Un avion de Virgin Atlantic a atteint une vitesse incroyable. Elle s'explique par un phénomène climatique : les courants-jets. Par ailleurs, l'avion n'a pas dépassé la vitesse du son, contrairement à ce que l'on pourrait croire.

Avant d’atterrir à Londres le 19 février dernier, un avion de ligne de Virgin Atlantic en provenance de Los Angeles a atteint un record incroyable. Alors qu’il passait au-dessus de la Pennsylvanie, à 10 kilomètres du sol, sa vitesse a atteint 1 289 kilomètres par heure.

L’avion semble avoir momentanément dépassé la vitesse du son : elle est estimée à 1 124 kilomètres par heure (340 mètres par seconde). Sur Twitter, l’événement a entrainé la réaction de Peter James, un pilote de ligne qui explique n’avoir jamais vu un tel record pendant 25 ans.

Il y avait un courant-jet : de quoi s’agit-il ?

D’où vient un tel record de vitesse pour un avion de ligne ? Comme l’explique Popular Mechanics, la situation s’explique par ce qu’on appelle les courants-jets (« jet stream »). Ces courants d’air rapide se trouvent dans l’atmosphère de notre planète.

Ils sont de forme horizontale et ressemblent à « des tubes aplatis dont l’axe coïncide avec les maximums de la vitesse du vent », comme l’explique Météo France. Ces tubes se trouvent entre la stratosphère (une des couches supérieure de l’atmosphère) et la troposphère (entre le sol et la stratosphère).

Un courant-jet. // Source : Wikimedia/CC/Pierre cb

Leurs dimensions peuvent aller jusqu’à quelques kilomètres en épaisseur, des centaines de kilomètres en largeur et plusieurs milliers de kilomètres de longueur.

Ces courants portent le nom de « jet » en raison de la vitesse du vent : elle est de plus en plus importante quand on s’approche de l’axe du tube. Météo France note que la vitesse moyenne peut y atteindre 100 kilomètres par heure.

À l’heure actuelle, l’un de ces courants est particulièrement vivace au dessus de Long Island (État de New York) où sa vitesse enregistrée est de 370 kilomètres par heure (230 miles par heure). Cela s’explique par une arrivée d’air chaud en provenance du sud des États-Unis, qui converge avec les températures froides plus au nord.

Comme l’explique le Washington Post, les avions passant dans un tel flux d’air risquent de voir leur vitesse ralentie ou accélérée (selon leur direction). L’avion de Virgin Atlantic est ainsi arrivé 48 minutes plus tôt que l’heure prévue.

L’avion n’a pas atteint la vitesse du son : pourquoi ?

En dépit de son impressionnante vitesse, l’avion n’a pas provoqué d’explosion ou de bang supersonique : c’est parce qu’il n’a pas atteint la vitesse du son. Pour comprendre cela, il faut faire la différence entre la « vitesse sol » (« ground speed ») et la « vitesse air » (« airspeed »).

La première représente la vitesse d’un avion par rapport au sol : s’il est parfaitement vertical, elle est égale à zéro. La deuxième représente la vitesse de cet avion par rapport à l’air. « Si le vent souffle dans la même direction que l’aéronef, la vitesse air sera inférieure à la vitesse sol », note la Nasa. Et pour savoir si l’avion a dépassé la vitesse du son, il faut se référer à sa vitesse air, non pas à sa vitesse sol.

L’avion de Virgin Atlantic n’a donc pas dépassé la vitesse du son, comme on aurait pu le croire au premier abord, puisqu’il était pris dans un vent fort.

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