Si la fiabilité du programme Soyouz a été entachée par un incident lors de la mission MS-10, la Nasa n'entend pas faire une croix dessus. L'agence spatiale américaine n'a de toute façon pas le choix.

Si l’échec de la mission Soyouz MS-10 illustre plus que jamais le besoin de disposer de lanceurs alternatifs capables de transporter des équipages dans l’espace, il n’est pas de nature à remettre en cause le programme Soyouz. En tout cas aux yeux de la Nasa, il n’y a pas de raison, aujourd’hui, de ne plus faire confiance aux fusées et aux capsules de conception russe :

« Je m’attends à ce que nous repartions à bord d’une fusée Soyouz », a ainsi déclaré James Frederick Bridenstine, le patron de l’agence spatiale américaine, selon des propos rapportés par la BBC le 12 octobre 2018. D’une part parce que la coopération entre la Nasa et son homologue russe, Roscosmos, est excellente, et d’autre part parce que les Russes ont démontré leur savoir-faire en matière de sécurité et de fiabilité.

Avant cet incident, le programme Soyouz n’avait connu aucun problème significatif depuis plus de 35 ans, avec la mission Soyouz T-10-1. Le 26 septembre 1983, le lanceur s’était embrasé sur son pas de tir juste avant le lancement, mais la capsule — qui contenait deux cosmonautes soviétiques — s’était dégagée à temps pour échapper aux flammes.

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Détail des propulseurs Soyouz. // Source : elisabetta_monaco

De toute façon, la Nasa n’a pas le choix

Si la confiance de M. Bridenstine à l’égard de Soyouz est étayée par des faits, il convient de faire remarquer que la Nasa n’a guère le choix. Si Soyouz était mis de côté, les Américains n’auraient plus aucun vecteur pour rejoindre la Station spatiale internationale. SpaceX et Boeing travaillent certes pour pouvoir un jour accomplir ce type de transport, mais ils en sont encore un stade expérimental.

Cela étant dit, il n’y a pas de raison de cesser cette collaboration : l’incident survenu le 11 octobre a été d’une ampleur limitée (les deux astronautes à bord n’ont pas pu atteindre l’espace parce que la fusée a connu une défaillance au niveau du propulseur qui a limité sa poussée). Il n’y a pas eu de catastrophe de type Apollo 1 ou Challenger, avec la perte de l’équipage.

Autrement dit, cela ne remet pas en cause le partenariat russo-américain dans le spatial, qui est stratégique en l’état actuel des choses.

Il reste toutefois à attendre les conclusions de l’enquête russe sur l’origine de cette défaillance, car celles-ci détermineront le calendrier à court et moyen terme des futurs lancements Soyouz. En principe, la mission Soyouz MS-11 doit avoir lieu au mois de décembre 2018. Si d’aventure l’enquête révélait un souci plus sérieux que prévu, elle pourrait être retardée.

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