Le travail du physicien Gérard Mourou sur les impulsions optiques lui vaut un prix Nobel. Le 2 octobre, le chercheur français a obtenu la prestigieuse récompense avec deux autres lauréats, l'Américain Arthur Ashkin et la Canadienne Donna Strickland.

Un Français figure parmi les lauréats du prix Nobel de physique 2018. L’Académie royale des sciences de Suède a annoncé que la prestigieuse récompense est attribuée aux physiciens Arthur Ashkin, Gérard Mourou et Donna Strickland. Comme l’explique l’institution dans un tweet le 2 octobre 2018, le prix est « divisé » en trois parts inégales. La première moitié revient à l’Américain Arthur Ashkin, tandis que les deux autres lauréats récupèrent chacun un quart du prix Nobel.

Avec la Canadienne Donna Strickland, Gérard Mourou est récompensé pour sa « méthode qui permet de générer des impulsions optiques de forte intensité et ultra-courtes », précise l’Académie royale des sciences de Suède.

Amplifier la puissance du laser

Gérard Mourou est né en 1944 en Ardèche. En 1967, il obtient une maîtrise en physique à l’université de Grenoble. Après son entrée à l’École polytechnique de Paris, ses travaux portent sur le dispositif du laser. Diplômé d’un doctorat dans la spécialité optique approfondie, il décide de partir au Canada à l’université Laval où il s’initie à l’optique non linéaire. Après un passage par San Diego puis Paris, il se rend aux États-Unis en 1977 pour endosser le rôle de « scientist » dans le laboratoire pour l’énergie laser de l’université de Rochester. Il intègre en 1988 l’université du Michigan, où il participe à la création d’un centre pour les sciences optiques ultrarapides.

Gérard Mourou a obtenu le prix Nobel de physique 2018. // Source : Wikimedia/CC/École polytechnique Paris-Saclay

L’année 1985 a marqué un tournant dans sa carrière : Gérard Mourou découvre comment donner davantage de puissance au laser qui le fascine depuis tant d’années. Le Français a inventé la « méthode d’amplification », connue sous l’acronyme CPA. Comme l’explique le CNRS, elle permet d’élever « la puissance du laser d’un facteur compris entre 1 000 et 100 000 ».

Le « destiné à la casse » devenu le plus puissant du monde

Ce premier succès l’incite à poursuivre ses recherches, pour élever encore la puissance des lasers. Au sein de l’université du Michigan, il met au point le P102, un laser « destiné à la casse » qui devient, en 1991, le laser le plus puissant du monde (jusqu’en 1996). Cette année-là, il constate également que l’impact du laser dans la rétine est rond : il crée alors la société IntraLase, spécialisée dans la production de lasers destinés à remodeler la cornée des yeux myopes ou hypermétropes.

Ce n’est pas la première fois que Gérard Mourou reçoit une distinction pour ses travaux sur les lasers à impulsion. En 2009, il a obtenu le Charles Hard Townes Award, remis par l’Optical Society, une société savante internationale qui regroupe des experts de l’optique et de la photonique.

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