Des chercheurs de l'université Emory ont conçu une application entrainée à dépister l'anémie. Ils pensent que cette technique pourrait être une future alternative aux prises de sang.

Sera-t-il un jour possible de diagnostiquer l’anémie sans prise de sang préalable ? Des chercheurs de l’université Emory (Atlanta, États-Unis) ont présenté une étude qui va dans ce sens le 4 décembre 2018. Dans la revue Nature, ils proposent d’utiliser une application mobile comme méthode de diagnostic non invasive.

L’anémie se caractérise par une baisse du taux d’hémoglobine présente dans les globules rouges du sang. Pour la diagnostiquer, une prise de sang est nécessaire : elle permet de faire une analyse, l’hémogramme. À partir d’une photographie, les scientifiques expliquent que l’application qu’ils ont développée parvient aussi à repérer les signes d’une anémie avec « une sensibilité de 97 %. » La technologie utilise pour cela l’un des symptômes de l’anémie : la pâleur des ongles.

Comment fonctionne cette application ? Elle n’est pas accessible au grand public, mais l’étudiant en doctorat Robert Mannino spécialisé dans l’ingénierie biomédicale a publié une vidéo le 28 novembre, dans laquelle il utilise l’interface. Il est lui-même concerné par ce problème de santé, qui touche plus de 2 milliards de personnes.

Un futur diagnostique clinique ?

Après avoir ouvert l’application sur son téléphone, le chercheur prend une photo de sa main où ses ongles sont bien visibles. Il indique ensuite où se trouvent ses ongles sur l’image en la tapotant, puis l’application estime quel est son taux d’hémoglobine. La manœuvre est répétée, avec cette fois-ci une personne qui ne souffre pas d’anémie.

L’université Emory estime que cette nouvelle méthode pourrait permettre aux patients de mieux surveiller leur santé et de savoir à quels moments leur traitement doit être ajusté. Les chercheurs précisent que l’app ne peut servir qu’au dépistage et ne peut pas encore remplacer un diagnostic clinique — même si c’est l’objectif poursuivi.

Le fonctionnement de cette app. // Source : Nature

Pour arriver à ce résultat, les scientifiques ont utilisé des photos d’ongles de 337 personnes différentes, en les associant aux taux d’hémoglobine indiqué dans les résultats de leur hémogramme. Un algorithme a été entrainé à identifier les taux d’hémoglobine en fonction de la couleur des ongles, lors d’un test sur 100 sujets. L’application a réussi à donner des taux avec une marge d’erreur de 2,4 grammes par décilitre.

L’app a été testée sur plusieurs carnations de peau

Les chercheurs précisent que le test est valable sur des personnes avec différentes teintes de peau, car ils ont conçu l’app pour qu’elle corrige la luminosité en arrière plan.

Ils espèrent désormais pouvoir rendre l’application accessible au grand public en 2019, probablement au printemps.

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