mai.

D’où viennent ces étoiles filantes ?

L’essaim provient de la comète de Halley (désignée officiellement 1P/Halley), identifiée en 1705 par l’astronome britannique Edmond Halley. Il faut 76 années à cette comète très sombre pour faire une révolution complète autour du Soleil. Elle s’éloigne jusqu’à l’orbite de Neptune.

C’est le nuage de poussière laissé par cette comète, qui heurte l’atmosphère terrestre, que l’on peut voir dans le ciel sous la forme d’étoiles filantes. « C’est un vieil essaim, explique Florent Deleflie, astronome à l’Observatoire de Paris. Plus le passage des comètes est ancien, plus il est difficile de définir l’intensité de l’essaim. Cette intensité diminue au fur et à mesure des années. »

L’essaim des Êta aquarides (l’orbite de la Terre est en bleu). // Source : Capture d’écran Meteorshowers

1P/Halley est une comète à courte période, premier membre de la famille des comètes de Halley — qui regroupe des comètes dont la période de révolution est comprise entre 20 et 200 ans. La dernière fois que les observateurs ont pu voir la comète, c’était en 1986. Elle ne reviendra pas dans le système solaire avant 2061.

La comète de Halley a été étudiée lors d’une mission de l’Agence spatiale européenne, à l’aide de la sonde Giotto lancée en 1985. Le survol de l’objet céleste a permis d’apprendre qu’il était un vestige du système solaire, âgé de plusieurs milliards d’années. Des « molécules complexes enfermées dans les glaces de Halley » ont été détectées, selon l’ESA : ces éléments pouvaient potentiellement aider à mieux comprendre la chimie de la vie sur Terre.

Les Êta aquarides sont connues pour leur rapidité et se déplacent à une vitesse de 66 kilomètres par seconde. Si vous tentez une session d’observation d’ici fin mai, vous pouvez commencer par laisser vos yeux s’habituer au noir pendant une demi-heure environ. Vous pourrez ensuite profiter pleinement du spectacle. Bonne observation du ciel !

Article publié initialement le 5 mai 2019

Partager sur les réseaux sociaux